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Collection Combat

GÂCHIS, ESCLAVAGE, CORRUPTION,
RENVERSONS LE POUVOIR CAPITALISTE !

Camarades, amis et collègues,

Salut ! Vous qui m'écoutez !

Écoutez !

Les mesures de régression dictées par le patronat et son gouvernement s'appliquent toujours plus rapidement.

La Poste est privatisée. 40 000 emplois y ont été supprimés depuis 2004. Car effectivement, le terrain de la privatisation était préparé depuis de nombreuses années. Les postiers sont mis sous pression, le temps des tournées s'allonge, la charge s'alourdie, et du côté des consommateurs, ce sont les queues qui s'allongent, les clients qu'on fait patienter.

Les derniers services publics utiles aux populations sont privatisés.

Comme les activités du Pôle Emploi qui sont sous-traités à des opérateurs privés. Les Manpower, Adia et autres agences de placement encaissent des 450 millions d'euros de nos cotisations, les 1500 à 2000 euros payés pour chaque dossier traités. Mais les chômeurs restent sans emploi.

Pour grossir le nombre de chômeurs, l'Etat s'engage ! Un fonctionnaire sur deux ne sera pas remplacé. 34 000 suppressions de postes sont programmées en 2010 dans la fonction publique. Pour réaliser 500 millions d'euros d'économies, c'est toute la qualité des services des institutions publiques qui s'en trouveront dégradées. Le gouvernement n'en a que faire de la satisfaction de ses administrés.

Et le gouvernement n'en diminue pas pour autant les impôts ! Les travailleurs doivent taxer toujours d'avantage. Les impôts locaux explosent. Car le pouvoir, en supprimant la taxe professionnelle en 2010, fait un trou de 12 milliards d'euros dans le budget des municipalités ! Un transfert de richesse en plus, des poches des ménages ordinaires vers celles de la minorité exploiteuse.

La part de nos frais de santé remboursée par la sécurité sociale diminue d'année en année. Au 1er janvier dernier, le forfait hospitalier est encore passé de 16 à 18 euros, le taux de remboursement de 110 médicaments de 35 à 15%.

Et dans le même temps, les frais des mutuelles augmentent, et les frais de santé d'une part toujours plus importante de salariés qui n'ont pas accès à la CMU, ne sont couverts par aucune autre assurance.

Et c'est l'ensemble de nos services hospitaliers que le gouvernement s'apprête à faire démanteler. Car au nom du plan d'économie de 4 milliards d'euros par an, 20 000 emplois d'ici 2012 et 300 à 400 établissements de santé doivent être supprimés.

Mais les déficits ne cessent de se creuser, car les gouvernements continuent d'exonérer les entreprises du paiement de leurs cotisations; 30,7 milliards d'euros de cotisations sociales exonérées en 2008, l'équivalent du déficit de la sécurité sociale justement. Car les trusts pharmaceutiques continuent à encaisser, en imposant le prix des médicaments, des milliards de profits pour leurs actionnaires. Et les investisseurs ont encore beaucoup d'argent à se faire sur les ruines de notre réseau hospitalier, en développant cliniques et autres établissements privés qui surfactureront leurs services aux mutuelles, aux cotisants !

Ce sont les malades qui paieront toujours plus cher, les moins riches qui trouveront de grandes difficultés à rester en bonne santé, à se faire soigner.

En août dernier, la loi Mallié a donné tout le loisir aux préfets pour définir des "zones touristiques d'affluence exceptionnelle" au sein desquelles le travail dominical est autorisé dans les commerces de détail, sans que l'employeur ait même obligation de majorer les heures de travail de son personnel. Le législateur aide les grandes enseignes à doper les chiffres d'affaire et les profits des magnas de la distribution.

C'est la vie sociale des salariés des Leroy Merlin, Castorama, Ikea, Fnac, Virgin, Carrefour, Ed, Casino et de tous les autres magasins qui en pâti. C'est toute la vie associative et familiale des salariés que le Capital déstructure et subordonne à ses besoins d'accumulation 7 jours sur 7.

Dans les Monop' parisien, les caissières sont astreintes à travailler jusqu'à minuit et 1 heure du matin. La direction de la La Poste privatisée prend le nouveau plis, elle veut imposer l'ouverture des guichets jusqu'à 21 h30 !

Alors qui s'étonnera dans ces conditions, de la recrudescence de la délinquance juvénile dans les quartiers populaires, qui s'étonnera simplement que la réussite scolaire et professionnelle des enfants d'ouvriers et d'employés soit pénalisée du fait de l'absentéisme imposé par le patronat, des parents ?

Le nombre de chômeurs ne cesse de s'accroître, les plans de licenciements dans l'automobile succèdent aux plans de licenciements dans la sidérurgie, à Total et dans de plus en plus nombreuses entreprises des services. Mais depuis 2008, par le biais d'un accord d'entreprise, les directions peuvent librement fixer le contingent d'heures supplémentaires autorisées pour chaque salarié.

Malgré une baisse de 7% des heures supplémentaire déclarées par les entreprises en 2009 par rapport à l'année précédente, 676 millions d'heures supplémentaires ont été travaillées selon les chiffres officiels, soit l'équivalent de 433 000 emplois à temps plein !

Alors que la semaine d'un travailleur à temps plein dans le pays dépasse en moyenne les 41 heures, pour ne pas embaucher, pour économiser des profits, le patronat allonge encore la durée du temps de travail, en pratique!

Les salaires sont bloqués, dans de nombreux corps de métiers, les salaires baissent. Le patronat veut contraindre la classe salarié à travailler toujours plus, au dépend de leur santé et de leur épanouissement personnel, pour des salaires toujours plus bas !

Camarades !

Si les travailleurs du pays n'apportent pas une réponse tranchante à chacune des attaques patronales, le gouvernement peut aller encore et toujours plus loin et détruire les derniers droits et défenses sociales de la population travailleuse. C'est une certitude !

Si nous restons la masse inerte, placide, désabusée, alors nous laissons le gouvernement des capitalistes décider à notre place, nous laissons les chefs syndicalistes, les Thibault et les Chérèque accepter les deals de Sarkozy qui nous soumettront à la volonté du Medef et de sa Parisot !

Écoutez qui m'entendez !

Après les élections régionales, le gouvernement ouvre à nouveau le dossier des retraites. L'État entend liquider les derniers régimes spéciaux, prendre les mesures qui réduiront le montant des futurs pensions des fonctionnaires.

Et pour tous les travailleurs et salariés de France, le gouvernement veut rallonger le nombre d'années de cotisations qui donne droit à une pension à taux plein. Ce nouveau recul, les politiciens pantins des fonds de pension privés le justifie au nom de la sauvegarde du régime de répartition et ils tentent d'impressionner les esprits à l'aide de quelques pronostics mensongers.

Mais seuls 38% des 55-64 ans sont à ce jour occupés. Est ce que le rallongement de la durée de cotisation donnera du travail à nos quinquagénaire et à nos sexagénaires ? Non ! Donc, est ce que le rallongement de la durée de cotisation augmentera le volume de cotisation aux régimes des retraites ? Non !

La propagande du gouvernement est mensongère, le gouvernement ment pour faire avancer les intérêts des oligarchies patronales, pour ouvrir de nouveaux champs d'exploitation des travailleurs-consommateurs- patients -usagers-retraités.

Pour combler les besoins de financement des retraites d'ici 2020, il suffira d'y consacrer 1 point du PIB supplémentaire ! Voilà la simple vérité ! La collectivité ne peut-elle consacrer 1 point de PIB supplémentaire pour assurer une retraite descente aux anciens. Si elle le peut. Elle le doit.

Nous ne voulons pas accepter le plan d'appauvrissement de la majorité qui travaille et produit les richesses de la Nation. Nous ne voulons pas accepter la paupérisation absolue, c'est de cela qu'il s'agit, de notre génération et des prochaines générations.

Nous devons nous préparer au combat !

Pourquoi accepter une dégradation sans précédent de nos conditions de vie?

La terre de la Beauce ne donne t'elle plus de blé, les vignes du bordelais du raisin, les terres de Normandie l'herbe grasse qui récompense nos vaches laitières ? Les ouvriers et les ingénieurs de PSA ou de Renault ne sont-ils plus capables de produire des automobiles ? Les camionneurs et les coursiers ne sont-ils plus capables de transporter des marchandises, les facteurs des lettres et des colis ?

Nos capacités de production ont t'elles baissées, la productivité du travail s'est t'elle effondrée? Les entreprises recherchent-elles en vain du personnel qualifié ? Manque t'il à la collectivité les hommes et les femmes de bonne volonté pour prendre des responsabilités dans l'entreprise, pour accomplir quelques nouvelles recherches savantes? La France manque t'elle de travailleurs dévoués et consciencieux ?

Rien de tout cela !

La seule raison qui peut expliquer la dégradation de nos conditions de vie, c'est la raison du capital !

Les capitalistes veulent augmenter leurs profits et maintenir leur taux de profit.

