contact@ars-combat.fr
Liens

Brochure

Collection Combat

NOTRE ORGANISATION

L'Alternative Révolutionnaire Socialiste-COMBAT associe celles et ceux qui, par leur action militante, veulent hâter l'heure de la révolution socialiste libératrice en France et dans le monde.

Nous refusons le sort auxquels nous soumettent les classes capitalistes et leurs États. La misère matérielle et morale, le chômage de masse, les guerres fratricides entre nations, la destruction de nos milieux de vie, le régime d'insécurité de nos conditions d'existence, de soumission et d'oppression de nos libertés ne sont pas des fatalités.

Les rapports d'exploitation capitaliste qui ont pour base la propriété privée des moyens de production et d'échange interdisent à la société dans son ensemble la maîtrise de son présent et de son avenir. Le capital est seul souverain en notre monde. Il oriente toute la vie économique vers un seul objectif fixe; celui du profit.

Et c'est la classe capitaliste et ses appuis bourgeois qui tirent seuls quelques bénéfices personnels de ce système d'exploitation et de gâchis généralisé.

Les forces productives de l'humanité n'ont jamais été aussi avancées, mais on meurt encore de faim et des millions de quintaux de céréales sont détruits régulièrement pour faire remonter leurs cours en bourse ! Nous bénéficions de tous les moyens pour assurer à chaque membre de la société le bien-être nécessaire, mais l'humanité stagne à son stade préhistorique.

100 000 milliardaires se partagent entre eux l'équivalent du quart du Produit intérieur brut mondial. Ces individus sont les véritables responsables et profiteurs de la misère actuelle. C'est cette classe parasitaire qui refuse le changement dans l'organisation économique. Elle tire ses privilèges de l'anarchie de marché qui favorise la croissance de sa fortune, l'accumulation de son capital au dépend de l'ensemble de la classe salariée, du peuple travailleur et des populations rejetées dans l'indigence.

Ouvriers et employés, dans le monde entier, nous sommes poussés à la lutte contre le patronat et son système perfectionné de vol légalisé. Quand il secoue son joug pour quelques améliorations, le prolétariat fait face aux capitalistes organisés nationalement et internationalement. Le prolétariat fait ainsi l'expérience de la communauté d'intérêt qui lie tous les capitalistes devant la menace des luttes ouvrières. Il observe les ruses politiciennes et le jeu de la classe dominante avec ses lois et ses institutions. Il essuie la répression du patronat et des forces de police de l'État.

Pour gagner, les salariés des industries modernes doivent élargir leur association à des couches toujours plus larges de travailleurs. Le prolétariat discipline ses organisations, engage les éléments les plus actifs et les plus capables à devenir des véritables combattants de sa cause. Il donne des objectifs politiques à la lutte. Il pose la question d'un gouvernement au service du peuple travailleur qui satisferait l'ensemble de ses revendications essentielles. Et dans sa lutte pour l'amélioration de ses conditions d'existence, le peuple travailleur est systématiquement confronté au droit de propriété bourgeois, à la sainte liberté d'entreprendre des capitalistes.

Le prolétariat n'a plus d'attaches avec l'ancien monde, ne cultive plus la nostalgie d'un retour en arrière possible, aux formes antérieures de production et d'exploitation.

Quand le prolétariat s'engage dans la voie de sa libération, c'est la question de la nationalisation des entreprises sous sa propre direction et de la planification socialiste qu'il pose devant les populations.

Et le prolétariat invite toutes les couches du peuple à se rallier à la perspective du socialisme.

Nous affirmons la nécessité d'une gestion commune de la production et de des échanges. La société doit diriger les forces de production en vu de satisfaire les besoins de chacun de ses membres. Et nous donnons à la planification du processus social de la production ces objectifs suivant : assurer à chacun le bien-être complet et l'épanouissement le plus libre.

La révolte qui nous anime, le rejet du monde d'exploitation, de destruction et d'abêtissement capitaliste est l'expression même d'un progrès possible et nécessaire pour toute l'Humanité.

LA SOCIÉTÉ CAPITALISTE NOUS RUINE

Les forces productives n'ont jamais été aussi développées, mais le lot quotidien d'une grande majorité des peuples est loin de s'améliorer. Pire, il se détériore par de multiples aspects.

Les découvertes scientifiques, les dernières prouesses technologiques, les progrès continus de la productivité du travail par la mobilisation centralisée à l'échelle mondiale du capital social n'assurent en rien, mécaniquement, les améliorations des conditions matérielles nécessaires à un progrès de notre humanité.

Tout au contraire, les intérêts capitalistes déterminent un cadre particulier au développement des forces productives qui changent celles-ci, d'instruments de libération qu'elles pourraient devenir, en instruments de domination, d'exploitation et de destruction renforcés entre les mains des oligarchies capitalistes.

Une minorité richissime de financiers des industries, de la distribution et des banques, impose par le biais de leurs démocraties corrompues ou de leurs dictatures militaires sanguinaires leurs intérêts égoïstes et leurs lois aux peuples prolétarisés et paupérisés.

Les progrès des techniques et de l'organisation du travail, la socialisation des processus de production sur des bases élargies ne se traduit pas par l'amélioration des conditions de travail et de vie, ni par la baisse continue du temps de travail des salariés. La croissance de la productivité du travail permet aux capitalistes d'accumuler des profits supplémentaires et d'abaisser la part des richesses produites qui reviennent aux salariés.

Dans le milieu capitaliste, l'amélioration des outils d'échange et de communication facilite la possibilité pour le capital d'exacerber la concurrence entre les travailleurs des différents pays et d'aligner les salaires et les conditions de travail des salariés des centres avancés sur ceux des pays faiblement industrialisés.

Soumises aux capitaines de l'industrie et de la finance, les progrès des sciences et des technologies offrent la possibilité de frelater au moindre coût les produits alimentaires, d'abaisser la qualité des biens manufacturés, de déshumaniser l'ensemble les rapports que les travailleurs entretiennent dans leur activité sociale, dans l'industrie ou les services.

Alors que nous bénéficions des moyens techniques, matériels et humains pour assurer le meilleur à la population, la majorité du peuple consomme de plus en plus mal. Les dégâts causés par le mode de production et de consommation capitaliste sur la santé humaine et l'environnement ont un coût exponentiel pour les générations présentes et futures. Comme aux États-Unis où l'espérance de vie moyenne stagne bien en dessous de l'espérance de vie de la population cubaine, le capitalisme n'offre plus de nouvelles perspectives de progrès humains pour les populations.

Des moyens incroyablement développés ne servent qu'à corriger les dysfonctionnements du capitalisme, l'incapacité de nos sociétés contemporaines à diriger la production en vue de la satisfaction des besoins réelles des populations pour une vie épanouie et heureuse, dans le respect de notre milieu. Maintenant, le développement des nouvelles centrales électriques ne servent plus à produire de l'éclairage et à actionner des robots qui allégeront nos peines, mais à dessaler l'eau de mer pour compenser la pénurie d'eau douce polluée par les nitrates de nos élevages industriels. La production d'engrais chimiques servira à compenser pour une part toujours plus importante, l'appauvrissement des sols que nous avons été incapable de soigner et de conserver vivant. Les progrès des techniques et de la médecine ne serviront pas à vacciner et guérir des nombreuses maladies dont meurent chaque années des millions d'humains sur la terre, mais à autoriser la reproduction artificielle de l'espèce humaine parce qu'un pourcentage trop important de femmes des pays industriels seront devenues stériles.

L'organisation scientifique du travail, sous direction capitaliste, réduit le travailleur, ouvrier, employé, technicien ou cadre, toute sa vie durant, à l'état de simple exécutant, appliqué à répéter les mêmes tâches appauvrissantes pour le corps et l'esprit. Le coût de la force de travail en est ainsi abaissé. Nos salaires seraient réduits au minimum de subsistance et en dessous si nous n'étions pas engagés dans une lutte sans répits contre les politiques patronales.

