Camarades,
Il n’ est pas une seule conquête sociale que le pouvoir capitaliste semble vouloir épargner.
Et malgré de nombreuses mobilisations pour contester les décisions gouvernementales qui se succèdent en France et dans toute l’Europe, la majorité du peuple se résigne.
Les grèves, blocages de zones industriels et manifestations de millions de salariés sur l’ensemble du pays à l’automne dernier n’ont pas fait reculé le gouvernement Fillon d’un pouce. Le projet de loi qui remettait en cause le droit de partir à la retraite à 60 ans a été adopté.
C’est que notre gouvernement ne craint guère nos manifestations. Depuis longtemps déjà, notre bourgeoisie s’est habituée au phénomène. Les manifestations à plusieurs millions dans nos grandes villes n’ont plus rien d’inhabituelles. Elles sont anticipées par les décideurs politiques à l’annonce de chacune de leurs réformes. Inscritent dans le cadre de la démocratie et du système de domination bourgeois, elles sont représentées par les politiciens responsables de l’oligarchie comme un canal d’expression légal et traditionnel de la grogne des obstinés qui restent encore rétifs aux réformes libérales jugées indispensables et dont la majorité des citoyens-électeurs admetteront bientôt la mise en place.
Nos grandes manifestations de masse ont épuisé tout leur effet sur la classe ennemie. Elles ne tromperont plus l’ennemi ni aucune de ses fractions. C’est qu’elles n’annoncent plus un mouvement insurrectionnel possible contre la tête de l’Etat, pas plus qu’elles ne représentent la capacité du mouvement salarié d’imposer ne serait-ce qu’une part de sa volonté, contre les appétits patronaux, dans les faits et dans des secteurs stratégiques de l’économie. Si nous nous retrouvons nombreux dans les manifestations contre le gouvernement, sa politique et pour “la retraite, les salaires et les emplois”, leur importance apparaît en fait, inversement proportionnelle aux capacités combative des travailleurs, dans leurs entreprises.
Le succès des manifestations n’est pas le signe favorable d’une modification du rapport de force. Nos journées d’action qui se succèdent n’ont pas de lendemain. La réalité présente, c’est que le mouvement salarié erre sans but avec ses syndicats indépendants, ses partis réformistes ou son extrême-gauche qui renonce à soutenir les objectifs propres au prolétariat révolutionnaire.
Ainsi, les défaites succèdent aux défaites. Les dernières grandes entreprises publiques sont privatisés et segmentées en filiales, l’Etat coupe les budgets des hôpitaux et de l’enseignement public, les droits d’inscription aux universités sont relevés, la part des remboursements pris en charge par la sécurité sociale se réduit au dépend des mutuelles et des assurances privées. Les prestations dispensées aux gens ordinaires se dégradent. Les queues s’allongent dans les supermarchés, à la Poste et aux urgences des hôpitaux.
Le nombre d’annuités pour accéder à une retraite à taux plein est augmenté alors que le taux de chômage continue sa progression.
Grace à l’annualisation des temps de travail, à la remise en cause du repos dominical, à la généralisation du travail de nuit dans l’industrie ou au travail de début de soirée dans les services, l’ensemble de l’emploi du temps des salarié est subordonné aux besoins de l’entreprise. En bas comme en haut de l’échelle salariale, pratiquer un sport régulier, passer le week-end en famille, militer dans un parti ou une association deviennent le luxe réservé d’une minorité.
Dans l’entreprise, le salarié est soumis à un véritable régime concentrationnaire où il est de plus en plus isolé de ses collègues, où il doit se taire pour se consacrer aux tâches de la production. Là, il se soumet et abdique sa dignité personnelle devant l’arbitraire des cadres et assimilés de la hiérarchie patronale qui refusent un temps de pause, moquent ou menacent. La rationalisation des procédés de production dans les industries et les services, couplé à un fort taux de chômage, transforme chaque ouvrier et employé en une fragile pièce de rechange de la machine à profit.
Pour intervenir concrètement, le militant révolutionnaire ne peut se dispenser d’une analyse concrète de la condition salariale, de ses rapports d’exploitation, de domination et de soumission. Le militant révolutionnaire doit se poser cette question: par quelles chaînes l’esclave salarié reste-t’il lié à son maître capitaliste et comment lui faire rompre ces chaînes ?