Les profits, c'est le travail non payé, c'est le produit de l'exploitation des travailleurs salariés. Pour augmenter les profits, il faut faire pression sur la masse salariale; licencier et remplacer l'homme par la machine, abaisser les salaires ou bloquer leur augmentation alors que les prix des biens de consommation et des services augmentent. Il faut augmenter les cadences dans l'industrie, réduire les temps de pause, industrialiser les procès dans les services, augmenter la pression sur les salariés. Et l'ouvrier et l'employé, le technicien, le cadre peuvent s'user vite à leur tâche car le pays compte des millions de chômeurs.

Il faut allonger le temps de travail, demander toujours plus aux travailleurs esclaves pour toujours moins de salaire, toujours moins de reconnaissance, toujours moins de perspectives d'évolution dans l'entreprise et dans le monde. Il faut augmenter la concurrence entre travailleurs sur un même marché du travail en important des centaines de milliers d'esclaves de l'étranger auxquels l'État n'accordera aucun droit de se défendre.

Et c'est la crise. Car les forces productives sont trop à l'étroit par rapport au marché solvable existant. La concurrence est exacerbée entre les grands groupes mondiaux qui veulent produire toujours plus pour abaisser leurs coûts de production et s'assurer le monopole. Mais une fois le marché saturé, ils ne peuvent réaliser le profit de la vente de leurs marchandises.

Ainsi, malgré les milliards de profits réalisés par les banques, les compagnies d'assurance, les monstrueux trusts du pétrole, de l'armement, de l'automobile, de la chimie, de la pharmacie... les niveaux de rendement de leurs fonds propres pourraient s'effondrer entre 8% et 12% tandis qu'ils se maintenaient entre 15 et 20% ces dernières années.

Les capitalistes s'occupent donc de rétablir les bonnes marges.

Comment ?

En accélérant le rythme de l'offensive contre les travailleurs, en "accélérant les réformes" !

Donc en augmentant la pression sur la masse salariée. En recherchant de nouveaux champs d'accumulation par l'extension des rapports marchands à des secteurs socialisés de l'économie, ou en développant des produits bien réels, au coût bien réel, pour satisfaire des besoins factices.

Ainsi avons-nous été témoins ces derniers mois d'une incroyable campagne de désinformation et de dramatisation contre cette pandémie de grippe A, campagne orchestrée de toute pièce par les laboratoires pharmaceutiques, les Sanofi Aventis, Novartis, Baxter ou GSK, avec l'appui indispensable de leurs obligés à l'Organisation Mondiale de la santé, et toute la crapule corrompue de nos gouvernements, à seule fin de vendre à la masse paniquée des vaccins empoisonnés !

Pour soutenir l'activité et les profits de ses industries nationales, les États, en France comme en Grèce, aux États-Unis comme en Allemagne endettent la Nation. Les États accordent des milliards de subventions pour soutenir les exportations, pour maintenir les prix les plus compétitifs sur le marché mondial, pour maintenir la rentabilité nécessaire aux entreprises de leurs capitalistes qui resteront attractives et attireront de nouveaux capitaux.

Mais les problèmes ne sont pas résolus pour autant bien au contraire. Les contradictions ne sont que repoussées à plus tard, les problèmes déplacées des entreprises industrielles au secteur bancaire, des entreprises à l'État, d'une région et d'une Nation à l'autre.

Le gouvernement a accordé une prime à la casse pour soutenir le marché de l'automobile en France. Mais en 2013, la dette publique pourrait friser les 100% du PIB. À quelles sacrifices les populations devront-elles encore se soumettre pour rembourser les seuls intérêts de la dette qui s'apprêtent à atteindre les 4% du PIB; 90 milliards d'euros ! 10% du produit des prélèvements obligatoires !

Les banques sont pressées par le gouvernement de continuer à accorder des crédits aux ménages et aux entreprises. Mais comment la BNP Paribas, première banque française, se débarrassera t'elle de son enveloppe de 37 milliards d'euros d'actifs toxiques au cours des prochains mois ?

Les gouvernements, autant qu'ils acceptent de se soumettre aux voeux des puissances de l'Argent, des oligarchies capitalistes, de toute la bourgeoisie corrompue dans sa morale, profiteuse de l'ordre inégalitaire, ne seront jamais capables de solutionner les problèmes de l'actualité.

Les contradictions du capitalisme sont insolubles sans destruction des rapports de production capitalistes eux-mêmes. Comme le développement des forces productives se heurtent aux rapports de production capitalistes, il faut en finir avec ce régime. Il faut en finir avec l'anarchie du marché, il faut en finir avec la propriété bourgeoise, avec ces puissances publiques aux ordres des milliardaires.

Que périssent sous notre feu les classes qui s'opposent à la gestion commune de l'économie! Qu'elle périsse la nouvelle réaction qui ne veut pas laisser sa place aux travailleurs-consommateurs associés qui réguleront la production et la distribution en vue de satisfaire les besoins utiles des populations !

Qu'ils périssent ceux qui s'attachent à la propriété capitaliste, produit de l'exploitation, produit du vol des producteurs, produit des trafics, produit de la rapine coloniale et impérialiste, produit de la destruction de la santé des Hommes, produit de la pollution des ressources de la nature qui sont les sources de la vie.

Raisonnons pour nous-mêmes !

Ne nous laissons pas manipuler par ceux qui dominent. Ils ne sont pas à leur place en vertus de leurs mérites et de leurs capacités, de la grâce d'un Dieu tout puissant, mais en vertus de leur méchanceté, de leur corruption et surtout; de notre désengagement, de notre fatalisme, de notre désintérêt de la chose publique, du désintérêt que nous portons pour nous-mêmes et pour nos propres conditions d'existence.

Définissons l'ensemble des objectifs de transformation sociales nécessaire à notre plus complet épanouissement, nous travailleurs, salariés du Capital qui vivons la vie d'esclave ! Rendons nous compte de la misère matérielle et morale à laquelle les dominants nous cantonne, et des potentiels infinis que nous portons en nous et qui pourraient s'exprimer, librement, dans un cadre nouveau, dans une société nouvelle!

Réfléchissons, concentrons-nous, cherchons la voie qui, une fois empruntée par la classe salariée en révolte contre la situation qui lui est faite et en révolution pour elle-même, nous promet le bonheur dans la prospérité et la liberté !

C'est ainsi que les communistes pensent leur programme politique.

Tous les travailleurs du pays doivent progressivement penser le programme de la transformation socialiste qui trouve son application dans chaque ville et chaque entreprise, chaque région, chaque Nation et chaque union de Nations.

Partons de nos difficultés toutes simples qui nous empêchent d'aller de l'avant, qui sont gâchis de notre temps, de nos facultés et de nos potentiels. Nous allons trouver les solutions à chacun de ces problèmes, nous allons trouver les moyens nécessaires à la solution des problèmes.

Qu'une Liliane Bettencourt ne puisse continuer à ruiner sa progéniture avec son gigolo ne nous émeut guère. Que des maffieux capitalistes ne puissent continuer à brûler des centaines de milliers de litres de carburant dans leurs yachts superpuissants ou dans leurs jets privés, nous nous en réjouissons d'avance !

Nous allons contre les intérêts des capitalistes parce que le mode de production et de consommation qu'ils nous imposent pour que soient satisfaits leurs intérêts personnels est mauvais. Il ne correspond plus depuis longtemps au développement des sociétés, il ne concorde plus avec l'émancipation de notre genre !

Pour satisfaire nos besoins humains, en toute conscience pour arriver à notre épanouissement le plus total et complet, nous ne nous fixons pas de limite d'avance, nous allons contre les intérêts des capitalistes, contre le système de propriété capitaliste, nous sommes en guerre de classe, contre la bourgeoisie, classe exploiteuse, contre les institutions de son appareil de domination, contre son parlementarisme pourri, contre ses fonctionnaires commandés par les intérêts de la Finance, contre ses municipalités et régions, organisations de gestion de la misère de leurs budgets, contre sa hiérarchie policière.

Nous allons au socialisme, sans crainte de la révolution et de l'épreuve de force libératrice.

Maintenant, camarades, parlons ensemble des mesures que nous devons prendre pour atteindre notre but, et du caractère de notre mobilisation pour gagner !

Partons de nos besoins, et voyez comment la satisfaction des intérêts particuliers des différentes catégories populaires peut concourir à la satisfaction des intérêts et revendications de l'ensemble du prolétariat et du peuple travailleur.

La grande majorité des travailleurs et leurs familles doivent se priver. Les salaires sont trop bas.

Et ce n'est pas la possession d'une voiture, d'un abonnement téléphonique vendu avec le dernier iphone ou l'accès à internet qui marque la richesse et l'embourgeoisement des foyers prolétaires ! C'est le mode de production présent qui dicte la plupart des dépenses aux ménages, des dépenses sur lesquels il est devenu difficile de revenir, des dépenses que la société capitaliste impose aux producteurs, soit pour se présenter à la bonne heure au bureau ou sur le chantier; la voiture, soit pour rester joignable par ses collègues ou son employeur; le portable; informés des dernières offres de travail sur le site de Pôle Emploi, des offres commerciales, réaliser ses démarches administratives; internet.