Le travail salarié fait de nous les esclaves des temps modernes, il opprime l'ensemble de nos potentiels individuels et collectifs. Le développement de la division technique du travail, la parcellisation des tâches, la perte de toute autonomie des travailleurs individuels, y compris à des postes qualifiés, de techniciens et d'encadrement, y compris dans les services, dans les secteurs des banques ou du commerce, permet d'enchaîner plus serré le salarié à la hiérarchie patronale, d'accroître sa dépendance au capital. Tout en perfectionnant l'organisation du travail et de la production en vue des ses seuls impératifs de profit, la classe capitaliste veut affaiblir les capacités de résistance de l'ouvrier. Mais la contradiction est toujours plus forte entre la simplicité et la répétitivité du travail que la production capitaliste moderne exige de la majorité de ses salariés et l'ensemble de ses besoins physiques et intellectuels qu'elle opprime. L'appauvrissement de l'univers de la production sociale n'est pas compensé par la baisse la plus radicale du temps de travail et l'extension du domaine des activités libres et autonomes. Subordonnés au capital, les progrès des techniques et de la socialisation des procès de production, font des travailleurs de véritables étrangers à la sphère de la production et par là à l'ensemble de leur milieu de vie.

Le capitalisme n'est pas une société de consommation, le capitalisme est une société où la production n'est pas dirigée en fonction des besoins de la consommation mais en fonction du profit. La classe capitaliste autorise la fabrication de nouveaux produits seulement dans la mesure où leur vente sur le marché promet de réaliser une plus-value. Et c'est l'objectif roi du profit qui conditionne notre existence aliénée dans le procès de production. Notre aliénation comme travailleur se traduit mécaniquement dans la sphère de la consommation. La parcellisation des tâches dans la production moderne, la soumission à des cahiers des charges strictes, à des rythmes mécaniques, à des objectifs de production impératifs estropient l'ensemble des facultés des travailleurs salariés astreints à 35 ou 50 heures de travail hebdomadaire. Nos talents et nos besoins créatifs ont été brisés dans le procès de production social.

Et en dehors de la sphère de la production, nous ne cessons pas d'être aliénés et esclaves du capital. Nous devenons ses consommateurs conditionnés. Une fois libéré de la production, nous sommes comme des esclaves sans maître et nous redevenons esclave de la classe capitaliste dans la sphère de la consommation. Nous nous rattachons aux gadgets culturels les plus misérables qui restent à notre portée. Le temps dont le salarié dispose en dehors du travail est un court temps de récupération dont le prolétaire tire très difficilement partie à bon escient. Le capital réduit le travailleur à jouir de son existence en un temps minimum, après sa trop longue journée de travail et de transport et le week-end, quand celui-ci n'est pas consacré aux courses, à la sieste et aux affaires administratives. Le travailleur moderne ne trouve plus ni le temps, ni l'énergie pour exercer ses muscles et son esprit dans des activités dont il est l'acteur et le sujet. Pour la majorité des travailleurs, il est devenu quasiment impossible de jouer un match de football plutôt que le regarder à la télévision, participer régulièrement à une chorale ou à un orchestre plutôt qu'assister une fois l'an au concert d'une star de la télévision, participer activement à la vie démocratique de son pays plutôt qu'accorder sa confiance aveugle à un démagogue en glissant pour lui un papier dans une urne tous les cinq ans.

La centralisation du capital renforce le pouvoir des conseils d'administration, des directoires de grands groupes et de leurs principaux actionnaires sur les populations.

Le régime de concurrence élimine la petite production indépendante au profit du grand capital. Paysans, artisans et petits commerçants d'abord, petits et moyens capitalistes ensuite sont soumis aux impératifs de production et de profitabilité du grand capital quand ils ne sont pas tour à tour ruinés et expropriés par la concurrence des gros. L'indépendance de la petite production et du petit commerce, la liberté du producteur indépendant sont plus que jamais devenues des utopies anachroniques. Les centres névralgiques de l'ensemble de la production et des échanges mondiaux sont devenus des groupes dont les chiffres d'affaire atteignent la somme des budgets entiers de plusieurs États. L'ensemble des moyens de production et d'échange et les sources de la vie elles-mêmes deviennent la propriété exclusive de l'oligarchie financière. Plus clairement que jamais, le peuple est devant cette alternative historique: le socialisme ou l'esclavage !

La totalité des forces de production de l'humanité sont soumises à la loi du profit capitaliste.

Ainsi, l'ensemble des ressources de la nature sont épuisées. Les mers sont polluées, poissons et animaux sauvages exterminées. Les grands massifs de forêts primaires sont saccagés par les coupes blanches et le napalm. Les terres que nous cultivons sont épuisées, les eaux des nappes phréatiques et des rivières sont souillées, l'air que nous respirons est devenu toxique à force de rejets de CO2 et de substances chimiques dans l'atmosphère.

Les groupes de l'agro-business brevettent des organismes vivants et les abeilles pollinisatrices sont menacées.

Rien importe autant à l'actionnaire que ses dividendes et l'accumulation de son capital. La fin justifie les moyens, même au prix de la mise à mort de l'humanité et de notre planète.

Le capitalisme est anarchie économique. Le capitalisme est un système de gâchis régulé par ses crises. La société capitaliste est incapable d'optimiser l'utilisation de ses ressources matérielles et intellectuelles. Le capitalisme est créateur de chômage, d'inégalités sociales et d'injustices dont le coût pour l'ensemble de la société est exponentiel. La concurrence qui exclue la mutualisation des moyens et des connaissances à l'échelle de l'humanité entre l'ensemble des entreprises tire en arrière toute la civilisation.

Le capital, en voulant relever ses taux de profit, abaisse les salaires des classes laborieuses et comprime ainsi les capacités de consommation des populations. La demande solvable est réduite alors que dans le même temps, les entreprises augmentent leurs capacités de production pour produire à moindre coût et gagner des parts de marché sur la concurrence. Les marchés se rétrécissent. Les milliards consacrés à forcer la demande par la publicité et les crédits bon marchés afin d'écouler les stocks n'élargissent en rien les capacités de consommation générales des ménages. Mais ils se rajoutent à toutes les autres dépenses improductives et faux frais de l'économie de marché. La concurrence entre capitalistes se fait de plus en plus rude. Régulièrement, l'économie capitaliste souffre d'être en situation de surproduction.

Le développement des forces productives se heurte aux rapports de distribution capitaliste, la contradiction s'exacerbe entre le caractère social de la production et le caractère privé de la propriété. Pour enrayer la crise économique et financière, le capital doit in fine, restaurer un certain équilibre entre la production et la réalité du marché solvable. Pour cela, le capital détruit les forces productives. Le blé est jeté au fond des océans, les stocks invendus sont détruits, les usines ferment, les salariés sont licenciés.

La concurrence s'intensifie entre groupes et États capitalistes, la lutte pour les marchés et le contrôle des sources d'approvisionnement en matières énergétiques et métaux rares dégénère du terrain commercial au terrain militaire.

Les guerres aujourd'hui localisées et les luttes d'influence entre les États-Unis, la Chine, la Russie et les différentes nations européennes et d'ailleurs peuvent annoncer un nouveau conflit mondial.

Et alors, est ce que l'humanité s'en pourra relever ?

L'ACTUALITÉ DE LA LUTTE POUR LA RÉVOLUTION SOCIALISTE

Pour nous, la révolution socialiste est l'objectif d'actualité. Il n'est pas une perspective d'action lointaine, que nous voulons réserver à nous ne savons laquelle des prochaines générations.

Nous devons tout faire pour avancer ce moment, avant que les dégâts du capitalisme soient trop considérables.

Le capitalisme, non seulement ne permet plus dans la période au peuple travailleur d'améliorer sensiblement ses conditions de vie, mais le pouvoir du capital nous promet sans hésiter, la ruine écologique et guerrière.

Communistes, nous devons donc aider le prolétariat à réaliser la nécessité de sa mobilisation historique. La lutte du prolétariat, allié de la majorité du peuple contre ses exploiteurs doit porter le projet qui concentre l'essentiel des réponses aux problèmes de notre temps.