Nous ne trahirons aucun secret si nous disons que dans les entreprises, les salariés ont peur.
Les collègue se contentent de ce qu’ils ont. Des salaires d’esclaves à 1000 euros ou à 1500 euros qui permettent de vivre, soit, mais de plus en plus mal. Les ménages prolétariens consacrent au logement, comme propriétaires ou locataires, une part toujours plus disproportionné et exhorbitante de leurs revenus et les prix des biens de consommation courant continuent leur régulière augmentation.
Le niveau de revendication dans les entreprises est faible. Et ce niveau ne se mesure pas tant en nombre d’heures de grèves déclarées qu’à la pression permanente, qui est invisible dans les statistique, mais qui peut s’exercer promptement et efficacement d’en bas sur les directions des entreprises. Au Monoprix de Nation, un court débrayage et une délégation de salariés déterminés au bureau de la direction permet de gagner plusieurs nouvelles embauches. Mais ailleurs, combien de journées de grève n’ont conduit qu’à de très piètres résultats? Quand les directions patronales connaissent leur possibilité de reprendre rapidement en main leur personnel une fois la première épreuve de force passée, elles ne lachent rien.
Il faut de la force pour revendiquer une augmentation de salaire, pour demander un changement de poste ou une formation à son employeur. Et aujourd’hui, combien de salariés n’osent même plus demander leurs congés et le paiement de leurs heures supplémentaires, combien de collègues, combien parmi nous n’osent pas protester contre les changements de planings de dernière minute, combien refusent de faire les heures suplémentaires à la demande de l’employeur ? Combien angoissent seulement d’être arrêté par le médecin et de passer pour celui qui “ne veut pas travailler” ou qui “n’est pas motivé” ?
Ouvrier d’usine, employé d’entrepôt, de magasins et de bureaux, nous attendons tout de nos patrons et de leurs communautés de directeurs et cadres supérieurs. Celui qui est embauché en CDD ou en contrat intérimaire attend son embauche en CDI et se soumet. Celui qui a été embauché en CDI avec un petit salaire continue à s’écraser en attendant sa chance, monter peut-être l’échelon supérieur, suivre une formation qualifiante, améliorer quelque peu sa condition.
Et le travailleur a bien des demandes à présenter à son employeur, un aménagement d’horaire, un congé, une prime, un fiston de la famille à faire embaucher. Pour chacune des faveur que ses supérieurs lui auront fait, le salarié a le sentiment d’être redevable. Les responsables échangent quelques arrangements et privilèges à untel ou untel autre contre la soumission de tous.
Si la majorité des collègues n’en pense pas moins, il faut continuer à jouer le jeu. Car les mauvaises têtes sont bien vite écartées. Les directions patronales préfèrent payer cher plutôt que de garder un esprit rebelle au sein d’une de leurs équipes.
Débrayage sauvage parfois, les quatre vérités au chef de service plus souvent, ou un de ces commentaire sur un blog qui offre “une image négative de l’entreprise”, une pétition envoyée au directeur, une lettre aux collègues, certains finissent par craquer et lancent un pavé dans le marre... ils sont bien vite dégagés, à moins qu’ils aient pris, à l’avance, la déçision de décamper, ou de se suicider, comme à PSA, Renault ou France Télécom...
Le patronat peut règner en maître absolu dans l’entreprise.
Camarades, il ne suffit pas de proclamer que “seule la lutte paie”. Encore faut-il pouvoir soutenir cette lutte. Encore faut-il pouvoir être préparé face à la réaction patronale. Toute action ouvrière, toute action de grève et d’insoumission appelle une contre-attaque de l’ennemi. Aux Bâteaux Parisiens, la filiale de la Sodexho sur la Seine, la quasi totalité des pilotes qui avaient débrayé en 2008 pour leurs salaires ont été licencié. La direction a su trouver un motif pour chacun d’eux, quitte à agrémenter le licenciement par un chèque...
Seule la lutte paie, mais la lutte est un engagement devant lequel la majorité reculera si une organisation collective et permanente n’a pas été formée au préalable qui garanti la solidarité de tous contre le retour de flamme patronal.