En échange de leur vie de labeur, des hommes et des femmes peinent à offrir les garantis pour trouver une ou deux pièces d'un appartement à louer, ou ils doivent se contenter d'un logement exigu, dégradé, excentré des centres d'activité. Des millions de familles salariées ne peuvent même plus trouver les moyens de bien manger et bien boire, avec une alimentation variée et saine, qui donne à la fois l'énergie, la santé et le plaisir.

Combien parmi nous sont condamnés à ne connaître aucun autre loisir que celui de la télévision et de quelques autres jeux virtuels qui deviennent autant d'outils d'aliénation exploités par les classes dominantes ?

Parce que les salaires sont trop bas, des travailleurs attendent après les heures supplémentaires, mais du même coup perde toute leur vie à la gagner si mal. Ils s'usent sur les chantiers, ils s'usent sur les routes, en usine, ils ne seront pas bien récompensés de leurs efforts. Leurs jours de repos appartiennent à peine au travailleur qui doit reconstituer sa force de travail, qui doit dormir et économiser son énergie avant de reprendre le rythme de la production.

Enfants et conjoint lui deviennent étrangers, l'horizon du salarié se borne à la vie de l'entreprise, aux tâches qui lui sont assignées, appauvrissantes pour le corps et l'esprit, à force d'être répétées. Bientôt, en dehors de la place qu'il occupe dans l'appareil de production le travailleur esclave du capital, esclave de la machine se sent perdu. Il n'est plus rien, ses multiples qualités et potentiels ont été gâchés.

Le travailleur aura été dur à la tâche en songeant à la maison qu'il veut faire construire et à sa retraite mérité, nouvelle vie synonyme de liberté. Mais le travailleur qui a été dure à la tâche meurt jeune et en mauvaise santé. Il ne profitera guère de la maison qu'il aura fait construire dans une de nos provinces ou dans un de nos lointains bleds africains !

En acceptant de travailler plus pour gagner plus, le travailleur abandonne sa revendication pour l'augmentation des salaires. Ainsi, en acceptant de travailler plus, les salariés contribuent carrément à renforcer la tendance à la baisse générale des salaires.

Non ! Pour gagner plus, nous ne devons pas accepter de travailler plus au dépend de notre épanouissement personnel et de la bonne conduite de notre ménage ! Nous devons revendiquer des augmentations de salaire ! Nous devons nous mobiliser pour l'augmentation des salaires ! Dans chaque entreprise et dans chaque branche d'activité, les travailleurs doivent rallier leurs syndicats, en masse, et participer activement à la préparation d'une succession de grèves partielles et générales qui finiront par soumettre le patronat à leur volonté.

Nous les ouvriers et les employés, nous voulons une meilleure alimentation, avec des fruits qui ont du goût et des légumes riches en sels minéraux, nous ne voulons plus nous contenter de viandes surchargées de graisses, de mauvaises pizzas surgelées, des sorties au kebabs ou au Quick, nous voulons le meilleur ! Nous n'allons pas non plus passer notre vie à souffrir au travail et à nous préoccuper du remboursement du crédit d'un modeste appartement.

Nous voulons de l'argent, vite ! Pendant qu'il est temps de vivre, parce que plus tard, nous avons rendez-vous avec la mort, et qu'il ne sera plus temps de profiter des richesses et des plaisirs du bas monde !

Les patrons n'ont pas d'argent pour nous payer ? Ils mentent ! Les grands groupes capitalistes qui rachètent d'autres entreprises concurrentes et qui nous emploie prospèrent en vertus des profits que les capitalistes dégagent, des salariés qu'ils exploitent !

Rendez nous notre dû !

Les milliards de dividendes aux principaux actionnaires des grands groupes n'ont aucune justification du point de vue de la production. Les propriétaires des actions sont étrangers à la production, les riches actionnaires ne sont ni les ouvriers, ni les techniciens, ni les ingénieurs, ni les comptables, ni même les gestionnaires des entreprises.

Nous sommes travailleurs intéressés à l'accroissement de la production pour améliorer nos conditions de vie, nous ne sommes pas intéressé à travailler et à produire pour accroître le seul niveau de vie d'une poignée d'exploiteurs et de corrompus. Les familles de milliardaires sont inutiles à la bonne marche de la société. Nous n'avons pas besoin d'eux ! Réapproprions-nous leurs fortunes, leurs fortunes sont le fruit de notre labeur, celle de générations et de générations de travailleurs paysans et ouvriers !

Exproprions les riches actionnaires et augmentons les salaires des travailleurs ! Arrachons la propriété du Capital aux grandes fortunes et devenons les propriétaires collectifs de nos instruments de travail !

Voilà les moyens tout trouvés pour satisfaire la revendication salariale.

Vous êtes peut être de ces salariés compréhensifs qui avez ajourné une grève, gêné d'exiger une augmentation de salaire à l'annonce des difficultés et mauvais résultats de votre entreprise ?! Mais chers collègues !

Si des entreprises se retrouvent en difficulté pour x ou y raison de stratégie et management ? Ce n'est pas notre affaire !

Si telle direction d'une entreprise n'est pas capable d'assurer la progression des revenus de ses salariés, d'accroître la productivité du travail, si une équipe avec son directeur et se cadres supérieurs, dans notre société de marché, n'est pas capable de récompenser les investisseurs comme ils l'entendent, chers collègues, mais que cette direction saute ! Que cette entreprise se fasse effectivement rachetée par une autre, au management plus efficace. Que le plus fort l'emporte sur le plus faible !

Demain, il reviendra à nous seul de former les directions compétentes des entreprises, responsable devant nous et devant la société toute entière et pas devant les intérêts du grand Capital. Mais tant que nous ne sommes pas encore en ces capacités, surtout, que les mauvaises directions capitalistes ne comptent pas sur notre soutien ! Qu'elles se fassent éliminer du marché si elles ne peuvent pas satisfaire nos exigences !

Les salariés trouveront de meilleurs maîtres ! Nous devons cesser absolument de dicter notre conduite par des motivations non rationnelles. Nous devons cesser de faire du sentiment avec le patronat et ses intermédiaires. C'est la défense de nos intérêts égoïstes de classe qui autorise notre avancement et avec nous celui de la société toute entière!

Non seulement il n'est pas de notre intérêt de payer les conséquences directes de la gestion désastreuse de l'entreprise qui nous emploie, mais bien au contraire, nous sommes intéressés collectivement, au progrès de la rationalisation de la production, à la meilleure gestion managériale, à la restructuration intelligente des services, à l'élimination des postes de complaisance, à la réorientation des inactifs !

Ne perdons jamais à l'esprit que l'outil de travail perfectionné dont le Capital a besoin dans sa lutte contre la concurrence, ce sont des outils qui deviendront notre propre possession. Et bien nous voulons débuter la construction du socialisme avec les meilleures outils !

Certains parmi nous soutiendront qu'il faut craindre l'accroissement de la productivité du travail. L'utilisation des nouvelles techniques, une gestion plus efficace de l'organisation du travail et de la production s'accompagneraient de licenciements et d'une perte d'emplois. Ces copains raisonnent mal. Car si l'accroissement de la productivité permet de produire plus avec autant ou moins de travail, sans élever les prix des marchandises vendues sur le marché, elle nous permet d'exiger non seulement l'augmentation des salaires, mais encore la baisse du temps de travail avec le maintien des emplois concernés !

Dans la lutte pour la défense des intérêts salariés, il est impossible de limiter ses objectifs à une revendication. Chaque victoire partielle appelle la victoire autours de nouveaux objectifs partiels et ce, jusqu'à la victoire complète des travailleurs, jusqu'à la substitution de l'économie socialiste planifiée à l'économie capitaliste.

Aucun licenciement, aucun départ en retraite non renouvelé ne doivent être tolérés. Nous devons opposer à chaque fois une lutte énergique avec débrayage de tous les collègues solidaires, une grève jusqu'à satisfaction, quand les directions de nos entreprises tenteront de répercuter au désavantage de toute la classe salariée, les progrès réalisés dans la production.

Dans ces conditions, nous ne devons pas craindre l'accroissement de la productivité du travail bien au contraire !

Chaque nouveau gain de productivité dans une entreprise doit s'accompagner à la fois d'une augmentation des salaires et d'une baisse du temps de travail. C'est une règle d'or que nous proposons à tous les travailleurs et leurs syndicats et qui pourrait être complétée, avec l'accord de l'ensemble des syndicats de chaque profession concernée, par une baisse des prix à la vente pour le consommateur.

Dès que nous avons changé le rapport de force dans l'entreprise, les syndicats et les comités de travailleurs doivent même faire adopter et généraliser les meilleures méthodes qui font économiser le travail et qui facilitent l'exécution des tâches.