Nous devons résoudre de toute urgence les contradictions entre le niveau de développement présent des forces productives, la socialisation des processus de production avancée et les rapports de production capitalistes inchangés, l'anarchie du marché, les rapports de propriété bourgeois.

Au centre du programme socialiste; la socialisation des grands moyens de production et d'échange, des ressources naturelles et de la vie, l'expropriation du grand Capital, la planification économique sous l'autorité de l'administration des producteurs, consommateurs et citoyens de la nouvelle République et de ses alliées.

L'étatisation socialiste et révolutionnaire des grandes entreprises nous rendra maître de notre développement, de nos modes de consommation et de nos modes de vie.

La production et les échanges seront déterminés en fonction des besoins consciemment reconnus des populations et non plus en fonction des appétits financiers d'une minorité actionnariale pour un marché solvable inconnu.

Socialisme et communisme ne sont pas des systèmes utopiques auxquels nous devrions nous conformer. Socialisme et communisme offrent des cadres, à différentes étapes du développement de la révolution et des forces productives, à la réalisation des aspirations du collectif humain, de ses parties et individus.

Le socialisme est la seule réponse aux problèmes d'aujourd'hui. La substitution de l'anarchie des marchés par l'ordre économique socialiste nous permet d'envisager enfin; l'éradication de la misère, l'assurance que chacun et chaque famille dispose d'un logis confortable, la liquidation du chômage, la réduction des écarts de revenu dans le peuple par l'expropriation des grandes fortunes, vers l'égalité sociale, la baisse radicale du temps de travail à 6, 5 et 4 heures par jour, la socialisation intégrale des coûts de satisfaction de nombreux besoins en biens de consommation et services comme la santé, les maisons de repos pour les anciens, l'instruction universitaire et professionnelle, les transports régionaux, l'eau, l'électricité...

Pour les révolutionnaires, le programme du socialisme représente l'actuel programme d'action et de transformation que doit porter tout le mouvement travailleur. Ainsi l'aile révolutionnaire du mouvement communiste se distingue clairement de son aile opportuniste actuelle qui cache les objectifs du programme au nom de sa "pédagogie" et de la défense des "revendications transitoires" déconnectées du but final et de la mobilisation révolutionnaire des masses.

Les révolutionnaires ne sont pas révolutionnaires en théorie et réformistes en pratique. Les révolutionnaires ne se fondent pas dans le mouvement de lutte jusqu'à s'y confondre en cachant le programme du communisme. Nous n'avançons pas masqué. Notre programme ne vaut que vivant dans le mouvement de la lutte des classes.

Les révolutionnaires accordent la théorie et la pratique. C'est le programme qui, enrichit par l'expérience même de la lutte révolutionnaire guide l'action des communistes.

Les révolutionnaires militent pour que la classe salariée et les différentes couches du peuple en révolte comprennent leurs luttes revendicatives comme des étapes nécessaires et seulement transitoires, qui doivent être inscrites dans le mouvement de mobilisation générale pour la révolution socialiste. C'est la révolution socialiste, la révolution dans les rapports de propriété, la révolution expropriatrice des cliques bourgeoises et des lignés de politiciens corrompus, qui rendra seule possible la satisfaction des revendications salariées.

Il ne peut y avoir de progrès réel et durable sans changement socialiste. Car dans le cadre capitaliste, ce que la bourgeoisie concède de la main gauche, elle le reprend de la main droite !

Le mouvement ouvrier se bat pour les augmentations de salaire. Mais que vaut l'augmentation des salaires si les prix des biens de consommation et des services augmentent plus vite que n'augmentent encore les salaires ?

Nous nous battons donc pour l'échelle mobile des salaires afin que l'évolution des salaires soit indexée sur celle des prix !

Mais comment empêcher alors les grands groupes de délocaliser les industries s'ils ont jugé la main d'oeuvre trop exigeante ? Comment empêcher la fuite des investissements et la fermeture des entreprises quand les taux de profit escomptés ne paraissent pas suffisamment élevés pour les actionnaires? Les directions syndicales libérales n'ont pas de réponse, et les opportunistes actuels craignent presque toujours de la donner et d'en faire publicité.

Expropriation du grand Capital ! Socialisation des grandes entreprises ! Nationalisation sans indemnités ni rachat pour les richards ! Voici la réponse des révolutionnaires ! Voici notre réponse socialiste !

Les travailleurs salariés, le prolétariat allié à toutes les couches salariées n'ont d'aucune façon besoin du concours des actionnaires pour faire tourner les machines, améliorer le fonctionnement des entreprises, poursuivre les recherches scientifiques et technologiques ! Il est maintenant loin le temps ou nous pouvions placer les capitalistes des grandes entreprises parmi les ouvriers indispensables, les innovateurs et les créateurs de richesses !

Les capitalistes sont pour la plupart de grands absentéistes ! Leur fortune elle-même est gérée par des employés ! Les grands capitalistes sont de plus en plus détachés de la production. Leur rôle se réduit à celui d'appropriateurs privés de la richesse sociale !

Comment ferait-on sans les patrons ? Et bien au lieu seulement qu'une minorité de cadres de direction travaillent pour l'intérêt des capitalistes actionnaires, ils travailleront dorénavant pour le compte de la société entière, sous le contrôle démocratique de l'administration socialiste en haut et des comités et syndicats de travailleurs en bas.

Nous disons que les communistes doivent parler aux travailleurs en communiste. C'est la méthode la plus sûr qui nous permet de gagner les consciences au communisme et de former progressivement une avant garde avec de solides appuis dans le prolétariat et de larges couches de la population.

Les courants opportunistes qui se réclament parfois du marxisme-léninisme -stalinien et maoïste- et plus souvent encore du trotskisme en France préfèrent cacher leur programme car ils craignent de se "couper des masses"! En fait, ils rendent plutôt le discours de contestation et de révolte anticapitaliste peu audible pour la classe salariée.

Il nous faut au contraire défendre notre solution de remplacement au capitalisme qui nous ruine. Nous devons divulguer les multiples raisons de notre contestation. Nous devons rationaliser la révolte en offrant au mouvement réel les perspectives socialistes révolutionnaires et non pas stériliser la lutte des classes à l'aide de lieux communs moralistes, démocratiques et pacifistes.

L'UNIQUE MOYEN DE CONJURER LA CATASTROPHE ÉCOLOGIQUE

La société capitaliste n'est pas seulement une société d'injustice, de misère, de guerre, d'inégalités sociales. La société capitaliste n'est pas seulement une société d'exploitation de l'homme par l'homme, une société de barbarie. La logique du profit, le système de classe conduit l'Humanité à un risque d'extinction.

Durant des millions d'années, l'homo sapiens et ses ancêtres ont transformé et humanisé la nature, modifiant leur environnement végétal et animal par la chasse, la pêche, le feu, la cueillette puis la sélection et la culture d'arbres et de céréales, et enfin la domestication d'espèces animales. Les populations humaines étaient restées jusque là relativement peu nombreuses, les outils utilisés étaient rudimentaires. Le monde était vaste. L'activité humaine avait peu d'incidence sur les grands équilibres écologiques. Mais depuis le début de la révolution industrielle, le rapport de l'homme à la nature s'est profondément modifié. Le progrès des sciences et des technologies nous offre des moyens de tirer de notre environnement les meilleurs avantages. Mais dans le même temps, l'activité de transformation de notre milieu, à l'ère de la grande industrie, de la génétique et de l'ingénieurerie climatique, peut nous conduire rapidement à l'autodestruction. Durant des temps immémoriaux, l'Homme vivait dans la crainte des bêtes sauvages et s'avançait avec précaution vers les contrées inconnues. Aujourd'hui, nous avons la capacité pratique de détruire les dernières traces de la vie sur la terre grâce à la connaissance de l'atome, de la technologie nucléaire et de ses applications.

