Le mouvement des indignés se développe dans nombre de pays d’Europe, aux États-Unis et même en Israël sur un fond de crise majeure du système capitaliste.
Des dizaines de milliers de manifestants se rassemblent sur des grandes places, organisent des assemblées. Le mouvement attire une fraction conséquente de travailleurs, de chômeurs, et d’une jeunesse condamnée à la précarité sociale, y compris des jeunes diplômés.
Ces différents groupes d’indignés expriment une contestation de la “démocratie”, voire du capitalisme à l’image des manifestants “ANTI WALL STREET” aux États unis. Mais l’influence de l’idéologie petite-bourgeoisie y est encore prédominante. Les divers mouvements des indignés sont encore dirigés par une nébuleuse de militants réformistes qui s’efforcent de contenir le mouvement dans le cadre du système alors que ce sont ces limites qu’il faudra bien évidemment dépasser pour mettre un terme aux gâchis engendrés par le capitalisme. Le bagne industriel orwellien nous attend tous si nous ne réagissons pas sérieusement !
En France, les indignés de “DÉMOCRATIE RÉELLE” se veulent apolitiques ! En Espagne, lorsque des participants s'aventurent à exiger que "les travailleurs s'organisent et prennent la production en main", ils sont chassés manu militari par une clique de dirigeants “apolitiques”.
Ainsi, au nom de la recherche d’un consensus pavé de “bonnes intentions” dans le cadre de l’ordre social bourgeois, la défense des perspectives d’un dépassement de la société capitaliste n’est pas tolérée. Les indignés “apolitiques” représentent typiquement une petite bourgeoisie inquiète de son avenir et d'une future prolétarisation qui la guette sous les coups de boutoir de la crise. Elle espère naïvement pouvoir retrouver avantages et plaisirs dans le cadre du système. Mais cet apolitisme militant exprime une véritable incapacité à mettre sur pied un programme politique capable d’offrir une alternative crédible au système actuel !
Ils représentent à l'image des "sociaux- démocrates" et de toute la gauche réformiste complice de l’ordre bourgeois, une opposition factice à “ l’ultra libéralisme” . Comme si un capitalisme à visage humain était possible !! Et comme s’il était possible, de changer les choses, soit en plaçant un bulletin dans une urne une fois tous les cinq ans pour élire un “sauveur suprême”, soit par quelques rassemblements “bons enfants” sur les places publiques. Comme s’il pourrait suffire de convaincre les politiciens bourgeois de modifier leur gestion du capitalisme !
Les ritournelles incessantes sur le thème de la "DÉMOCRATIE RÉELLE" ne sont pas nouvelles : le dogme de la “ démocratie pure”, le déni de la division de la société en classe sociale sont des vieux credo de l’idéologie bourgeoise !
La “démocratie” est l’alibi idéal pour justifier les pillages des pays dominés et l’esclavagisme salarié ! Mais il ne peut y avoir fraternité entre les exploiteurs et les exploités.
À propos de “démocratie réelle”, pourquoi donc les indignés ne pourraient-ils pas poser la question de la révocabilité et du mandatement des élus ? Pourquoi ne poseraient-ils pas la question le développement d’une démocratie salariée au sein des entreprises afin de contrôler la production?
Les militants révolutionnaires se doivent de se battre sans état d’âme contre l’“apolitisme” militant qui mène le mouvement des indignés dans une impasse. Méfions-nous de l’apolitisme militant des vieux renards politiques ! Leurs capacités à éteindre le feu de la révolte ne sont plus à prouver.
Se contenter de faire la grimace à la face des dirigeants de l'État, relève d’une DÉCISION POLITIQUE ! C’est laisser à la classe dominante et à son oligarchie les mains libres pour appliquer sa politique de régression sociale et de misère !
L’histoire a horreur du vide ! Contrairement aux idéalistes invétérés, il y a deux camps dans ce bas monde, et donc deux programmes qui s’opposent : le camp des travailleurs et le camp de la bourgeoisie parasitaire devenue profondément réactionnaire. À chacun de choisir son camp ! Les meilleurs des actuels “indignés” deviendront des insurgés aux cotés de la classe salariée, sur la base d’un programme de transformation socialiste des rapports de production.
Ilan
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