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Combat n°62 - Hiver 2012 2013

Mariage pour tous : Les autres enjeux du débat !

Depuis plusieurs mois, défilés pros ou hostiles au mariage homosexuel se succèdent. Mais bien souvent, les positions qui sont exprimées sur le sujet reflètent la méconnaissance de l'ensemble des enjeux qui découlent du projet de loi gouvernemental et qui va bien au-delà du seul mariage homosexuel.

S'il s'agissait simplement de reconnaître légalement les unions de couples homosexuels, avec les mêmes droits fiscaux, testamentaires que les couples hétérosexuels, de leur donner la possibilité de célébrer leur union selon la même procédure qu'eux, alors, le débat n'aurait certainement pas pris cette ampleur, 65 % des Français y sont favorables.

Et nous disons avec eux que la société doit favoriser et reconnaître les liens d'affection entre ses membres. Les couples homosexuels ont droit à la sécurité que confère le mariage, au même titre que les couples homosexuels. Aussi, la reconnaissance par la société des unions homosexuelles, crée des conditions favorables à l'instauration de rapports de soutien mutuel et peuvent contribuer à faire reculer les préjugés homophobes. De la même façon nous ne voyons aucune objection à ce que, les unions à plus de deux personnes soient reconnues socialement et légalement dans la mesure bien sûr où celles-ci sont consenties. Nous disons que dans le domaine du droit familial aussi, nous devons passer du règne de la nécessité à celui de la liberté.

La question de l’adoption

Mais les associations qui ont choisi de se battre pour la reconnaissance du mariage des couples homosexuels posent dans leur majorité la question de l'adoption pour ces mêmes couples. Et sur ce point, il faut affirmer, face aux furies d'un égalitarisme caricatural et borné, que ce n'est pas être homophobe que de poser la question, à notre tour, de l'impact psychologique et affectif sur l'enfant élevé par un couple homosexuel. Car si la famille a toujours évolué, il n'y a jamais eu à notre connaissance de familles constituées de membres d’un seul et même sexe. Et avant le « droit à l'enfant », il y a ceux DE l'enfant...

La grande majorité des études menées sur le sujet aujourd'hui concluent qu'il n'y a pas de différences significatives pour les enfants élevés par des couples homosexuels. Cependant, d'une part le recul dont nous disposons est faible, et de l'autre les biais dans ces études sont nombreux et reconnus. Entre autres, la taille des échantillons extrêmement réduite, ou encore le fait que les couples des échantillons soient fournis le plus souvent par certaines associations militantes homosexuelles partisanes. Nous sommes donc en droit et en devoir d'exiger la prudence en la matière et la réalisation d'études rigoureuses, conséquentes et non biaisées. Nous pouvons aussi considérer les nombreuses études qui ont démontré l’impact négatif de l’absence du père sur le développement de l’enfant.

Mais la question de l'adoption en elle-même n'a en réalité que bien peu de conséquences pratiques. Le parcours pour un couple hétérosexuel souhaitant adopter un enfant est déjà aujourd'hui de plus en plus long et incertain. Et cela ne vient pas tant d'artificielles rigueurs administratives, comme le voudrait un préjugé répandu, mais simplement du fait du faible nombre d'enfants adoptables en France et dans le monde, un nombre qui de plus décroît rapidement. 25 000 personnes ont l'agrément pour adopter tandis que moins de 2 000 enfants sont adoptés tous les ans.

La question de la PMA

C'est pourquoi la réelle question qui se pose dans ce débat, c'est celle de la PMA (Procréation Médicalement Assistée), des mères porteuses et plus généralement des procédés visant à une procréation humaine à la demande. Il ne s'agit ni plus ni moins que de la socialisation et l'industrialisation du processus même de reproduction de l'humanité.

Nous avons toutes les raisons d’exprimer notre réserve, excusez du peu, à ce type de projet ! Et nous affirmons notre opposition catégorique à une nouvelle extension de la sphère marchande au domaine de la procréation humaine.