La lutte, si elle n’est pas gagnante à tous les coups, ne doit pas être perdante. Les leaders du mouvement ne doivent pas être licenciés au lendemain de la lutte. Les salariés en contrat à durée déterminée et les intérimaires qui ont participé au mouvement doivent avoir leurs contrats reconduits après la lutte. Aucun travailleur ne doit être mis en difficulté par la direction de l’entreprise en raison de sa participation à la lutte. Ceci, c’est le minimum nécessaire. Tous les travailleurs qui s’engagent dans une lutte, dans le secteur public pas moins que dans le secteur privé, doivent être convaincu d’une chose. Ils s’engagent dans une lutte prolongée, une guerre de longue durée. Le collectif de travailleurs organisés pour la mobilisation ne doit en aucun cas éclater aux lendemains du conflit déclaré. Les travailleurs doivent s’engager à garder les rangs serrés pour répondre du tac au tac aux coups de traîtres de la direction patronale. Finalement, la devise qui résume la mieux cette politique est celle que le vieux syndicat des épiciers avait graver dans la pierre de son siège de la rue du Renard; UN POUR TOUS ET TOUS POUR UN ! C’est la seule politique gagnante. Annoncer à l’avance les difficultées auxquelles le mouvement sera confronté et qu’une direction résolue sait anticiper, s’assurer de la solidarité indéfectible de tout le collectif, la solidarité d’une seule grande famille, c’est le seul moyen de gagner la confiance et l’engagement d’une majorité.
Le travailleur veut bien s’engager dans un mouvement de grève, mais il ne veut pas perdre sa place. Et si des directions ouvrières ignorent les risques de déclarer ouvertes les hostilités, le plus grand nombre ne partage pas cette ignorance.
La majorité sait que s’affronter à la dictature patronale dans l’entreprise, c’est jouer son emploi dans l’entreprise, ou peut-être risquer de se griller dans les autres entreprises du secteur. L’ouvrier de Continental “reste un Conti”, et si un petit nombre d’entre eux retrouvent du travail dans les entreprises de la région de Compiègne, c’est comme intérimaire. Les entreprises ne gardent pas les camarades de Xavier Matthieu.
Plus communément, revendiquer ses droits, c’est souvent prendre le risque de ne pas évoluer dans l’entreprise - et quoi de plus légitime que de ne pas se satisfaire du même boulot abrutissant pendant les 10 ou 20 prochaines années de sa carrière !
Nous disions, il faut de la force pour revendiquer une augmentation de salaire, ne serait-ce qu’une simple augmentation de salaire. Effectivement, il faut se trouver très fort ! Si les capacités politiques et d’organisation font défaut, l’énergie dépensée par les travailleurs pendant l’épreuve se retourne rapidement contre eux. Licenciements, mutations, mises au placard, augmentation des cadences, supression des primes, gel des salaires, dégradation du cadre de travail, pression de la hiérarchie, harcèlement... Perdue ou gagnée, la première bataille engagée annonce obligatoirement, à plus ou moins brève échéance, toute une série de nouvelles batailles en réponse à autant d’attaque de la direction d’entreprise. Et la reconnaissance ainsi que la détermination à inscrire la lutte sur la durée est le préalable à l’engagement des larges masses elles-mêmes.
Pour mener la lutte et pour que la lutte paie, il faut une organisation puissante des travailleurs des différentes entreprises et des différents secteurs. Il faut au mouvement salarié organisé une vue d’ensemble. Et il lui faut projeter ses objectifs à court, moyen et long terme. Il lui faut intégrer à son programme les réponses à la succession des nouvelles attaques et contre-attaques patronales. Elle sont multiples à la fois contre chaque travailleur séparement et contre le collectif dans son ensemble.
Le collectif salarié et son syndicat doivent donc être capable de se mobiliser dans l’urgence et à nouveau si l’un des leurs se voyait menacé de perdre son emploi pour une faute inventée, de se mobiliser à nouveau contre la décision de la direction de l’entreprise de mettre au placard un camarade ou de muter un cadre bienveillant, de se mobiliser à nouveau contre les suppressions des primes, le gel des salaires, les harcèlement d’un nouveau chef, l’embauche au sein de l’entreprise de quelques jaunes qui viendraient pourrir les rapport de solidarité et de fraternité entre ouvriers...