La classe capitaliste nous fait pour l'instant grâce d'atomiser notre planète. Mais les progrès de l'industrie et des sciences subordonnés aux besoins du capital n'ouvrent pas une issue plus favorable pour l'avenir de l'humanité, et avec elle de l'ensemble de la flore et de la faune terrestre. La poursuite de l'accumulation du capital pour l'accumulation du capital à des niveaux toujours supérieurs rend la classe capitaliste tout à fait inapte à considérer la nécessité de protéger nos ressources en eau, terre, air, mais également de garantir la protection de la diversité génétique des espèces végétales, animales, et de notre propre famille !

La bourgeoisie est aveuglée par sa soif insatiable de transformer toute chose, toute activité en nouvelle source de profit, tout rapport humain, avec ses pairs ou son environnement, en rapport marchand.

L'organisation de la production et des échanges est orientée par chaque groupe capitaliste, vers la recherche maximale du profit au plus court terme ou vers les besoins de l'État capitaliste qui protège l'ensemble des intérêts capitalistes contre le prolétariat et les intérêts d'une fraction capitaliste nationale contre les intérêts des groupements capitalistes concurrents. La production capitaliste n'est pas orientée pour satisfaire dans les meilleures conditions possibles un besoin, les capitalistes produisent pour le profit. La société bourgeoise n'est pas intéressée à protéger les hommes et leur milieu, à économiser leurs ressources, les capitalistes sont exclusivement intéressés à produire le moins cher possible. Les groupes capitalistes ont le pouvoir souverain de placer leurs produits sur le marché, indépendamment de l'impact de leur utilisation sur l'environnement, en dehors de toute réflexion et décision collective sur nos choix de vie et l'avenir de notre espèce.

Les nappes phréatiques bretonnes sont saturées en nitrates, de nombreuses espèces de poissons sont menacées par la surpêche dans les océans, les forêts tropicales d'Afrique et d'Amazonie sont dévastée, nos aliments sont pollués par les pesticides et les herbicides, l'air que nous respirons dans les villes et les zones de culture intensives est empoisonné. Dans tous les pays industrialisés, la part de la population atteint du cancer explose, la progression du taux de stérilité chez la femme et la baisse de la qualité des semences masculines deviennent inquiétantes. Seuls les scientifiques corrompus par quelques lobbies peuvent nier la réalité du réchauffement climatique, conséquence directe de l'activité industrielle contemporaine et de nos modes de consommations destructeurs. L'évolution du taux de concentration de CO2 dans l'air qui oscillait entre 180 ppm et 280 ppm depuis des millions d'années est passée de 280 ppm à 360 ppm en seulement 10 ans !

Sans un changement de cap rapide et radical, nous ne pourrons conjurer le danger de la catastrophe écologique qui vient.

Les États continuent à soutenir l'activité des trusts. Ce sont les monopoles et oligopoles capitalistes qui dictent leurs volontés aux pantins politiciens et fonctionnaires des hautes administrations nationales et internationales. Il en sera ainsi tant que la classe prolétarienne ne se sera pas résolue à liquider les cliques capitalistes criminelles, à les exproprier de leurs biens et de leurs actifs financiers, à arracher de leurs mains et de leurs représentants la propriété et le contrôle des entreprises. Plus avancées sont les techniques dont dispose l'industrie capitaliste, plus les menaces pour notre survie sont nombreuses et plus l'impératif révolutionnaire devient pressant. Soumise à la loi du profit, la multiplication des plans de construction de centrales nucléaires rend très probable de nouveaux accidents gravissimes. Les populations ne sont même pas à l'abri de la collusion de deux sous-marins nucléaires dans l'océan ! Le développement d'organismes génétiquement modifiés par les capitalistes de l'agro-business, les pressions financières des laboratoires pour le clonage des animaux d'élevage sont lourdes de menaces pour la biodiversité. L'appauvrissement du patrimoine génétique animal et végétal doit rendre toujours plus difficile les adaptations nécessaire des espèces vivantes à leur milieu. La logique capitaliste autorise la satisfaction des seuls besoins de croissance du capital. La rationalisation de la production et des échanges s'inscrit dans ce seul cadre. La rationalité capitaliste contredit de plus en plus systématiquement la rationalité d'une organisation économique au service de l'Homme.

Afin de coller quelque peu aux préoccupations d'une opinion inquiète, les politiciens de la bourgeoisie nous abreuvent de phrases creuses sur la protection de l'environnement, le développement durable, la croissance verte. La perspective de réparer quelques dégâts offre surtout de nouvelles opportunités de profit pour nos capitalistes. Mais le capital continu de plus belle à appauvrir nos sols, à polluer l'atmosphère, les eaux et nos organismes. La société bourgeoise est incapable de faire respecter des règles de protection environnementales strictes dans l'industrie, la construction, l'aménagement du territoire, l'agriculture ou les transports à l'échelle nationale et internationale. Les moindres réglementations qui contredisent les intérêts capitalistes sont détournées. Les trusts achètent des "droits à polluer" et ne peuvent plus être inquiétés. Les industriels et les armateurs préfèrent payer des amendes plutôt que de respecter les réglementations en vigueur. On comprime au maximum les investissements supplémentaires qui permettraient de réduire les rejets de CO2 et on dégaze en pleine mer. Les règles de protection de l'environnement et de la santé entrent régulièrement en contradiction avec la nécessité de tirer de la force de travail les profits maximums, avec la nécessité de réduire au minimum les coûts d'extraction et de transformation de la matière pour les entreprises. Quand les pollutions engendrées par une activité industrielle font scandales, et si l'État n'a pas réussi à faire taire l'opinion par quelques promesses qui ne seront pas tenues ou encore par la répression violente des émeutes ouvrières qui éclatent, les entreprises déplacent leurs activités derrière une quelconque frontière administrative où elles vont continuer à commettre leurs forfaits.

Les ressources terrestres sont collectives mais leur appropriation reste privée. Et le mode d'appropriation privé des ressources est soumis à une folle logique de destruction, celle du capitalisme. Nous devons donc arracher aux capitalistes leur main mise sur les richesses de la terre par la socialisation des moyens de production et d'échange, la socialisation de l'ensemble des sources essentielles de la vie. Les capitalistes n'ont d'autre intérêt que de gâcher tous les potentiels de survie et de développement humain qui sont à notre disposition sur la planète. Les remèdes qui sont proposés par la classe dominante contre les conséquences dramatiques de nos modes de production sont encore pires que le mal. Et au fur et à mesure de la croissance des besoins du capital en vu de son accumulation, donc de ses besoins en matières fossiles, en métaux rares, en terres et en eau, les tensions entre groupes capitalistes concurrents vont s'exacerber pour nous conduire à de nouvelles guerres.

Le but socialiste est à atteindre de toute urgence. Seule le socialisme nous permet de rompre avec la logique aveugle du profit, de l'accumulation du capital et de sa croissance destructrice. Seule la centralisation des outils de production et d'échange, l'abolition du monopole du capital sur les choix en matière d'orientation des investissements, du type et des méthodes de production ou en matière de développement des innovations technologiques, nous rend capable de prendre les mesures qui s'imposent. Seule la répression à mort des intérêts particuliers du capital opposés aux travailleurs, consommateurs et à la collectivité dans son ensemble, peut nous permettre de retirer de la circulation l'ensemble des produits dangereux, d'interdire l'utilisation des substances toxiques dans la fabrication des biens de toutes sortes. Seule l'alternative socialiste offre les conditions objectives pour que soient rapidement appliquées l'ensemble des mesures les plus énergiques contre la destruction de notre environnement, contre les menaces les plus directes pour la survie de notre espèce. Seule la planification socialiste peut nous permettre d'imposer et de généraliser les procédés de fabrication, de culture et d'élevage les moins polluants et les plus respectueux de la santé humaine et animale, de développer les moyens de transports les moins gourmands en énergie, d'organiser l'espace en vue de réduire les distances entre les zones d'activité productives et les zones d'habitats et de loisirs. Seul une organisation socialiste peut assurer un développement économique harmonieux à l'échelle du monde entier qui rend possible la protection des espaces naturelles vitaux pour notre survie. Seul le socialisme peut permettre à la société de décider pour elle-même, dans l'intérêt de chacun de ses membres et de l'avenir de l'humanité, les modes de production optimum. Seule la libération de nos conditions d'esclaves salariés, d'êtres aliénés comme producteurs et consommateurs, d'individus diminués tant intellectuellement que physiquement nous offrira demain le cadre pour que nous reconnaissions les véritables besoins à satisfaire et que nous décidions nous-mêmes de la meilleure manière dont nous voulons les satisfaire.