Car avant que nous puissions faire tomber le coup fatal au système patronal, par le haut, nous devons progressivement arracher, en bas, dans chaque entreprise après l'autre et chaque secteur d'activité après l'autre, une part croissante des prérogatives patronales, par notre organisation et par la grève. Nous devons devenir le contre pouvoir qui deviendra bientôt le dirigeant véritable de l'entreprise et de son réseau.

Ainsi voyons-nous que parallèlement à notre lutte pour l'augmentation des salaires, c'est l'accroissement de la productivité que nous favorisons, qui rend à son tour possible l'augmentation de notre temps libre de même qu'une amélioration du pouvoir d'achat pour tous les salariés-consommateurs.

Les pantins politiciens de la bourgeoisie, à nos propositions, tenteront de paniquer l'opinion.

Quand nous proposons de partager le bénéfice des gains de productivité entre les travailleurs et les consommateurs, nous oublions le Capital !

Qu'ils se rassurent, nous ne les avons pas oublié. Seulement, nous leur avons réservé une nouvelle place, celle que les capitalistes occuperont selon leur mérite et leur travail et non selon leur héritage familial, non selon la grandeur de leur patrimoine !

Et non chers spécialistes de l'économie de gestion bourgeoise, les capitaux ne s'enfuiront pas! Non messieurs, les patrons ne mettront pas la clef sous la porte, ils ne fermeront pas les usines, ils ne délocaliseront pas vers l'étranger, non, non, non !

Car encore une fois puisqu' il le faut, les capitalistes seront expropriés, les entreprises socialisées !

C'est le peuple travailleur qui, après avoir constitué son propre gouvernement devient propriétaire des entreprises industrielles, commerciales, des banques et des compagnies d'assurance. C'est le nouveau pouvoir qui dorénavant oriente les investissements en fonction des besoins utiles à satisfaire, c'est à lui que revient la gestion du budget de la nation !

Le peuple ne veut plus se laisser aller diriger par la spéculation aveugle !

Camarades !

Nous apportons une réponse à toutes les questions les plus pressantes de l'actualité. Pas l'actualité imaginaire des stars system, l'actualité vécue du peuple. Et voyez comment de la solution d'un problème résulte la solution d'un grand nombre d'autres problèmes, la solution à toute la question sociale !

Le taux de chômage officiel a déjà dépassé les 10% de la population active. Officiellement, un travailleur sur 10 est privé d'emploi. Mais dans les faits, si nous intégrons aux statistiques l'ensemble de ceux qui sont en capacité de travailler, qui ne travaillent pas mais qui ont été écartés des statistiques; les plus de 57 ans, ceux qui ont été radiés des listes des chercheurs d'emploi, qui, en fin de droit, ne prennent plus la peine de s'inscrire comme demandeur d'emploi, si nous prenons en compte l'ensemble des jeunes qui ont fini leurs études et leur formation professionnelle mais qui ne travaillent pas, ou très irrégulièrement, alors ce n'est pas 3 millions de chômeurs que nous pouvons enregistrer dans le pays mais bien plutôt 6 millions, et pas moins !

C'est donc deux travailleurs sur dix qui se trouvent sans emploi, qui ne sont pas privés des capacités physiques et intellectuelles qui leur permettraient de participer à la vie productive, d'apporter leur contribution à la création des richesses dans le pays, et qui sont pourtant maintenus à l'écart de la production.

Nous voyons les choses telles qu'elles sont. Nous ne voulons taire aucune vérité. Ce n'est pas nous qui cacherons l'existence de ceux, parmi les chômeurs, qui se sont démotivés, qui ont perdu confiance en eux et qui ne prennent même plus la peine de chercher un emploi, ou bien qui refusent de travailler pour des salaires si bas, que le revenu qu'ils tirent de leur travail se trouve inférieur à celui qu'il pourrait tirer de l'assistance.

Mais l'essentiel n'est pas là, dans la responsabilité individuelle des chômeurs. L'essentiel tient dans l'organisation de notre économie.

L'essentiel, c'est qu'il n'y a pas de travail pour tous, qu'il y a une dure sélection mais qui laisse sur le carreau, quels que soient les qualifications des travailleurs et le degré de leur motivation; 20% de la population en capacité de travailler.

Les taux de chômage qui battent des records sont le résultat direct de la crise de surproduction, de la contradiction entre le développement sans limite des forces productives et la contraction des marchés solvables. Les entreprises qui, en concurrence, se sont lancées dans une course effrénée à la production doivent tôt ou tard rééquilibrer leurs capacités de production à la réalité du marché et de son évolution. Les entreprises restructurent leurs activités autours de quelques-uns de leurs centres, licencient. Le taux de chômage augmente. Dans le cadre de l'économie de marché, une crise de production sectorielle succède à une autre, la crise de surproduction dans le secteur de la téléphonie mobile succède à celle de la sidérurgie, du lait, de l'automobile ou de la distribution.

L'ensemble des partis qui subordonnent leur volonté au Capital et à son anarchie économique ne peuvent pas trouver de solution au problème du chômage. Car tant qu'est laissé à chacun des groupes de l'industrie et de la distribution en concurrence, la responsabilité de définir leur stratégie de développement, d'investir des milliards d'euros selon des objectifs de production qu'eux seuls ont déterminés, indépendamment des objectifs de leurs concurrents, indépendamment des besoins réels des consommateurs, alors la surproduction guette, donc les licenciements et le chômage de masse.

N'est-il pas d'ailleurs symptomatique qu'aucun des partis de la droite ou de la gauche bourgeoise ne promette plus d'en finir avec le chômage ! Ils ont renoncé !

La politique de la "gauche plurielle" a fait faillite, la baisse du temps de travail ne conduit pas, dans le cadre de l'économie de profit, à la baisse du chômage. La politique de l'UMP a fait faillite, le "travailler plus pour gagner plus" n'a aucun impact positif sur le marché de l'emploi bien au contraire !

Pour liquider le chômage, et vous entendez bien, liquider le chômage car nous entendons bien liquider ce fléau, nous devons rompre avec la gestion capitaliste des entreprises. Nous devons subordonner l'activité des grands groupes à une direction unique, exécuteur des volontés de la collectivité des travailleurs et consommateurs. Il faut substituer à la dictature anarchique du marché capitaliste une planification socialiste démocratique.

En réglant la production sur les besoins de la consommation, à l'avance, sans se laisser guider par aucune main invisible chère aux écoles libérales, en se libérant de l'obscurantisme du marché, la société peut optimiser la gestion de la main d'oeuvre disponible. Dans le cadre socialiste, les travailleurs peuvent se répartir harmonieusement entre les différentes branches d'activité utiles, la société se trouve capable de répartir la charge de travail elle-même, en fonction de la nécessité et en fonction des capacités de chacun, entre tous les actifs.

Mais dès maintenant camarades, nous voulons engager la lutte pour la liquidation du chômage. Car l'objectif du plein emploi est une lutte, la notre, d'une brûlante actualité. Celle de tous les travailleurs qui sont empêchés de vivre dignement, par leur travail, qui se sont retrouvés sans emploi, celle de tous les travailleurs qui travaillent et qui refusent de payer pour les caisses de l'assistance publique parce que le régime patronal rejette des millions d'entre nous dans l'indigence. La lutte contre le chômage, c'est la lutte de l'ensemble des travailleurs qui veulent empêcher le patronat d'utiliser le chômage comme une épée de Damoclès pendue au dessus de leur tête, pour les faire chanter, abaisser les salaires et détériorer les conditions de travail.

Quand dans leur entreprise les salariés empêchent les licenciements et exigent que les nouveaux gains de productivité se traduisent par une baisse du temps de travail plutôt que par des suppressions d'emploi, ils contribuent à cette lutte contre le chômage. Mais il n'y suffira pas. Nous avons 6 millions de chômeurs à réintégrer dans la vie de l'entreprise. Intégrer les millions de chômeurs que comptent la Nation, voilà l'objectif des communistes, c'est l'objectif que doivent se fixer l'ensemble de nos syndicats.

À raison de 2 intégrations nouvelles par groupe de 8 salariés, 20 intégrations nouvelles par entreprise de 80 salariés, nous atteindrons notre objectif. Donc notre mot d'ordre d'embauche des chômeurs est un mot d'ordre qui sera appliqué par notre gouvernement révolutionnaire, mais il est aussi un mot d'ordre d'action, il trouve son application dans nos luttes d'entreprise, à ce jour même !

Nous menons la lutte pour l'embauche de nouveaux salariés dans l'entreprise. Pour ce faire, nous obligeons, par le blocage de la production s'il faut démontrer notre détermination, les directions de nos entreprises à embaucher ces travailleurs. Nous engageons de même les salariés qui ont perdu leur emploi à rester organisé dans leur fédération syndicale, à s'organiser au sein de comités de chômeurs qui revendiqueront l'embauche de leurs membres, en s'imposant par la force, soit en stoppant les flux de marchandise, de l'extérieur des entreprises, soit en mettant le patronat sur le fait, sans lui en demander la permission, en s'intégrant aux activités dans les entreprises et en commençant le travail à leur nouveau poste, avec l'appui de tous les nouveaux collègues.