C’est que mener la lutte dans l’entreprise, jusqu’au bout, pour se garder d’une défaite et de la démoralisation et s’assurer la victoire, avec le soutien de la grande majorité, en minimisant les risques de défections et de trahisons, ce n’est rien d’autre que donner un sens éminemment politique au mouvement de défense des intérêts matériels et moraux du prolétariat.
L’ouverture d’un conflit sur les salaires ou sur tout autre revendication immédiate sonne le début d’un véritable mouvement de contestation de l’ensemble des sphères de domination patronale dans l’entreprise, dans les différents secteurs de production et dans toute la société.
Afin de maintenir un certain rapport de force en sa faveur, le mouvement salarié n’a pas d’autre choix que de batailler de tous les côtés, pour les salaires, pour défendre les libertés de chacun à se former et évoluer dans l’entreprise ou le secteur d’activité, pour le contrôle sur l’allocation des primes et l’évolution des salaires. Il n’a pas d’autre choix que de se battre pour un contrôle sur les embauches, pour un contrôle des ouvriers et employés sur le choix du personnel encadrant qui peut s’exercer tout d’abord par le pouvoir de révocation et de reclassement des indésirables.
Pour assurer les arrières de ses membres après chaque bataille, notre collectivité doit inévitablement restreindre progressivement les marges de manoeuvre des patrons. En même temps que les travailleurs élargissent le champ de leurs liberté et de leur autonomie, c’est l’arbitraire patronal qui recul, les prérogatives de la hiérarchie qui sont diminuées, l’institution politique bourgeoise, au sein même de l’entreprise qui se vide de son autorité. La lutte pour une revendication immédiate et partielle a ouvert la voie à une lutte pour le pouvoir travailleur !
Ainsi, pour contrecarrer les calculs des exploiteurs, un prolétariat se constitue progressivement en classe, pour lui-même dans la quête de son émancipation.
La mobilisation pour une série des premiers objectifs peut se poursuivre. Nous avons ouvert une première brèche. Il faut en ouvrir de nouvelles. C’est l’objectif d’émancipation de notre classe que nous découvrons en terme les plus concrets. Et l’émancipation de notre classe ne se confond- t’elle pas avec la formation du cadre qui rend possible le plus libre et complèt épanouissement de chacun, au sein du cadre de production social, dans l’entreprise et en dehors de celui-ci ? N’est-il pas là le sens profond et authentique de la notre lutte pour le socialisme ?
Justement, les exploités d’aujourd’hui doivent apprendre à raisonner pour eux-mêmes. Ils doivent refuser la subordination de leur existence aux besoins de la méga-machine patronale.
D’un côté, nous devons apprendre aux travailleurs les limites qu’impose à notre volonté la loi impersonnelle du Captal, loi qui s’impose, par la concurrance aux capitalistes individuels, à chaque entreprise en particulier. Mais d’un autre côte, cette loi du Capital, nous l’ignorons dans les faits. Car nous sommes engagé dans la lutte des classe pour aller jusqu’au bout. Si nous nous interressons par la perte de compétitivité de l’entreprise où les acquis de ses salariés sont avancés, c’est pour développer l’organisation et le mouvement revendicatif aux autres entreprises du secteur. Si nous nous préoccupons des menaces de délocalisation, c’est pour renforcer le mouvement international du prolétariat et poser la question de l’expropriation des propriétaires capitalistes, la question de la prise en main de la direction économique, par les travailleurs eux-mêmes.
Le rapport de suboordination doit être inversé dans l’entreprise et dans la société en générale. Pour cela, les travailleurs doivent s’émanciper de la pensée dominante, celle du profit, celle de la rationalité économique d’entreprise qui transforme chaque homme et femme en pièce jointe auxquels on a dénié sa personnalité propre, avec le droit de réaliser ses projets, d’avoir une vie en dehors de la routine aliénante de la chaîne de montage ou de supermarché.
La vie socialiste n’est pas une vie ascétique de renoncement à soi. La communauté moderne des travailleurs s’oppose exactement à la communauté oppressive traditionnelle qui restreint l’autonomie individuelle à un minimum. Bien au contraire, le communisme est le cadre qui offre la plus entière et totale liberté de développement à chacun.