Le prolétariat est poussé par la nécessité, pour survivre et pour la vie à s'engager et prendre la tête de la révolution socialiste. Mais aujourd'hui, la mobilisation du prolétariat, comme seule classe révolutionnaire jusqu'au bout, intéresse plus que jamais l'Humanité toute entière. C'est le sort de toute l'Humanité qui se trouve entre les mains du prolétariat révolutionnaire. La révolution socialiste comme lutte émancipatrice du prolétariat dans l'intérêt de l'Humanité prend un sens nouveau. Notre mission historique doit être accomplie, de toute urgence, avant que les dégâts causés par la destruction de notre milieu deviennent rédhibitoires pour la survie de l'Homme sur la terre.

LES COMMUNISTES DANS LA GUERRE

"Le capitalisme porte la guerre comme la nuée porte l'orage" ! Les dangers de conflits militaires locaux et de guerres sont inhérents au fonctionnement de la société capitaliste. Nous ne pouvons pas écarter la perspective d'une nouvelle guerre mondiale entre les différentes puissances impérialistes au XXIème siècle. Les contradictions qui ont explosées à l'issue de la guerre de 1914-1918 et du deuxième conflit mondial de 1939-1945 n'ont pas été annulées par le développement capitaliste.

Aujourd'hui comme hier, les grands groupes capitalistes nationaux doivent trouver de nouveaux débouchés sur les marchés et ils recherchent activement de nouvelles sources d'approvisionnements en matières premières. Les capitalistes se disputent entre eux les marchés nationaux et mondiaux et se battent pour arracher à leurs concurrents le monopole de l'exploitation des sous-sols. Les méthodes de lutte des différents trusts nationaux pour la défense de leurs intérêts dans le monde sont multiples, ils sont légaux et illégaux, idéologiques et humanitaires, pacifiques et militaires. Les grands trusts utilisent leurs propres moyens pour faire triompher leurs droits et ils mettent au service de leurs desseins les moyens de l'État; sa diplomatie, son budget, ses services de renseignement, ses polices et son armée.

Le régime de concurrence entre les groupes capitalistes nationaux reste inchangé, la contradiction entre le développement des capacités de production du capital et sa tendance à comprimer le marché solvable n'est pas dépassée. Le cadre des nations, de leurs unions et fédération régionales, avec leurs barrières douanières n'en continuent pas moins qu'hier à restreindre le champ d'action et de développement des différents lobbies industriels, bancaires et commerçants. Aussi, les grandes puissances économiques, cherchent plus que jamais, à sécuriser leurs approvisionnements en matière énergétiques au fur et à mesure de la croissance de leurs propres besoins et de la raréfaction des ressources.

Face au prolétariat révolutionnaire, les bourgeoisies de tous les pays s'associent aisément. Mais les différentes fractions capitalistes nationales n'en conservent pas moins des intérêts opposés qui les rendent parfaitement incapable de s'entendre durablement. Si plusieurs nations bourgeoises optent pour l'union économique et politique, le phénomène ne traduit pas une démarche pacifique de ses promoteurs. Si elles ne se résolvent pas à s'unir, les nations les plus faibles sont condamnées à perdre leurs positions face aux puissances impérialistes dominantes. Les associations entre États bourgeois n'ont qu'un objectif, changer le rapport de force entre les différents pôles impérialistes. Elles ne font pas disparaître la menace de conflits militaires entre pays impérialistes, bien au contraire.

Non seulement les causes profondes des conflits inter-impérialistes passés restent inchangées, mais une prochaine guerre entre les principales puissances impérialistes avec les États-Unis, les grandes nations industrielles européennes, la Russie et la Chine, fait peser sur le monde le danger de catastrophes humaines, matérielles et environnementales gravissimes. Les guerres du présent siècle pourraient facilement dépasser en horreur les deux guerres mondiales et ses dizaines de millions de victimes.

Les communistes doivent garder les yeux ouverts et se préparer au pire, donc à un nouveau conflit mondial dont le désastre ne se cantonnerait pas aux périphéries des centres impérialistes.

Les communistes déclarent la guerre à la guerre impérialiste. Les peuples doivent refuser le sacrifice sur l'autel du fric, des seuls intérêts des oligarchies financières et des marchands de canons.

Pour entraîner les nations dans un conflit militaire, la bourgeoisie, ses pantins politiques et intellectuels utiliseront toutes les vieilles ficelles du patriotisme et du chauvinisme. Les classes dominantes répéteront que la guerre est une réponse légitime à une attaque étrangère, que la guerre est défensive, qu'elle est dirigée contre le terrorisme. L'impérialisme tentera de provoquer l'adhésion du peuple en invoquant la défense de la démocratie et de la liberté contre le bellicisme de régimes autoritaires, nationalistes ou religieux. Les États voudront mobiliser la population au nom de la défense de la Nation ou de la patrie. Les États impérialistes n'hésiteront pas à organiser eux-mêmes d'effroyables attentats dont ils feront porter la responsabilité directe sur les ennemis de leur choix. Toutes les astuces pour manipuler l'opinion seront envisagées et utilisés pour la mettre sous le choc et la mobiliser facilement derrière de nouveaux projets impériaux.

Les peuples travailleurs du monde refuseront de se laisser entraîner derrière leur bourgeoisie. L'intérêt de la nation, à la direction de laquelle trônent nos grandes fortunes, nous est étranger. Notre patrie ne se confond pas avec celle des portefeuilles et des comptes en banque des actionnaires et de leurs complices.

Les communistes mèneront un travail de propagande actif en direction du peuple par lequel nous dévoilons les buts cachés de nos démocrates et de nos libéraux, par lequel nous expliquons les véritables motifs de la guerre qui se prépare, qui ne sont pas idéologiques, religieux ou civilisationnels mais économiques et financiers.

Dans aucun pays, les prolétaires ne doivent lier leur destin à celui de la classe qui les exploite et les opprime. Les intérêts du prolétariat et des plus larges couches du peuple sont tout à fait antagoniques avec la défense militaire des intérêts des oligarchies. Nous ne ferons pas leur guerre, nous ne soutiendrons pas leur guerre. Nous opposons notre alternative au système de concurrence capitaliste qui mène mécaniquement aux tueries fratricides, nous opposons la perspective d'une coopération solidaire entre les nations libérées des chaînes de l'impérialisme, pour l'organisation et la gestion socialiste internationale de la production, de la distribution et des ressources. Nous pouvons être des hommes pour les hommes et non des loups entre nous.

Les communistes mobiliseront le peuple contre la guerre. Sans la participation du prolétariat à l'effort de guerre, la bourgeoisie ne peut pas mener la guerre. Les communistes entraîneront donc toutes les forces du prolétariat dans l'industrie et les transports à stopper la machine industrielle actionnée pour les besoins militaires. Les communistes organiseront une grève générale pour paralyser les opérations impérialistes. Le succès de la grève générale annoncera l'imminence de l'insurrection salariée contre le pouvoir criminel.

Notre lutte efficace contre les préparatifs de guerre exige notre organisation internationale. Dans tous les pays qui s'apprêtent à s'engager dans l'aventure guerrière, les communistes appellent le prolétariat à la grève, le peuple à des manifestations de masse, les soldats à se mutiner et à retourner leurs armes contre leurs généraux, à s'organiser en conseils de soldats et à rallier le mouvement salarié. Les prolétaires de tous les pays doivent savoir que l'ennemi qu'ils ont à combattre est dans leur propre pays. Les prolétaires n'ont pas d'autres patries à défendre que celles qu'ils ont libérées du joug de la bourgeoisie.

