Du logiciel libre à l’informatique socialiste
Dans l'informatique, le système capitaliste génère un gâchis incroyable. Dès l'apparition des premiers logiciels, seules quelques firmes se partageaient le marché. Depuis leur naissance, les manoeuvres des grandes firmes du secteur vont donc bon train.
LE COÛT DE LA CONCURRENCE
Pour dégager leurs marges, les firmes de l'informatique ont d'abord instauré le droit d'auteur sur les programmes. Elles restreignent ainsi artificiellement l'utilisation d'une ressource infiniment abondante, puisque copiable et diffusable à volonté. Des milliards d'euros sont dépensés chaque année par les utilisateurs et administrations publiques pour les licences des logiciels. Mieux Microsoft impose la préinstallation de Windows aux constructeurs de PC, viol flagrant des lois de la concurrence, pour ceux qui y croit encore. L'utilisateur, qui bien souvent ne sait même pas qu'une autre solution gratuite existe, paiera la licence et n'y verra que du feu !
Les grandes multinationales tâchent de rendre leurs programmes incompatibles avec ceux des autres entreprises, en utilisant des formats privés de données. Les firmes cherchent à contraindre les utilisateurs à acheter l'ensemble de leur production. Elles rendent plus difficile l'interprétation des données entre différents programmes, un vrai casse-tête pour les développeurs.
Elles pratiquent aussi “l'obscolence programmée”, qui consiste à produire des logiciels rapidement dépassés, obligeant l'utilisateur à racheter de nouveaux produits. Elles interdisent l'accès au code source, le code génétique du logiciel. Elles empêchent ainsi les utilisateurs et les entreprises d'adapter eux-mêmes leurs programmes à leurs besoins particuliers. Du fait de cette impossibilité d'accès au code source, il est impossible de vérifier la qualité du programme, vérifier par exemple qu'il ne présente aucune faille de sécurité. Enfin, cette opacité permet à ces entreprises de récupérer nos données à notre insu. Dernier rejeton des entreprises en concurrence, l'instauration de brevets informatiques, qui restreignent l'utilisation d'idées simplissimes dans leurs programmes, un frein à l'ensemble de la recherche et du progrès informatique.
Ces méthodes n'ont qu'un intérêt: assurer les profits des grandes firmes de l'informatique, et cela se fait au détriment de la qualité des programmes. Les puissances du secteur ne connaissent pas de limite à la guerre pour les marchés qu'elles se livrent. Pour les usagers, les salariés et les administrations, c'est une perte de temps et d'argent énorme...
À l'origine, le droit d'auteur ne s'appliquait pourtant pas à l'industrie informatique. Les informaticiens s'échangeaient alors librement leurs programmes, laissant l'accès au code source, sorte de communisme primitif dans le secteur. Ce n'est qu'au cours des années 70 que la propriété intellectuelle fut instaurée. Les échanges libres entre informaticiens et l'émulation scientifique qui en découlait cessèrent.
LE LIBRE COMME POINT DE DÉPART
Au milieu des années 80, un groupe d'informaticiens s'opposait à cette régression, en mettant en place la licence GNU/GPL qui permet le partage total des programmes informatiques. Ils donnèrent ainsi naissance au mouvement du logiciel libre. 30 ans plus tard, la communauté des informaticiens du libre s'est considérablement agrandie. Des groupes de développeurs du libre, des comités d'utilisateurs sont actifs partout dans le monde.
Firefox est aujourd'hui le navigateur internet le plus utilisé en France. Des pans entiers de l'administration publique, des entreprises, des collectivités locales passent à l'utilisation de logiciels libres, parfois pour faire des économies, mais bien souvent d'abord pour leurs qualités techniques. L'aérospatiale et la défense utilisent depuis longtemps les serveurs Linux, la gendarmerie utilise la suite bureautique OpenOffice. Suite aux restrictions budgétaires en 2011, plusieurs ministères prévoient de basculer nombre de leurs logiciels, serveurs et systèmes d'exploitation vers des solutions libres.
Preuve vivante de l'efficacité d'un système basé sur la libre coopération, l'échange et le partage des innovations, les communautés du libre surpassent bien souvent la production privée. Leur supériorité ne réside pas dans une quantité de travail supplémentaire, mais simplement dans le fait que les connaissances sont mises en commun, que leurs programmes respectent les formats standards internationaux, donc permettent la compatibilité la plus large, qu'elles cherchent à produire des applications pérennes, dont le code, est réutilisable et adaptable, bref elle réside simplement dans le fait qu'elles échappent à l'idiotie de la logique capitaliste !
Le mouvement du logiciel libre a incontestablement un caractère progressiste. Aux militants et syndicalistes d'investir le milieu pour le teinter de notre projet révolutionnaire ! Constituons des communautés du libre au service de la lutte qui fournira les moyens informatiques de nous protéger et d'attaquer nos ennemis !
VERS UNE REFONDATION SOCIALISTE
Mais une partie du mouvement du libre voudrait faire de l'utilisation de logiciels libres une simple morale de vie individuelle. L'utilisateur de logiciels libres s'élèverait ainsi au-dessus des masses impures qui utilise du “propriétaire”. Nous rejetons cette conception idéaliste et égocentrique. Les grandes multinationales seront toujours assez fortes pour s'imposer aux utilisateurs mal avertis. L'arrêt du gâchis et la libération des forces de production passent par la mise en commun des moyens de production et des innovations au niveau global.
Le capital privé comprime les forces productives, entravent leurs développements et cela saute particulièrement aux yeux dans le domaine de l'informatique. Il faut rompre avec l'apolitisme ! Donnons donc raison à Bill Gates qui accuse les développeurs du libre d'êtres communistes ! L'entrave au développement du libre, c'est la logique même de toute la société capitaliste ! Libérons l'informatique ! Libérons les forces de production ! Libérons-nous !
Luttons pour :
-des fonds pour le développement du libre !
-Des services de support publics pour les logiciels libres
-L'utilisation maximum du libre dans nos entreprises et dans l'administration publique
-La socialisation des grands groupes informatiques
-L’abolition de la propriété intellectuelle !
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