Et bien dans l’entreprise, nous dirigeons notre activité pour avancer vers ce but. Et c’est toujours en renforcant le pouvoir autonome des travailleurs face à l’autorité patronale que nous y réussissons. Les salariés peuvent gagner la maîtrise des rythmes de travail, définir leurs heures et leurs temps de pause. Et ces deux aspects sont communément admis dans un très grand nombre d’entreprise. Les salariés peuvent aller même bien au delà et organiser leur temps de travail dans la journée, dans la semaine ou le mois en fonction des emploi du temps personnel de chacun. Dans certaines entreprises, les travailleurs s’arrangent entre eux pour changer leur jours de congé, ou bien changer d’équipe. Apprenons à décider par nous-même et refusons la tutelle de toutes les hiérarchies patronale !
Ces petites victoires ouvrière, camarades, c’est la révolution qui a déjà commencé. Les travailleurs s’organisent eux-mêmes en contre-pouvoir, par leur syndicat et des assemblée générales régulières et ils imposent la satisfaction de leurs besoins, humains comme objectif prioritaire.
Et cette capacité à organiser le temps de travail dans l’entreprise, un vrai signe de changement de valeur du côté des salariés, découvre de nouvelles possibilités de transformation de leur milieu de vie, elle annonce d’autres prises de pouvoir sur la domination du Capital. Elle donne au mouvment de libération progressive du travail un nouveau souffle !
Au cours de la lutte, nous humanisons l’entreprise, et nous offrons par nos victoires partielles la possibilité à chaque travailleur d’élargir son univers de socialisation, nous contribuons à former les conditions, dans l’organisation du travail qui sont compatibles avec la poursuite d’activités de tout type, sportives, culturelles, associative, politiques, activités de récréation et de création artistique, de productions libre et non marchandes. Cette aspiration à une vie riche, multidimensionnelle que le mouvement ouvrier doit faire naître et renaître trouve inévitablement sa traduction dans la revendication d’une nouvelle baisse du temps de travail.
Les luttes pour des acquis partiels sont engagés au quotidien. Elles sont chargées de sens. Les courants libéraux dans le mouvement syndical ignorent le sens de ces luttes. De peur de se brouiller aux bureaucraties syndicales et à la gauche bourgeoise, les opportunistes en cachent le sens. Bien au contraire, nous communistes découvrons à la conscience de la masse salariée le sens fondamental des luttes déjà engagées. Elles s’inscrivent dans le mouvement de libération générale du prolétariat. Elles s’inscrivent dans le mouvement général des exploités qui aura pour issu la révolution socialiste.
Elles ont leur cohérence. Et si des objectifs soutenus par telle ou telle fraction de la classe salariée ne trouve pas sa cohérence avec les objectifs de lutte des autres fractions de la classe, ces premiers objectifs méritent d’être abandonné.
La cohérence se trouve par exemple entre la revendication du droit au travail par l’embauche des chômeurs et le mot d’ordre de baisse du temps de travail. La cohérence se trouve entre le refus de freiner les mesures d’économie du travail par la découverte de nouveaux procédés de production économe et la lutte pour l’échelle mobile des heures de travail. Elle se trouve entre la lutte pour l’augmentation des salaires ouvriers et celle pour le contrôle des prix, l’échelle mobile des salaires et le contrôle sur la comptabilité des entreprise, l’ouverture de leurs comptes.
La cohérence se trouve encore dans la lutte contre l’exacerbation de la concurrence des travailleurs sur le marché du travail et celle pour la régularisation de tous les sans-papiers, la naturalisation automatique des travailleurs résidents sur le territoire national, le contrôle des organisations ouvrières sur les flux de main d’oeuvre étrangère. Nous ne séparons pas la lutte pour la protection de la santé des travailleurs comme producteurs d’avec celle de la protection des travailleurs-consommateurs et usagers, pas plus que la défense de la santé des populations de la lutte des salariés pour le contrôle des procédés de production dans les entreprises. Et nous ne pouvons pas séparer cette lutte pour le contrôle des travailleurs et des travailleurs-consommateurs associés avec la lutte pour une planification socialiste écologique.