Si le prolétariat de chaque nation tient la ligne de conduite internationaliste, ne marche pas dans les combines des maîtres et des corrompus, des traîtres aux intérêts de la population, et s'il réussit à lever peuple et soldats, nous avons déjà gagné et un nouveau cataclysme mondial peut être évité.

Si les communistes ne bénéficient pas d'appuis suffisant dans la classe ouvrière pour bloquer les préparatifs de guerre et faire sauter les gouvernements impérialistes, si nous sommes momentanément isolés, alors la tâche est de renforcer encore nos capacités politiques. Nous continuerons le travail de propagande internationaliste, le travail d'organisation public et clandestin dans le prolétariat, l'agitation dans les entreprises, dans les casernes et sur le théâtre des opérations militaires.

Les communistes travaillent dans l'armée. Que les soldats soient des appelés, des professionnels ou bien des volontaires, nous devons consacrer une partie de nos efforts en leur direction, en période de paix comme en période de guerre. Les communistes multiplient sans attendre les contacts avec les soldats, officialisent ces rapports, forment des cellules clandestines de soldats dans chaque corps d'armée.

Dans la guerre qui déchire des nations impérialistes ou dans la guerre que fait l'impérialisme à des nations opprimées, les révolutionnaires n'agissent pas comme les pacifistes qui refusent l'engagement dans l'armée. Les pacifistes refusent de porter les armes, s'opposent catégoriquement à la guerre, à toute les guerres, y compris à la guerre de libération du prolétariat contre les responsables de la guerre impérialiste. Les pacifistes laissent les armes entre les mains de l'impérialisme. Nous sommes des militaristes. Les communistes se préparent pour faire la guerre et liquider le vieil ordre barbare.

Les militants révolutionnaires appelés à servir l'impérialisme sous les drapeaux deviennent soldats. Et dans l'armée, les révolutionnaires, continuent leur travail d'organisation, d'agitation et de propagande. C'est seulement de l'intérieur de l'armée que nous pourrons révolter les soldats contre leurs propres généraux. Et c'est par la mobilisation de masse, du prolétariat et des soldats, que nous pouvons imposer la paix des peuples à l'impérialisme. Dans les casernes et les hôpitaux militaires, sur les bases opérationnelles, nous attisons tous les mécontentements contre les états-majors et les officiers sortis des écoles, nous organisons des causeries sur l'évolution des opérations militaires, les conditions de vie des soldats, nous faisons tourner toutes les informations relatives à l'état d'esprit général des soldats et des officiers dans les autres régiments, des familles, des travailleurs, de leurs organisations ...etc. Nous faisons circuler clandestinement les journaux et tracts révolutionnaires sur le front des opérations, expliquons patiemment aux soldats les vraies raisons de la guerre, sapons le travail de conditionnement de la hiérarchie et des médias au service de l'impérialisme. Pour mobiliser les soldats, contre la guerre impérialiste, pour retourner les armes des soldats contre leurs donneurs d'ordres, des révolutionnaires doivent se trouver aux côtés des soldats avec et parmi eux. Toute notre activité en période de guerre est de transformer la guerre impérialiste en guerre civile, la guerre de l'impérialisme contre les peuples en guerre du prolétariat contre la bourgeoisie et ses gouvernements. La politique des communistes dans la guerre impérialiste, c'est la politique du défaitisme révolutionnaire.

LA CRISE DE SUBJECTIVITÉ DU PROLÉTARIAT ET LES NOUVELLES CONDITIONS HISTORIQUES

La crise contemporaine du mouvement ouvrier est une crise de subjectivité.

Contrairement à ce que des penseurs et sociologues bourgeois voudraient imaginer, le prolétariat comme classe en soi n'a jamais été aussi puissant, aussi nombreux, à la fois dans les pays les plus industrialisés et à la fois dans le monde entier. Le vingtième siècle a été une marche douloureuse vers la prolétarisation et l'urbanisation des populations.

Le prolétariat ne se réduit effectivement pas à la classe ouvrière industrielle. Il est formé de tous ceux qui sont contraints de vendre leur force de travail pour vivre.

L'époque pendant laquelle la classe ouvrière des industries de transformation de la matière était majoritaire dans l'ensemble du prolétariat correspond à l'ère proto-industrielle, quand la population rurale et petite-bourgeoise constituait encore une majorité et à quelques rares exceptions près, en Angleterre, en Allemagne et en France, seulement une très forte minorité du peuple.

C'est justement quand la part de la classe ouvrière "industrielle" a diminué dans celle de la totalité du prolétariat que nous sommes entrés des pleins pieds dans l'ère où le prolétariat constitue l'écrasante majorité du peuple.

C'est après que les rapports marchands aient investi de nouveaux champs d'activité à la suite de l'intégration des femmes sur le marché du travail et de l'explosion des grandes concentrations de population, après que la paysannerie indépendante ait été liquidée, après qu'un grand nombre de services dans la distribution, le transport ou l'agroalimentaire aient été socialisé à leur tour par le Capital que le prolétariat est devenu effectivement la classe majoritaire dans la population.

La majorité de la population mondiale est aujourd'hui urbaine, prolétarisée ou sous prolétarisée.

Les conditions sociales ont été profondément transformées depuis un siècle et demi.

Le mouvement communiste peut compter dorénavant sur un prolétariat majoritaire alors qu'aucun parti communiste ne l'avait pu par le passé. Ni les bolcheviks en Russie ni un les partis dirigeant les démocraties populaires (en dehors de la RDA) ou la Chine postrévolutionnaire n'ont pu s'appuyer sur un prolétariat formant ne serait-ce qu'une simple majorité dans le peuple. Quand les communistes du siècle dernier ont gagné la direction de la révolution, c'est en faisant alliance avec la paysannerie révolutionnaire, non pas sur l'objectif du socialisme, mais sur celui d'objectifs démocratiques, du partage des terres ou de la libération nationale. L'isolement international de l'URSS, l'arriération économique des premiers États ouvriers, la faiblesse numérique de la classe ouvrière ont déterminé les caractères particulièrement autoritaires et bureaucratiques des nouveaux régimes de transition socialiste. Finalement, les appareils bureaucratiques qui ont oeuvré à la construction du socialisme avec leur méthodes; nationales, arbitraires, répressives et criminelles, ont étouffé la démocratie ouvrière, opprimé les aspirations du prolétariat à exercer directement le pouvoir d'État et à participer à la gestion de la vie économique. Les appareils de gestion bureaucratique sont devenus autant de freins, à l'extension de la révolution à l'internationale et à la marche vers le socialisme.

Un facteur objectif principal de la dégénérescence bureaucratique des premiers États ouvriers est pour nous dépassé au XXIème siècle.

Ni les communistes, ni le prolétariat dans son ensemble n'engageront les grandes transformations socialistes dans un milieu d'hostilité ou de passivité malveillante des classes petites bourgeoises majoritaires.

À l'avenir, la dictature du prolétariat pourra se confondre avec la dictature de la majorité au bénéfice immédiat de tout le peuple ! Le niveau élevé de développement des forces productives et le processus avancé de prolétarisation de la population promet que ses très larges couches pourront participer activement à la gestion de l'État socialiste, à sa propre démocratie. Le prolétariat moderne et quasi hégémonique dans les grandes puissances industrielles acceptera difficilement de se faire confisquer la direction de ses affaires par une couche de bureaucrates coupés de ses aspirations et incontrôlés.

L'administration bureaucratique sur une longue période a peu de chance de rencontrer à nouveau auprès d'aucun peuple, cette certaine compréhension de son rôle historiquement légitime, comme à l'heure de l'industrialisation accélérée de la Russie ou de la Chine et de l'engagement de ces grands pays retardataires dans la modernité.

La nouvelle donne sociologique signifie une nouvelle donne politique. Elle nous offre de très sérieuses garanties objectives contre les risques de dégénérescence bureaucratique et policière du régime socialiste.

