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Le gouvernement fait pire que le mal

Combat n°58 - Hiver 2011

Automobile stoppons le plan de casse à PSA !

UN NOUVEAU PLAN DE CASSE A ÉTÉ ANNONCÉ : 7000 NOUVEAUX EMPLOIS DOIVENT ÊTRE SUPPRIMÉS EN FRANCE ET EN EUROPE. Philippe Varin, le PDG du groupe et les représentants des héritiers de la famille Peugeot en ont décidé ainsi.

À Vélizy dans les Yvelines, à La Garenne-Colombes dans les Hauts de Seine, à Sochaux-Belchamps dans le Doubs, des milliers de salariés voient leur avenir professionnel compromis; 1000 travailleurs en CDI, 100 prestataires en production, 2200 prestataires en recherche et développement, 800 intérimaires dont les contrats de mission ne seront pas renouvelés.

Mais ce nouveau plan de la direction qui devrait permettre une économie de 800 millions d’euros n’est ni le premier, ni le dernier. Depuis 2007, déjà 11 000 salariés ont quitté le groupe. D’ici la fin 2012, c’est encore l’usine Peugeot Scooters de Dannemarie dans le Haut-Rhin qui est promise à la fermeture, c’est aussi le site historique de Citroën à Aulnay-sous-Bois en Seine St Denis avec ses 3500 ouvriers qui est menacé, ainsi que l’usine d’Hordain, près de Valenciennes.

LES RAISONS DU PLAN PATRONAL

Le patronat a ses raisons. La demande d’automobile se contracte. En Europe, la chute est brutale. Entre septembre 2010 et septembre 2011, elle a été de 26,4% en Espagne, 13,4% en Italie, 7,1% au Royaume-Uni tandis qu’en France le niveau de la demande ne progressait que de 1%. Avec 60% des ventes du groupe PSA réalisées sur le marché européen, Philippe Varin entend “réajuster” l’offre à la demande. La production de PSA a déjà été abaissée de 20% depuis 2007 en Europe. Les plans de licenciements doivent se succéder. Les investissements sont réorientés vers les marchés asiatiques, où les marges de progression de la demande sont plus importantes. Mais des investissements massifs capables de tenir en respect les marques concurrentes à l’étranger exigent des reins solides. Alors que les groupes automobiles ne comptent plus trop sur le soutien des banques pour financer leurs investissements, PSA doit continuer à accroître ses capacités d’autofinancement, réinjecter de nouveaux milliards à sa trésorerie tout en relevant le niveau de ses marges opérationnelles. Pour réaliser ces objectifs, la direction compte ainsi faire des économies d’échelle dans la recherche et le commercial, mais aussi à monter en gamme, car les marges bénéficiaires sont plus fortes pour les modèles les plus chers, et surtout, continuer à réduire les coûts salariaux. Le plan de Varin est d’abord un plan de casse de l’emploi industriel et de délocalisations dans les pays à bas coût de main-d’oeuvre.

LES RAISONS DE NOTRE COLÈRE

En l’an 2000, nous comptions 2,15 millions d’immatriculations pour 3,4 millions de véhicules produits sur le territoire national. Mais en 2009, pour 2,3 millions d’immatriculations nouvelles, nous ne comptions plus que 1,6 million de véhicules produits, toutes marques confondues. Ces chiffres sont clairs. D’un pays exportateur de véhicules, notre pays en devient importateur. Les capitalistes de l’automobile française qui exportent leurs capitaux au-delà des frontières européennes continuent leur travail de casse du tissu industriel national, condamnant des villes et des régions entières à la désertification.

Le choix devant lequel sont placés les salariés de l’automobile, leurs sous-traitants, tous les travailleurs des petites entreprises qui vivent directement et indirectement du secteur automobile, et plus largement tout le prolétariat de France est donc le suivant. Ou bien nous- laissons la bourgeoisie détruire notre outil de travail, nous acceptons le chômage pour >>nous et nos enfants, ou bien nous choisissons la lutte. Soit les travailleurs de l’automobile acceptent leurs licenciements en échange d’un misérable chèque de départ et pour certains d’une illusoire promesse de reclassement, ou bien ils mènent la lutte, pour eux, pour leurs enfants, pour leurs amis et les enfants de leurs amis, ils mènent la lutte pour l’avenir industriel du pays, pour l’avenir commun de tous les travailleurs.

Les travailleurs de PSA ne doivent pas lâcher le morceau. Leur morceau, c’est celui de tous les travailleurs. Car ce sont tous les travailleurs qui paieront les pots cassés des nouveaux plans de licenciements, des nouvelles fermetures d’usines, des nouveaux départs non remplacés. La lutte pour la sauvegarde de l’emploi dans le pays passe nécessairement par la mobilisation des travailleurs de PSA, maintenant et pas demain quand il sera trop tard. Car quand les grilles des sites de production seront fermées, les stocks vendus, les lignes de production démontées, il sera effectivement trop tard.

Maintenant, il n’est pas trop tard.

Les travailleurs de PSA et leurs syndicats ne doivent tolérer aucun licenciement, aucun départ qui ne soit remplacé. Ils ne doivent tolérer aucune baisse d’effectifs, aucune fermeture de site.

Pour l’avenir de PSA en France et de tout le secteur automobile, les travailleurs de PSA, de Renault, de Toyota, les ouvriers de l’ensemble des équipementiers doivent s’assembler. Ils doivent s’accorder pour refuser les licenciements, pour remplacer tout départ, intégrer les intérimaires, embaucher et former de nouveaux salariés en instaurant l’échelle mobile des heures de travail, en abaissant le temps de travail, sans perte de salaire.

Les travailleurs et leurs délégués doivent maintenir en activité l’ensemble des sites et s’en rendre maîtres. Les directions patronales peuvent ricaner à l’idée de l’occupation des usines qu’elles veulent condamner. Mais elles ne ricaneront plus devant un mouvement d’ensemble, solidaire, organisé, discipliné, conscient et capable d’opposer au plan de casse de l’industrie du pays par l’oligarchie, un plan de sauvegarde et de réorientation de la production vers la satisfaction des besoins du peuple.

Les travailleurs de l’industrie automobile doivent en fait constituer leur propre gouvernement qui peut réaliser les vraies mesures de défense de notre économie, les vraies mesures de lutte contre le chômage et d’amélioration de notre bien-être. La formation d’une République Rouge de l’automobile peut annoncer un gouvernement révolutionnaire pour tous les travailleurs du pays.

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