Alors évidemment, 10 ou 20% de travailleurs de plus en activité, c'est 10 ou 20% de production en plus. À niveau de production égale, nous revendiquons donc une nouvelle baisse du temps de travail.

Le patronat ne veut pas payer des salaires supplémentaires ? Nous leur répondrons que les salariés du pays ne veulent pas payer les allocations des chômeurs, qu'ils ne veulent pas travailler plus pour gagner moins alors que des millions de travailleurs attendent leur embauche.

Nous répondons au patronat que la collectivité des travailleurs qui sont aussi les habitants des quartiers populaires ne veulent pas subir les vols et les dégradations, le climat de tension qui pourri bien trop souvent la vie de nos quartiers. Car l'insécurité, l'autorité de la petite voyoucratie, c'est la conséquence directe du chômage de masse, de la ghettoïsation et de l'exclusion du marché du travail de fractions entières du prolétariat et de sa jeunesse.

Nous leur répondrons que nous ne voulons pas payer plus d'impôts pour payer plus de police, de vigiles, d'indicateurs, de caméras de vidéosurveillance, d'avocats et de juges, de surveillants de prisons et d'assistants sociaux.

Nous qui sommes communistes pensons au bien commun du peuple travailleur. L'entreprise capitaliste défend le bien de ses capitalistes. Il y a lutte d'intérêt. Et bien la victoire d'une force sur l'autre, nous entendons la remporter !

Donc le patronat paiera les salaires des nouveaux embauchés. Quand il ne pourra plus satisfaire nos revendications, alors viendra vite le moment de nous passer tout à fait de la domination patronale !

Plus nombreux au travail, nous créons plus de richesses, plus nombreux au travail, nous pouvons dégager plus de temps libre.

Gagner du temps libre en dehors du travail, c'est exactement ce que nous voulons ! Sans craindre d'apparaître trop radical, nous revendiquons la journée de 5 heures !

Notre journée de 5 heures peut aussi devenir 25 heures par semaine et 100 heures par mois. Ce n'est pas à un centre déconnecté des réalités de la production de fixer unilatéralement pour tous les secteurs d'activité une même organisation du temps de travail ! Certains groupes de travailleurs suivant les impératifs de leurs activités opteront pour les 25 heures répartis sur 3 jours, ou bien répartiront leur mois entre trois semaines de travail et une semaine de repos.

Mais pourquoi une baisse si radicale du temps de travail ? Parce que c'est possible !

Quand la productivité industrielle s'est accrue en France de 1055,22% en moins de 50 ans (entre 1951 et 2000), qu'elle a bondi dernièrement de 47% entre 1998 et 2007, oui, nous disons que nous pouvons travailler beaucoup moins !

La baisse radicale du temps de travail est absolument nécessaire pour la pleine réalisation des individus.

Et qu'ils cessent leurs racontars, les tenants de l'ordre actuel qui nous mentent ! Le travailleur ne peut pas s'épanouir à son poste de soudure, au volant de son camion, au téléphone, en caisse ou au cul de ses vaches, 35 ou 45 heures par semaine. Jugez-en par vous-même ! Et s'ils doutent encore les politiciens, journalistes et universitaires du système, qu'on les place en usine ou dans un centre d'appel, juste pour l'expérience ! Ne craignons pas de présenter quelques propositions ouvriéristes !

Comment pouvez-vous dans une même semaine, pratiquer une activité sportive, passer du temps avec votre famille, vous cultiver l'esprit, vous informer de la bonne marche du monde et vous investir comme citoyen en participant à la vie des partis, des syndicats, des associations ?

Aujourd'hui, vous en êtes réduits à faire des douloureux choix. Soit la vie de famille mais sans la perspective d'évolution professionnelle, soit les entraînements sportifs mais des rapports domestiques électriques, soit une activité militante soutenue mais sans disposer du temps nécessaire pour se ressourcer.

La condition de notre épanouissement n'est elle pourtant pas le développement harmonieux de l'ensemble de nos capacités ? Sommes-nous ici sur terre pour accepter la mutilation de notre corps et de notre esprit ?

Certainement pas ! Et la dépression, l'alcoolisme, l'usage des drogues les plus dangereuses, la fuite du monde réel et la soumission à des pratiques sectaires sont clairement des phénomènes qui traduisent les révoltes destructrices du travailleur, toujours diminué dans son existence sociale.

Nous voulons l'épanouissement le plus total et le plus complet de chacun des membres de la société.

Nous fixons donc cet objectif très claire, à notre lutte de classe contre les capitalistes, et demain à notre travail de construction du socialisme; mettre à disposition tous les moyens disponibles de la collectivité en vue du plein développement des facultés de chacun.

C'est la raison pour laquelle, les communistes ont horreur du gâchis des ressources matérielles, des forces humaines ou des éléments de la nature, gâchis consubstantiels à l'économie capitaliste et aux planifications bureaucratiques des premiers États ouvriers.

Nous refusons qu'ont laisse sous terre les talents du peuple.

Nous sommes tout à fait convaincus que le libre développement de chacun est la condition au libre développement de tous. Mais si cette perspective d'émancipation du genre humain est proche, elle ne se fera pas en dehors de la volonté combattante du prolétariat. Il faut mener à bien notre oeuvre de destruction créatrice, détruire les rapports bourgeois d'exploitation pour y substituer le mode de production fondé sur la coopération.

Justement, le régime de coopération est impensable en dehors d'une participation active des producteurs au nouveau régime de démocratie. Et c'est pour cette raison aussi qu'une baisse du temps de travail est strictement nécessaire.

La démocratie bourgeoise a surtout intérêt à écarter le plus possible les travailleurs de la participation à la vie politique. La bourgeoisie et ses représentants privilégiés doivent garder le monopole dans l'exercice du pouvoir. Combien sont-ils les élus issus de la classe ouvrière au parlement ou dans les autres institutions représentatives ? Faites le calcul !

Des agriculteurs et des professeurs sont nombreux à faire partie des conseils municipaux des communes rurales. Mais au dessus ? Des bourgeois, des notables, des hauts cadres. Pas d'ouvriers, pas d'employés, pas de techniciens, pas d'artisans ou d'agriculteurs. Ce sont les hommes et les femmes du peuple qui sont exclus, de fait, des institutions représentatives.

Car pendant que nos notables s'amusent au jeu démocratique libéral, la grande majorité du peuple est au travail et à ses heures supplémentaires, à ses courses, à ses démarches administratives interminables, dans les embouteillages et les transports en commun, à la lessive ou à la cuisine... Le travailleur "n'a pas le temps de s'occuper de politique" ! Les travailleurs sont à chaque élection plus nombreux à s'abstenir en politique.

Les politiciens professionnels qui sont en tête d'affiche à toutes les élections ne représentent pas les intérêts du peuple travailleur mais seulement le leur propre, politiciens arrivistes pantins du patronat.

Le travailleur du rang n'est bon qu'à déposer un papier dans une urne. Une fois que la masse inconsciente aura plébiscité un des candidats sélectionné par le Capital, ses intérêts seront comme toujours ignorés au bénéfice des donneurs d'ordre, ceux qui détiennent la puissance corruptrice; les capitalistes.

Les promesses d'un candidat de la bourgeoisie faites aux travailleurs n'engagent que ceux qui veulent bien encore y croire, de moins en moins nombreux il est vrai. Bien plus souvent, les programmes des partis de droite ou de gauche sont si vides que tout objectif clairement défini en est bannis. Les slogans de ces programmes sont des généralités abstraites que chacun pourrait interpréter selon ses propres voeux.

Les élections dans le cadre de notre démocratie n'apportent qu'une légitimité facile à des élus qui ont carte blanche pour voter les lois et gérer les budgets comme bon leur semble. Sur aucun élément d'aucun mandat les électeurs n'ont à se prononcer, jamais. Les prolongements à gauche et à droite des administrations que sont les partis de la bourgeoisie financées par des détournements de fonds publics légaux décident au nom des travailleurs, en dehors de leur consentement.

Qui pourrait effectivement croire que la majorité des français se prononceraient pour consacrer des milliards d'euros à la guerre en Afghanistan, pour augmenter les "indemnités" du Président et des députés, pour prolonger le nombre d'années de cotisation pour les retraites à 41 ou 43 annuités, pour fermer les hôpitaux, privatiser la Poste, pour accorder des bonus de plusieurs milliards aux patrons des grands groupes et aux traders...

Mais si la question était soumise au vote, il ne nous déplairait pas de compter une majorité, en faveur de la peine capitale aux plus odieux des capitalistes ennemis du peuple !

Si la majorité des électeurs s'exprimait en fonction de ses intérêts propres, depuis bien longtemps, la bourgeoisie se serait passée du vote des représentants de la Nation au suffrage universel. Le vote au suffrage universel aurait été le plus mauvais instrument de légitimité de sa dictature.