Les mutations de la classe ouvrière ne sont pas le gage de l'obsolescence des perspectives socialistes et de la théorie marxiste, elles sont les exactes confirmations que nous avons de bien meilleures chances de succès dans notre entreprise politique. Les prochaines révolutions ouvrent la voie à la construction de la nouvelle société sur des bases de civilisation incroyablement plus avancées que par le passé. À l'échelle internationale, le socialisme de demain a toutes les chances de ne plus jamais correspondre à une société de répartition bureaucratique d'une pénurie de ressources. Le socialisme du futur sera celui de la prospérité partagée et de l'autodétermination la plus libre des individus et de leurs collectifs.

Mais pour que le prolétariat se mue de la classe en soi qu'il est aujourd'hui à la classe pour soi, le prolétariat doit se doter de la plus claire conscience de sa mission propre.

Nous avons essuyé un grand nombre de défaites au siècle dernier, programme et mobilisations révolutionnaires trahies par la social-démocratie depuis 1914, occasions exceptionnelles gâchées comme en Allemagne en 1923, potentiels trahis à leurs tours par les directions staliniennes du Parti Communiste français en 1936, des PC italien, français ou grec à la libération... Les pratiques policières et bureaucratiques ont tellement gangrené les premiers États ouvriers en URSS, en Chine et dans les démocraties populaires que la restauration capitaliste s'y est accomplis sans résistance.

Le mouvement ouvrier hérite des échecs du mouvement communiste qui est aujourd'hui très affaibli, en nombre et en intelligence.

Les effets démoralisateurs des tragiques expériences passées continuent à se faire lourdement sentir.

Il nous faut relever le mouvement communiste, revivifier le mouvement salarié de sa conscience de classe.

Le moment est à la reconstruction du mouvement communiste et c'est aux trotskystes révolutionnaires que revient cette haute tâche. C'est nous seuls qui sommes capables de mener à bien la bataille idéologique contre les classes dominantes qui jettent le discrédit sur le projet communiste. Nous ne sommes pas salis des crimes du stalinisme. Nous avons été les premiers opposants au régime de terreur bureaucratique, nous avons tenu haut le drapeau de la révolution socialiste internationale de la liberté des travailleurs. Nous redoublerons d'effort pour convaincre les travailleurs de la juste et indispensable alternative socialiste. La nécessité fait loi.

LA LUTTE DE TROTSKY EN HÉRITAGE

Les courants opportunistes et réformistes du communisme qui cachent le programme ou l'abandonnent peuvent économiser à leurs militants la réflexion sur les échecs des premières tentatives de transitions socialistes passées.

Nous ne le pouvons pas. Car le programme socialiste, pour nous n'est pas un objectif abstrait. Nous posons ouvertement et en pratique la question de la transition socialiste.

Les erreurs et les trahisons des directions communistes du XXème siècle ne sont pas à reproduire.

Notre objectif, ce n'est pas la dictature du prolétariat accoucheuse de la restauration du vieil ordre d'exploitation capitaliste, notre objectif, c'est la dictature du prolétariat qui gagne et qui accouche à l'échelle mondiale, de la société sans classe et sans État !

Mais pour gagner aujourd'hui et demain, l'avant garde communiste doit être très clairement capable de reconnaître l'essentiel des facteurs qui ont déterminés les échecs passés.

Les communistes ne peuvent pas penser former une nouvelle avant garde appuyée par des dizaines et des centaines de milliers de travailleurs dans chaque pays s'ils ne sont pas capables d'expliquer et de populariser le bilan critique des premières révolutions prolétariennes, s'ils ne sont pas capables de faire la propagande la plus large autour des réponses marxistes face à tous les risques de dégénérescence qui pourraient figer le processus de transformation révolutionnaire.

Léon Trotsky a bien reconnu les facteurs de la dégénérescence bureaucratique en URSS et il a définit le caractère de la lutte qui doit être celle de tous les communistes scientifiques, révolutionnaires et internationalistes face à de pareils phénomènes. Les communistes du XXIème siècle ne peuvent faire en aucun cas l'impasse sur l'héritage de Trotsky et des partisans de la construction d'une IVème Internationale. Pour assurer le succès de la Révolution, les communistes doivent s'approprier inévitablement l'ensemble des principaux acquis de la lutte de l'opposition communiste de gauche à la dégénérescence bureaucratique, conservatrice et policière des anciens États ouvriers.

Assimiler les acquis de la lutte Trotsky, c'est comprendre la méthode de Marx, c'est faire du matérialisme dialectique un guide pour notre action militante dans la lutte des classes, avant, pendant et après les premières victoires révolutionnaires.

Trotsky a mené la lutte contre les partisans de la théorie du socialisme dans un seul pays qui indiquait que l'URSS et l'internationale Communiste tournaient le dos à la révolution internationale.

Il a mené la bataille contre les déviations de gauche et de droite en matière de politique économique dans le cadre du régime de transition.

Trotsky s'est opposé d'abord à la politique de Boukharine allié de Staline qui voulait "construire le socialisme à pas de tortue" après le Nouvelle Politique Économique en favorisant l'enrichissement des paysans les plus riches au dépend de la paysannerie pauvre et des objectifs d'industrialisation.

Il a combattu ensuite l'aventurisme économique de Staline qui s'était allié cette fois à Molotov pour industrialiser et collectiviser l'agriculture à marche forcé, au prix de l'aggravation du caractère autoritaire du régime, d'un divorce croissant entre la classe ouvrière et la paysannerie, de l'accroissement des inégalités entre la majorité ouvrière et son aristocratie, et d'un divorce encore plus grand entre l'ensemble du peuple travailleur et les organes d'administration et de répression de la dictature ouvrière dégénérée.

Face à la révision par les directions staliniennes des principes, tactiques et méthodes que l'Internationale Communiste avait adoptées à ses quatre premiers congrès, nous revendiquons l'héritage de la lutte de Trotsky et de ses camarades pour le redressement de la Troisième Internationale puis du travail de refondation d'une nouvelle internationale communiste révolutionnaire, la Quatrième Internationale.

La direction de la Troisième Internationale avait prouvé son incapacité à mener le prolétariat révolutionnaire à la victoire après la défaite chinoise, la défaite sans combat d'Allemagne en 1933, puis la trahison des dernières potentialités révolutionnaires avant l'éclatement du deuxième conflit mondial en France et en Espagne entre 1934 et 1938.

Les erreurs gauchistes de la "Troisième période" de l'Internationale Communiste avaient affaibli dramatiquement les capacités militantes des partis communistes. Mais après la victoire d'Hitler en Allemagne, le revirement droitier de la politique des Fronts populaires qui enchaînait le mouvement ouvrier aux intérêts des démocraties bourgeoises et impérialistes face à ses concurrents amorçait le début de la décadence réformiste des partis communistes subordonnés aux commandements de la bureaucratie conservatrice de Moscou.

La Troisième Internationale stalinisée était devenue un simple instrument de pression dans le jeu de la diplomatie soviétique pour sauver le statu quo avec l'impérialisme. La politique de paix entre l'URSS et les démocraties impérialistes ou certains régimes militaires taxés de progressistes s'est payée chère; trahison de puissants mouvements révolutionnaires nationaux, liquidation politique de grands partis de masse, élimination physique de centaines de milliers de communistes, démoralisation de millions de militants et affaiblissement du mouvement ouvrier dans son ensemble.

Pour réussir la transition socialiste, l'avant garde communiste doit penser en marxiste sa politique économique et internationale. Nous devons penser le rythme du développement socialiste en fonction de l'état des forces productives, des rapports de classe héritées de la société capitaliste, de l'expansion de la révolution à l'internationale.

Nous sommes convaincus que l'organisation socialiste peut seulement réaliser tout son potentiel de progrès pour l'humanité si la révolution s'épanouit à l'échelle internationale et à condition que le peuple travailleur, acteur du processus révolutionnaire, continue sa participation active et en toute conscience à la bonne marche des organisations de gestion et de planification.

Au contraire des premières tentatives de rupture socialiste, les dictatures prolétariennes demain devront garantir l'autonomie et les libertés nécessaires à une organisation socialiste efficace, à l'émancipation de l'humanité et à l'épanouissement des individus.