La PMA est aujourd'hui réservée aux couples hétérosexuels infertiles. C'est son élargissement aux couples de lesbiennes, au nom du concept d'« infertilité sociale » qui les frapperait, avec la constitution de banque de spermes et d'ovocytes, qui doit être examiné par le parlement quelques mois après le vote concernant le mariage homosexuel. Cet élargissement signifierait très certainement à son tour l'ouverture de la PMA à l'ensemble de la population. Qui peut alors prédire les conséquences pour l'évolution humaine de la création d'un marché des gamètes, de la rupture institutionnalisée et volontaire du lien biologique qui unit le parent à son enfant, et surtout qui pourra prévenir l'utilisation qui en sera faite dans la société du règne de la marchandise qui est la nôtre ?!

En effet, puisque les gamètes qui seront fécondés ne sont pas nécessairement ceux des parents de l'enfant, pourquoi alors ne pas choisir les gamètes les plus performants «pour le bien de l'enfant »?

Ainsi de nombreux pays qui ont légalisé la PMA comme la Belgique, les Pays-Bas ou les USA permettent de choisir les caractéristiques physiques ou sociales du donneur. Aux USA par exemple un ovocyte « normal » coûte 25 000 $, et il faut ajouter 10 000 $ supplémentaire pour avoir celui d'une diplômée des grandes écoles. Ces pratiques ne sont pas sans rappeler la théorie nazie eugéniste de triste mémoire, revisitée à la sauce libérale puisqu’ici c'est au nom de la « liberté du parent » qu'elle est justifiée.

Les risques seraient réels pour la diversité du patrimoine génétique de l'humanité puisque des parents, soumis au même environnement culturel et idéologique, choisiraient souvent des donneurs aux caractéristiques communes.

La question de la GPA

Dans la continuité de cette logique de « l'égalité des couples » dans le « droit à l'enfant », qui signifie en réalité le droit à posséder un enfant, qui pourra s'opposer à la légalisation de la gestation pour autrui, c'est-à-dire les mères porteuses, seul moyen en dehors de l'adoption pour les couples homosexuels-homme à avoir LEUR enfant ? Et comment empêcher demain son extension à tous les couples, au nom pourquoi pas, d'une « infertilité économique » ou « professionnelle », liée à la difficulté de concilier emploi, carrière professionnelle et procréation ?

Avec la création d'entreprises de mères porteuses, c'est un nouveau domaine de l'activité humaine qui s'ouvre à la pénétration et à la valorisation du capital, celui de la gestation humaine. C'est la création d'un corps de « spécialistes de la gestation », c'est-à-dire une nouvelle division du travail au cœur de l'activité humaine la plus intime qui soit, la sous-traitance de la gestation humaine. Encore une fois la France ne serait pas pionnière puisque la Grande-Bretagne ou encore la Belgique pratiquent déjà cette forme ultime de prostitution du corps de la femme.

Mais pourquoi pas après-demain permettre l'utilisation d'utérus artificiels, technologie aujourd'hui près d'être mature, permettant de garantir l' « exclusivité » de la relation à l'enfant, et d'automatiser le process de gestation?

Avec l'industrialisation de l'activité de procréation humaine, c'est notre dépossession d’un élément essentiel de notre vie qui s'annonce. D'exception elle pourrait progressivement s'ériger en norme. La sélection et le contrôle des gamètes pour « le bien de l'enfant», le recours aux « spécialistes de la gestation », comme assurance supplémentaire contre les accidents de grossesse.

Pour le capital, l’enjeu du mariage homosexuel est véritablement là, un moyen pour élargir le champ de l’accumulation et du profit, la création d’un nouveau marché déterminant un nouveau modèle de reproduction à l’espèce humaine.

Mais le modèle scientiste et mortifère du capital, nous n’en voulons pas ! Chacun doit pouvoir contribuer à l’éducation et l’instruction des enfants, par l'exercice d'un métier de l'enfance, ou encore via la participation et la création d'associations d'aide à l'éducation des enfants. Et c'est certainement vers le développement d'une éducation des enfants avec des acteurs multiples qu'il faudrait s'engager, plutôt que vers la création d'une industrie de la procréation au nom du «droit à l’enfant» ! Nous voulons le contrôle de notre propre évolution !

Galois

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