La majorité électorale est constituée d'une majorité d'ouvriers, d'employés, de salariés ordinaires. Pourquoi les travailleurs reconduisent-ils donc aux postes de commande leurs ennemis jurés?! Pourquoi par exemple les travailleurs de Guadeloupe et de Martinique qui ont été acteurs d'un grand mouvement de grève général l'année dernière reconduisent les notables de leur crû à la tête de leurs régions, pourquoi les scores de l'extrême-gauche y sont restés si faibles?

C'est que les mouvements de lutte, les révoltes ouvrières économiques ne trouvent pas naturellement leur expression politique consciente sur le terrain électoral. Pour bien raisonner, pour ne pas se laisser impressionner par les différentes postures des candidats bourgeois, les travailleurs doivent être bien armés, d'une claire conscience de classe, une conscience socialiste. Les travailleurs doivent cesser tout à fait de raisonner à court terme, en fonction de la meilleure probabilité que soit élu tel ou tel candidat. Votez pour un candidat de la droite ou de la gauche bourgeoise, il sera élu. Mais vous n'aurez rien gagné. Avec tous les gagnants, vous aurez perdu. Nos joueurs des courses diraient ne pas avoir récupéré leur mise de départ !

À ces dernières élections régionales, les travailleurs ont accordé leur prime de voix aux partis majoritaires lors du deuxième tour, les électeurs se sont moins abstenus au deuxième tour qu'au premier ! Cette habitude servile qui est celle de reconduire les plus forts, il faut la perdre. Les mieux à même de défendre nos intérêts ne sont pas les moins mauvais des candidats bourgeois, ce sont les candidats ouvriers, ce sont les représentants du communisme révolutionnaire !

Mais les éléments d'avant garde ne s'étonneront pas trop de ces réflexes serviles traditionnels. Nous savons au moins depuis Marx que l'idéologie dominante, c'est l'idéologie de la classe dominante.

L'idéologie bourgeoise domine les esprits prolétaires, l'idéologie de soumission à l'ordre d'exploitation et de concurrence.

La bourgeoisie a encore cette légitimité historique dont parlent les sociologues; "si la bourgeoisie domine, c'est qu'il y a quelques raisons à cela "! Et si la bourgeoisie domine encore, c'est que nous autres ne sommes pas encore assez mûrs, puisque inconscients de nos forces de transformation potentielles. Et c'est pourquoi les militants communistes travaillent à faire mûrir les consciences et agissent dans les entreprises comme des ferments de révolte politique, comme un levain qui peut faire s'élever le peuple.

Les faibles prennent le parti des forts. Mais par notre action énergique, par notre propagande et notre agitation, par notre exemple, nous changeons le rapport de force, les plus faibles d'aujourd'hui deviendront les plus forts de demain.

Tant que la puissance sociale du Capital est concentrée entre quelques mains, nous expliquons pourquoi ces mains de velours et de fer tiennent en laisse le peuple domestiqué. La direction patronale garde le pouvoir de nous soumettre à son régime de passivité, à force d'abrutissement au travail, d'humiliations et de mise sous pression hiérarchique, de sélections des élites, de chantage, de manipulations politico-médiatiques et de répression policière. Et bien nous saurons nous libérer de cet esclavage qui est contraire à la nature humaine et à son évolution.

À l'issue de notre lutte libératrice, nous voulons substituer au régime des exploiteurs la démocratie des producteurs qui s'appuie sur la participation des intéressés, qui fait appel à leur investissement dans les nouveaux organes de gestion. En associant les travailleurs de chaque entreprise et les habitants de chaque commune, nous remplaçons la République de l'élite des notables au service des oligarchies capitalistes par une République des conseils de travailleurs au service des intérêts majoritaires du peuple. Nous faisons tomber l'ensemble des élus tenus par les liens de la corruption et du clientélisme. Nous envoyons à leur place nos délégués travailleurs, élus, mandatés et révocables dans une assemblée unique, un grand conseil national du peuple travailleur. Cet organe représentatif central ne peut être une nouvelle courroie de transmission des ordres du Capital, car il est l'instrument de gestion de la nouvelle économie, le directeur de production des monopoles nationalisés, propriété du peuple, des centres de production et de distribution administrées en commun. Nous aurons liquidé le Capital privé !

Quand les travailleurs participeront à la vie de leurs assemblées, quand les travailleurs pourront gérer à l'échelle de leur entreprise l'organisation du travail et de la production, contrôler la comptabilité de leur entreprise, définir la grille des salaires, quand les travailleurs-consommateurs pourront définir en commun, à l'échelle de la société toute entière, à l'échelle nationale et internationale, l'orientation des investissements productifs, qu'ils pourront définir le sens de l'activité productive, choisir le mode de développement, le mode de vie le mieux adapté à la géographie et aux circonstances de l'époque, alors nous serons entrés de plein pieds dans la nouvelle ère que nous promettons à l'Humanité si le prolétariat mondial s'engage comme sujet, l'ère de la Liberté.

N'allez surtout pas croire qu'il suffise d'attendre cette nouvelle ère, comme d'autres attendent la venu du messie ! L'ère de la Liberté commence de notre contestation, maintenant, de la situation présente, de notre action de revendication et de chacune de nos victoires partielles. Le prolétariat se met en lutte pour lui-même bien avant la victoire révolutionnaire. Il se transforme en sujet révolutionnaire au cours d'un processus long de lutte de classe, avant la conquête du pouvoir d'État. C'est au cours de ce processus que le prolétariat mûri sa conscience, sa combativité, son professionnalisme, son esprit de discipline qui le rendront propre à devenir la nouvelle classe dirigeante de la Nation.

C'est dès maintenant, là, aujourd'hui, en cette période de relative paix sociale et d'accalmie que nous agissons déjà et apprenons à devenir ces sujets de notre propre histoire. Alors que la guerre civile n'est pas déclarée et apparaît même comme une perspective très lointaine pour la plupart des éléments d'avant-garde eux-mêmes et qu'elle apparaît comme tout à fait "utopique" pour le commun, nous imposons quelques-unes de nos volontés aux directions patronales. Nous formons un bloque solidaire pour exiger l'augmentation de nos salaires, le respect de nos temps de pause, une heure pour déjeuner plutôt qu'une demie heure, une amélioration de nos conditions de travail, avec des outils plus performants pour travailler. Nous refusons l'utilisation des matériaux et des produits toxiques, nous refusons de prendre le travail quand les règles de sécurité et d'hygiène ne sont pas respectés, tant pour le travailleur que pour le consommateur. Nous imposons la fin du flicage et la réintégration d'un collègue licencié, l'embauche de nouveaux employés pour alléger la charge de travail, la révocation d'un chef haïs. Nous imposons notre propre rythme de travail et menaçons de faire grève, et mettons nos menaces à exécution tant que nous n'avons pas obtenu gain de cause.

Membres des syndicats, nous prenons l'habitude de nous réunir régulièrement pour discuter des problèmes rencontrés au sein de notre entreprise, envisager pour chaque problème notre solution et déterminer un plan d'action pour obtenir rapidement satisfaction. Nous prenons l'habitude de réunir l'ensemble des collègues en comité d'atelier, de ligne de caisse, de chaîne de production, d'entrepôt, de centre d'appel, de ligne de bus, tramway, ou métro.

Depuis des années, camarades, les têtes pensantes du patronat réfléchissent aux stratégies managériales qui permettent de détruire les solidarités dans le travail. Les directions capitalistes organisent la mobilité des responsables entre les différentes entreprises d'un même groupe, imposent le travail en horaires décalées pour empêcher que naissent des liens d'amitié trop forts entre collègues. Les travailleurs commencent à des horaires différentes, terminent à des horaires différentes, les temps de pause déjeuner sont écourtés. Il est de plus en plus difficile de se retrouver après la journée de travail. Et nous habitons tous loin de notre lieu de travail, souvent dans des localités elles-mêmes éloignées les unes des autres. Quand notre entreprise se situe dans une Zone Industrielle, nous ne trouvons plus aucun café pour nous accueillir en groupe.

Avons-nous perdu la partie de nous réunir et donc de décider pour nous-mêmes ?

Certainement pas ! Que les travailleurs se réunissent dans l'entreprise sans en référer à leur direction, qu'ils imposent ce cadre, condition de la démocratie ouvrière, dans le syndicat et dans l'entreprise. Que les travailleurs se réunissent tous les mois ou tous les 15 jours sur leur lieu de travail, pendant leurs horaires de travail. Qu'ils se déclarent en grève s'il le faut pour se retrouver et parler, et décider, le temps qu'il faudra !

L'expérience des comités de travailleurs, nous voulons la généraliser à la plus grande majorité des entreprises, à toutes les entreprises. Nous parlons d'expérience à généraliser parce que nous parlons de faits bien réels. Oui ces choses se passent ! Elles ne sont pas invraisemblables. Dans la majorité des mouvements de grève, les salariés font cette expérience. Ils se retrouvent en assemblée générale de grève, leurs délégués se réunissent en comité intersyndical. Dans certaines entreprises ou nous avons des camarades, les salariés prennent cette bonne habitude de se réunir pour préparer les journées d'action. Ils se réunissent pendant leur temps de travail. Au même moment, ils prennent leur pause. Le directeur ne trouve pas son intérêt à les déranger pendant leur réunion !