Au fur et à mesure des progrès des capacités combatives des travailleurs, la sphère du contrôle des travailleurs sur l’organisation du travail et de la production peut s’élargir. Cha-cune de ces luttes trouvent leur limite dans le cadre du régime bourgeois. Si les travailleurs Bouygues peuvent facilement imposer le respect des normes de construction sur le chantier de l’EPR de Flamanville, il leur serait difficile d’imposer la réorientation des investissements engagés vers les énergies renouvelables. Et si les ouvriers de PSA Aulnays pourraient, associés avec leurs collègues de Poissy, imposer le maintien de l’activité sur les deux sites, ou en tout cas le reclassement de tous les travailleurs dans le groupe, le zéro licenciement avec échelle mobile des heures de travail, il est encore compliqué à ce niveau, de peser sur l’Etat des lobbis de l’automobile, du béton et du pétrole pour diriger la main d’oeuvre du secteur automobile vers celui du transport ferroviaire.
Tant que les travailleurs et le prolétariat révolutionnaire ne s’est pas hissé à la tête de la nation par la socialisation des secteurs clefs de l’économie, les victoires du mouvement resteront incomplètes et précaires.
Mais si la révolution socialiste est un objectif que le prolétariat atteint consciemment, les positions autonomes conquises dans l’entreprise par les salariés sont autant d’expériences gravées dans les consciences et qui préfigurent une prise de pouvoir travailleur à toute la société.
Déjà aux premiers niveaux de la lutte pour le pouvoir dans l’entreprise, le socialisme est déjà devenu une force. Le programme du socialisme n’est déjà plus l’abstraction des sectaires, un idéal incompris par la masse. La lutte pour le pouvoir des travailleurs dans l’entreprise donne son premier sens à la perspective d’une transformation socialiste de la société dans son ensemble. Le socialisme est chargé de vie.
Ainsi, la perspective générale doit découler du développement de la lutte des classe, de l’échelle locale, de l’échelle d’entreprise à l’échelle d’un et de plusieurs secteurs d’activité, à l’échelle de la nation et de la fédération de nations et à l’échelle mondiale.
La libération du règne patronal par la conquête du pouvoir d’Etat, l’appropriation commune des moyens de production et d’échange et des sources de la vie trouve son préalable dans la lutte ordinaire, quotidienne, syndicale, au bureau et à l’usine pour circonscrire le pouvoir patronal et étendre le contrôle des salariés sur la machine économique.
Parmis les principales organisations d’extrême-gauche, il est courant de cacher la référence au projet socialiste. Quand les idées socialistes ou communistes sont revendiquées, c’est pour en faire des idées abstraites et lointaines.
Mais pour établir la fusion du mouvement ouvrier et du socialisme, c’est la tâche centrale de l’avant garde des révolutionnaires, il est bien au contraire essentiel d’inscrire le socialisme dans le présent. Le socialisme est le but qui guide notre action et qui fonde notre détermination, à vouloir révolutionner les rapports de productions bourgeois. Mais la nécessité des transformations socialistes découlent du mouvement de lutte des classes lui-même quand il faut chercher les solutions aux problèmes les plus brûlants d’actualité. Le socialisme n’est pas une idée étrangère au mouvement du prolétariat. Le socialisme est consubstanciel au mouvement de libération du prolétariat.
Le programme de transition socialiste se décompose en mot d’ordre plus ou moins avancés. Mais ces mot d’ordre n’ont pas vocation à rester lettres mortes. Ils ont vocation à être traduits dans le langage de la vie, à devenir des objectifs tangibles de la lutte des classe. Chacun d’eux peut se décliner selon les circonstances particilières comme l’armement des travailleurs peut se traduire en agitation pour la formation d’un service d’ordre et d’un piquet de grève ou le gouvernement travailleur se traduire en agitation et en travcail d’organisation pour former un comité ouvrier ou en syndicat rouge.
Notre programme d’action et de transition n’est pas un programme réservé à la situation pré-révolutionnaire ou révolutionnaire. Notre programme est le “pont entre la réaction et la révolution” et notre action vise justement à “combler aussi vite que possible l’écart entre les facteurs objectifs et les facteurs subjectifs”.
En nous appuyant sur les aspirations immédiates des travailleurs, nous les amenons à cette “seule et même conclusion : la conquête du pouvoir par le prolétariat”
La lutte de libération des salariés dans le travail, pour étendre leurs capacités de déçisions, préfigure la lutte du prolétariat comme sujet politique national, international et mondial pour la société sans classe et sans Etat.
Notre intervention concrète doit amener le prolétariat au socialisme.