Les actionnaires ont leurs assemblées générales, les grands patrons siègent dans leurs conseils de directoire. Nous aussi, nous allons nous réunir. Nous aussi, nous allons réfléchir en commun la stratégie à suivre pour mener à bien notre lutte de classe. Nous allons gagner ce cadre de démocratie et nous allons par là même gagner les capacités d'étendre à de nouvelles sphères de la production l'ère de nos libertés.

Nos comités se coordonnent et se centralisent. Les travailleurs élisent leurs délégués mandatés et révocables et se réunissent en conseil. C'est le programme d'organisation que nous défendons pour les travailleurs.

Le conseil devient progressivement une direction alternative reconnue dans l'entreprise ou la branche d'activité. Quand les capacités d'action du syndicat se sont renforcées, quand les travailleurs ont développé le contre pouvoir des conseils, le champ de nos actions s'accroît, nous devenons progressivement maître chez nous. Nous imposons nos propres vues à la direction patronale. Nous faisons d'eux nos otages. Ils sont l'autorité légale mais nous sommes devenus l'autorité réelle. Ce ne sont plus les décisions des capitalistes qui s'appliquent, ce sont les décisions des organisations salariés qui sont appliqués.

Dans ces conditions, les travailleurs et leurs représentants s'accaparent les prérogatives qui étaient celle des capitalistes. Ils réorientent l'activité de leur entreprise pour produire mieux, en fonction de nouveaux cahiers des charges qu'ils ont fixé eux-mêmes, avec les organisations de consommateurs et l'appui des conseils de scientifiques et chercheurs dont les qualités morales ont été éprouvées. Les travailleurs adoptent les nouvelles méthodes de travail et de production qui respectent l'humain et son environnement.

Nous étendons l'organisation des comités salariés à toutes les entreprises et à tous les secteurs puis nous arrachons la gestion de la production à l'échelle de la société toute entière.

Conseils salariés, associations de consommateurs de patients et usagers, communes d'habitants constituent leur propre gouvernement capable de réorganiser toute la production en fonction des nouveaux objectifs de vie. Les premières expériences et victoires partielles peuvent devenir la règle. Le peuple travailleur détient son propre gouvernement qui défend la révolution dans la société. Les communes d'habitants peuvent entrer en possession des logements vides et engager les entreprises du bâtiment qui les réhabiliteront, prendre possession des locaux commerciaux et industriels et les mettre à disposition des intéressés, déterminer un plafonnement du prix des loyers, repenser l'imbrication des zones urbaines dans les zones agricoles et naturelles.

La nouvelle direction révolutionnaire, pourra prohiber à la production et à l'usage, dans l'industrie et l'agriculture l'ensemble des substances toxiques et dangereuses responsables de l'explosion des cancers et de la stérilité humaine. Impérativement, les directives nécessaires à la protection des ressources vivantes des forêts et des mers, à la qualité des eaux, de l'air et des terres arables s'imposeront dans les délais les plus brefs.

Les résistances des capitalistes seront écrasées. Il nous faut effectivement revenir toujours à ce changement qui est à la fondation du programme socialiste, l'expropriation des capitalistes. L'issue au mouvement d'organisation des travailleurs en comités et en conseils, l'issue au mouvement de lutte revendicatives et de contrôle, c'est la prise de possession des entreprises, c'est la soumission des directions patronales à la direction des travailleurs.

Avec la révolution dans les rapports de propriété, le champ est ouvert pour améliorer l'ensemble de nos conditions de vie.

Par la nationalisation de la propriété foncière, l'espace pourra être réorganisé de façon à recentrer les zones d'activité autours des zones d'habitation pour économiser le temps de transport et l'énergie. Les centres de distributions, les centres de soins, de loisirs, les centres administratifs dans les quartiers et les villages pourront être redistribués en fonction des besoins exprimés par les populations.

Dans tous les domaines, du travail, de l'habitat, de la santé, de l'instruction publique, de la formation professionnelle, des transports et des loisirs, la gestion reviendra aux intéressés. Le contrôle démocratique des travailleurs s'imposera par une participation à tous les niveaux.

C'est cette participation active et dirigeante des travailleurs-consommateurs à la gestion commune de la production et des échanges qui confond la perspective socialiste avec celle d'une véritable démocratie des travailleurs.

Pour nous, militants du trotskysme révolutionnaire, la condition nécessaire à l'émancipation des travailleurs, c'est ce contrôle des travailleurs sur le processus révolutionnaire, de la mobilisation en entreprise et dans les quartiers en vue de l'insurrection contre le pouvoir bourgeois jusqu'au triomphe du socialisme international et à la réalisation du communisme, cadre aux réalisations les plus hautes du genre humain.

Oui camarades ! Nous pensons que la démocratie révolutionnaire et socialiste répond à un besoin fondamental de la collectivité salariée et de chacune de ses parties. Ce besoin, c'est celui d'apporter sa contribution au développement de la société, c'est le pouvoir de décider pour nous-mêmes et l'avenir des générations successives. Notre programme d'action, notre programme de gouvernement et de transition socialiste vous appel à répondre à ce besoin. Réappropriez-vous vos vies ! Organisés, brisez les maillons les plus faibles de la chaîne d'oppression capitaliste. Au fur et à mesure que l'organisation et la conscience du prolétariat se renforcent, c'est le Monde que nous nous réapproprions ! Nous sommes nés en Homme libre et non pas en esclave !

La démocratie bourgeoise est fondée sur le principe sacro-saint de l'inviolabilité de la propriété bourgeoise. Le capitaliste s'arroge par la même tous les droits. Il finance ses propres partis politiques, ses politiciens, soutient le travail de ses entreprises de lobbyings qui interviennent auprès des différentes instances représentatives et administratives bourgeoises, nationales, européennes et mondiales.

Propriétaire du Capital, le capitaliste peut soumettre le travailleur à son régime d'exploitation, il s'approprie son énergie, sa vie. Mais il s'approprie en même temps le gaz, le pétrole, les pierres et les métaux de la terre, le bois des forêts, le poisson des lacs et des mers, l'ensemble des ressources de la nature, ressource commune parmi toutes ! Comme ces armateurs français et ces fabriquant et distributeurs de sushis japonais, qui viennent de condamner le thon rouge de la Méditerranée à l'extinction, le Capital préfère condamner à mort l'Humanité à moyen terme plutôt que de restreindre son champ d'accumulation destructrice ! Le Capital, avec ses OGM breveté, développe des techniques de production qui interféreront sur l'évolution de l'ensemble du monde végétal, animal et sur l'espèce humaine. Pour augmenter ses profits, pour étendre son influence sur de nouveaux marchés, pour réprimer une puissance concurrente, les trusts peuvent condamner des peuples et des pays entiers à la destruction, par la guerre, par les bombardements, les maladies et la famine.

Une dictature militaire bourgeoise, c'est la dictature. Mais le régime de démocratie bourgeoise, c'est toujours la dictature de l'oligarchie capitaliste.

Exproprié du droit de propriété sur ses outils de travail, dépossédé de toute maîtrise sur le changement de l'ordre collectif, le travailleur se replie sur lui-même, borne ses projets personnels aux objets et aux espaces de liberté que le grand Capital peut encore lui concéder ou qui l'intéresse directement en vu de reproduire les rapports de production et d'exploitation nécessaires à sa survie.

Le salarié prendra soin de sa voiture qui est devenu d'ailleurs pour lui un moyen de transport obligatoire et non plus tant cet objet de loisir et d'affirmation de soi venté par les publicitaires. Le salarié projettera son évolution professionnelle dans l'entreprise capitaliste qui exige en contrepartie d'accepter la hiérarchie du Capital, de se soumettre à ses commandements, de taire sa conscience professionnelle et humanitaire, de jouer trop souvent le larbin du patronat contre ses propres frères et soeurs de classe.

Ainsi les droits réels du travailleur citoyen se résument à celui de se soumettre. L'espace de liberté du travailleur est circonscrit à celui d'aménager son habitation individuelle et son carré de pelouse, modifier ses pratiques sexuelles ou se faire faire des implants mammaires ! Voilà le pis-aller de notre société démocratique bourgeoise. La belle blague, l'humiliation ! Les milliardaires peuvent s'endormir tranquille et couler des jours heureux !

Mais non ! Notre idée démocratique ne se réduit pas à l'autogestion de la portion congrue ! N'en déplaise à certains de notre petite-bourgeoise décroissante qui refusent la confrontation avec la société bourgeoisie de leurs pairs !

Nous prétendons à la gestion commune de l'ensemble des moyens de production et d'échange, la gestion commune de l'ensemble du tissu industriel mondial. La terre entière, nous voulons lui accorder autant de soin qu'en accordaient nos ancêtres à leurs troupeaux ou à leurs jardins! La puissance réelle et productive est entre nos mains, alors nous nous battons pour que le monde nous appartienne de plein droit; que la maîtrise de son évolution nous revienne comme de juste ! Nous voulons habiter le monde. Nous sommes sûres de cette victoire.

Et pourtant la victoire ne sera pas facile !

Elle exige de nous un long investissement, une mobilisation sans précédent. L'ensemble de la classe travailleuse doit être investi dans le combat, toutes les générations doivent se rendre utiles. Notre combat est celui d'un peuple avec ses anciens, ces femmes et ses hommes forts et mûrs, sa jeunesse fougueuse et ses enfants qui apprennent, rêvent et participent déjà. Notre révolution est celle du peuple travailleur.

La lutte de classe est un rapport de force à construire contre la classe qui opprime. Elle tentera de repousser par tous les moyens l'échéance fatale. La bourgeoisie et ses gouvernements vont recourir à la force.

Bien sûr, tant que le mouvement salarié est faible, il suffit au patronat de rester bien informé, et de corrompre certains responsables syndicaux en échange de la paix, d'isoler des autres salariés quelques éléments trop actifs, les mettre au placard, les licencier, quitte à leur accorder une indemnité de départ qui les fera taire. Il suffit au patronat de faire intervenir la police qui aime impressionner les militants les moins bien préparés. Jusque là donc, le rapport de force se construit, mais il évolue dans un cadre relativement pacifique.

Mais quand le mouvement est plus fort, que les éléments à corrompre et à écarter se trouvent trop nombreux pour que cette stratégie pourrie soit rentable, alors le patronat ne peut plus distribuer les chèques à faire passer sous les tables des négociations. Le patronat et ses collaborateurs frappent au sens propre du terme.

Il y a quelques années dans une entreprise de transport fluvial, un salarié avait tenté d'y construire une section syndicale. La direction de l'entreprise ne voulait y consentir. À sa rencontre, elle a envoyé ses hommes de main, un soir, sur le quai. Aucun des pilotes ou des matelots n'ont eu depuis de nouvelles de lui.

Je parle là d'un fait isolé.

Mais sachez bien que le patronat, quand il craint la construction d'un mouvement organisé de la résistance, sait réprimer et faire des exemples. Il a ses mercenaires, ses agents de sécurité spécialisés, ses réseaux dans le milieu.

Dans des pays où les tensions sociales sont plus aiguës, les syndicalistes qui ne se font plus jugés et éliminés par les juntes militaires se font directement assassinés par les tueurs à gage patronaux de ces démocraties libérales !

En s'engageant dans la lutte pour la défense de nos intérêts de classe, en s'engageant pour notre libération, nous devons préparer la défense physique des nôtres, la défense armée de notre mouvement et des organisations du nouveau pouvoir.

Les syndicats ont actuellement leur service d'ordre dans les manifestations. Les travailleurs, dans chaque entreprise et quartiers populaires devront former dès que possible leurs propres organisations de défense. On adoptera leurs outils aux circonstances pour repousser les tentatives des milices patronales ou de la police pour déloger les travailleurs de leurs entreprises occupées, expulser les familles, arrêter les camarades.

À un certain niveau de développement de l'action salariée, quand les travailleurs auront opposé leur démocratie des comités et des conseils aux directions patronales, les capitalistes prendront trop peur. Pour protéger leurs revenus et leur autorité contre l'augmentation des salaires salariés, les nouvelles embauches, la réduction du temps de travail, le contrôle des ouvriers et des employés sur les paies et la comptabilité, l'organisation du travail et la production, les capitalistes et leurs obligés feront appel à la police de l'État ou à des polices parallèles, ou encore à des groupes d'extrême droite pour nous réprimer dans le sang.

Il faut nous préparer à des affrontements nombreux.

Nous utiliserons des barres de fer, des fusils ou des explosifs, nous ne craindrons pas notre propre violence dont nous userons contre les forces du patronat et de son État. Notre armement est un besoin qui naît du développement de la lutte et que nous devons impérativement satisfaire sous peine d'être défait.

Toutes les entreprises placées sous le propre contrôle des travailleurs doivent être défendues comme les premiers centres de la révolution salariée. Les directions patronales devront être gardées en otage comme les armées font des prisonniers de guerre. Ils peuvent servir de monnaie d'échange contre la libération de nos collègues prisonniers ou qui sont poursuivis pour avoir servis la bonne cause. Tant que ces hauts cadres de notre système d'exploitation seront entre nos mains, ils nous livreront toutes les informations restées secrètes dont ils disposent, sur la marche de l'entreprise qu'ils ont dirigé, sur le partage des responsabilités entre hauts cadres, les contrats signés et les ententes entre tels ou tels autres groupes, les rapports de corruption qui ont été entretenus avec les différents partis institutionnels et leurs élus. Ils vont nous aidé à y voire plus claire, à perfectionner notre propagande en direction de l'ensemble des couches du peuple travailleur.

Pour défendre et faire avancer le mouvement salarié, il faut pouvoir se faire craindre du patronat en constituant des organisations de défense armées, nos propres milices. Nous n'allons pas laisser à la classe ennemie le monopole de la violence ! Pour gagner la révolution, pour défendre le nouveau pouvoir travailleur contre les oeuvres de la réaction, il faut que notre mot d'ordre d'armement des travailleurs trouve sa traduction dans chaque grande entreprise et chaque quartier.

La bourgeoisie cherche depuis de nombreuses années à nous confisquer ce droit démocratique hérité de la grande révolution française et qui est encore cher aux citoyens suisses et américains. Le droit au fer !

En 1995, Jacques Chirac a suspendu le service militaire obligatoire pour substituer à l'armée de conscription une armée de mercenaires. Ce que veut la bourgeoisie, c'est désarmer le peuple. Les gouvernements de l'oligarchie capitaliste veulent continuer à diriger la majorité comme les rois dirigeaient leurs sujets.

En ville, à force de garde à vue policière, nous avons même été contraint de perdre la vieille habitude de porter sur soi un canif pour le casse croûte du déjeuner ! C'est un fait symptomatique !

Et bien camarades et collègues; "AUX ARMES" ! L'État bourgeois refuse de prendre en charge l'instruction militaire de la population. Qu'à cela ne tienne, les organisations ouvrières prendront le relais ! Nos camarades et sympathisants assumeront la tâche d'instruire une avant garde en vue de la prise d'arme. Ils formeront des associations sportives et formeront à l'art de la guerre leurs nouvelles recrues volontaires. Le mouvement révolutionnaire dispose non seulement des connaissances techniques de la classe ouvrière, mais il se trouve également prêt à disposer de toute l'expérience accumulée des soldats et policiers ralliés à ses perspectives !

Collègues, camarades, nous partons de nos besoins, et à partir de ces besoins nous faisons un programme de transformation de la société. Comme nos intérêts, ceux des travailleurs et consommateurs sont antagoniques à ceux du grand Capital, notre programme socialiste est un programme de lutte de classe. Et comme le triomphe de nos perspectives signifie la destruction de l'ordre capitaliste avec la liquidation de toutes les classes exploiteuses, que la bourgeoisie est consciente que notre victoire signe la fin de ses privilèges et de sa position dominante dans la société, qu'en vertus de cette conscience, elle se tient prête à réprimer violemment notre mouvement de libération, alors la réalisation de notre programme exige la révolution, une mobilisation générales des travailleurs qui constitue ses institutions nouvelles et se rend capable de se défendre par ses propres moyens et de réprimer par les armes les forces ennemis.

Camarades, nous avons abordé quelques points de notre programme que nous avons voulu articuler entre eux et qui ensemble nous font découvrir le but avec les moyens qu'il requiert. Ce programme qui engage l'action de notre classe, c'est à vous qui m'écoutez, de le développer et de l'adapter aux différents domaines de la vie.

Partez des besoins déjà reconnus pour organiser et lutter.

Organisez et luttez ! N'attendez pas un succès rapide. Sachez seulement que vos luttes alliées au patient travail d'explication est nécessaire, absolument indispensable à notre succès à venir !

Sachez que chaque lutte partielle a valeur d'exemple pour le présent et le futur, chaque bataille menée est un nouvel exercice qui permet à l'avant garde salariée de rallier de nouveaux éléments, de nourrir l'imagination des révoltés, de se perfectionner, d'approfondir sa compréhension, d'ajuster au mieux son intervention.

Camarades ! Organisez et luttez !

Emparez-vous donc des mots d'ordre de notre programme, traduisez ces mots d'ordre dans le langage de l'action, dans vos entreprises, dans vos quartiers, dans vos syndicats et associations. Faites la propagande de ce programme et de l'ensemble de nos revendications qui s'articulent et qui forment le programme de mobilisation et de gouvernement de la classe prolétarienne.

Informations
Combat 59 : Pour une révolution des travailleurs !Maintien de l’activité métallurgique ! Maintien des 3000 emplois !Embauche des chômeurs ! Répartition et baisse du temps de travail !
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