Après la chute du mur de Berlin en 1989, la décadence bourgeoise des vieux appareils ouvriers s'est accélérée. La CGT française a effacé de son programme l'abolition du salariat pour se projeter comme partenaire social des gouvernements patronaux. Le plus grand nombre des militants, traumatisés par la défaite du stalinisme ont balancé le bébé avec l'eau du bain. Ils se sont détournés de l'alternative socialiste pour se réfugier dans le scepticisme, la contestation stérile ou le questionnement de ceux qui se refusent dorénavant à toute action politique conséquente au service du prolétariat.

Plusieurs générations militantes ont été usées à la lutte. Mais maintenant, pour faire avancer le monde, nous devons écarter du mouvement révolutionnaire les éléments dont l'esprit altère notre vitalité.

La dégénérescence bureaucratique et policière de la révolution socialiste n'est pas une fatalité, ni la trahison du mouvement révolutionnaire international par des cliques de bureaucrates frileux, cyniques et incapables ou bien par des arrivistes réformistes corrompus.

L'histoire n'est pas un fil linéaire mais le produit dynamique et inégal des rapports de force entre les classes. La lutte des classes continue, le mouvement communiste a gagné en maturité, nous devons aller toujours de l'avant !

L'avant garde communiste n'a pas pour rôle de constater les premiers échecs passés puis de se conformer, résignée, à l'état actuel des consciences en acceptant comme inexorable pour toute une période historique l'avance de la bourgeoisie. L'avant garde communiste a pour rôle de mettre en lumière les immenses potentialités assurées par le développement capitaliste à l'échelle mondiale et d'intervenir dans le réel pour atteindre ses objectifs, quel que soit notre point de départ et quels que soient les obstacles dressés par les ennemis et les faux amis.

La grande majorité des organisations qui se réclament du trotskisme ont fait du leader soviétique un réel épouvantail pour un grand nombre de militants d'action et constructeurs du mouvement ouvrier. De nombreuses sectes ont transformé la pensée de Trotsky en un système de dogmes morts.

Et quand l'héritage de l'opposition de gauche et de la lutte de Trotsky est jeté à la poubelle par la Ligue Communiste Révolutionnaire, après avoir changé Trotsky en une icône antistalinienne inoffensive, c'est pour annuler la référence au programme du communisme.

Pour notre organisation, l'héritage politique de Marx, Engels, Lénine et Trotsky est une aide précieuse et indispensable pour notre action présente et future, comme partisans de la révolution socialiste et du communisme.

MOUVEMENT TROTSKYSTE DÉFORMÉ ET NOUVELLE AVANT GARDE COMMUNISTE

Nous nous construisons en rupture avec le vieux mouvement trotskiste qui a dégénéré dans l'ombre des partis staliniens et sociaux démocrates.

Les organisations de la Quatrième internationale ont été incapables de représenter l'avenir du communisme après la restauration capitaliste dans les premiers États ouvriers et l'embourgeoisement des vieux partis réformistes et staliniens.

Après la chute du mur de Berlin, l'éclatement de l'URSS et la restauration capitaliste en Chine, le champ politique était ouvert pour que les organisations trotskistes historiques occupent l'espace vacant en assumant pleinement leur rôle de continuateur du mouvement communiste. La chute des régimes ouvriers bureaucratiques qui s'était accompagnée de l'affaiblissement et de l'embourgeoisement des grands partis communistes qui leurs étaient liés, offrait l'opportunité pour les organisations trotskystes d'assurer non seulement la survie du communisme sous leur propre drapeau mais aussi un rôle central dans la direction de la lutte des classes.

Mais dans la lutte des classes, l'intervention des organisations trotskystes s'est caractérisée par la nullité ou la médiocrité de leurs initiatives, par leur suivisme par rapport aux appareils politiques moribonds du PC et des directions syndicales bureaucratiques nouvellement acquises à la pensée unique.

Quand nos organisations françaises ont dépassé le stade groupusculaire, et réussi à gagner quelques positions dans le mouvement syndical ou sur le plan électoral, c'est pour se fondre aussitôt dans un cadre large, au projet imprécis, à l'exemple du PT- Parti Ouvrier Indépendant lambertiste et du Nouveau Parti Anticapitaliste d'Olivier Besancenot en France.

Les circonstances historiques n'ont pas favorisées l'émergence de puissants partis révolutionnaires trotskystes concurrents des partis staliniens ou des partis ouvriers sociaux-démocrates.

Dans les pays impérialistes, la période dite des "trente glorieuses", qui a été une période de progrès économique, social et démocratique, a joué comme facteur d'embourgeoisement idéologique de la classe ouvrière et de ses organisations. Alors que le contexte était celui d'une amélioration des conditions de vie de la grande majorité de la classe salariée, dans le cadre du régime capitaliste, la question de la révolution se posait comme alternative de plus en plus lointaine.

Les organisations d'extrême gauche tirent les racines de leur opportunisme des conditions objectives de cette période d'enrichissement, de pacification des rapports sociaux et de démocratisation de la vie publique. Puisque le réformisme avait encore "du grain à moudre", les organisations trotskystes ont concurrencé les organisations réformistes ouvrières sur le terrain de la lutte idéologique abstraite et identitaire, en privilégiant toujours la lutte pour les réformes immédiates, se mesurant aux organisations staliniennes et sociale-démocrates par le degré de radicalité des revendications avancées et en faisant toujours l'économie de l'alliance d'une intervention dans la lutte des classes avec un véritable travail de propagande socialiste et révolutionnaire en direction des travailleurs et du peuple.

Les organisations trotskistes n'ont pas été capables de gagner une influence de masse sans perdre le cap révolutionnaire socialiste.

En France, si les organisations de Hardi et de Pierre Lambert ont orienté l'action de leurs militants vers le mouvement salarié, la nature du travail syndical des lambertistes dans Force Ouvrière ou celui de Lutte Ouvrière vers les ouvriers des grandes entreprises à travers les "bulletins de boîte" est restée de caractère économiste. Les interventions publiques de ces deux organisations ont rarement dépassé le stade de la défense des revendications minimums. Quand le Parti des Travailleurs muté en Parti Ouvrier Indépendant quitte le terrain syndical, c'est pour des orientations carrément réformistes; la "défense de la Nation", de la "République", des municipalités bourgeoises ou la "reconquête de la démocratie".

À l'ouvriérisme économiste de Lutte Ouvrière, au syndicalisme droitier de l'OCI-PCI, les JCR et la Ligue de Krivine, Weber et Bensaïd ont opposé leurs déformations petite-bourgeoises alternatives. Cantonnés principalement au milieu estudiantin post soixante huitard, leur ligne a été toute faite de zigzags suivistes et d'opportunisme vis à vis des directions bureaucratiques titistes, castristes et nationalistes, plus tard des organisations bourgeoises de gauche et de leurs mouvements satellites féministes et antiracistes.

Le trotskysme de Voix Ouvrière-Lutte Ouvrière, de l'Organisation Communiste Internationaliste-Parti Communiste Internationaliste-Courant Communiste Internationaliste, ou encore des Jeunesses Communistes Révolutionnaires-Ligue Communiste-Ligue Communiste Révolutionnaire est resté surtout identitaire et manifestait d'abord le rejet des persécutions staliniennes dont les plus éminents représentants du mouvement communiste international avaient été victimes.

L'opposition au stalinisme de ces différents courants qui se réclamaient du programme de la IVème Internationale est resté trop abstraite et théorique. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, les héritiers de Trotsky ont rarement représenté une opposition révolutionnaire vivante aux partis staliniens. À l'épreuve des faits, dans les périodes longues ou courtes de la lutte des classes, dans le cadre de changements des majorités électorales ou dans les situations carrément révolutionnaires, les principales organisations trotskystes affiliées au Secrétariat Unifié de la Quatrième Internationale et issues du mouvement de la Quatrième Internationale n'ont pas réussi autre chose qu'à lier une pratique de lutte réformiste ou une véritable politique de trahison du révolutionnarisme marxiste avec la conservation jalouse de leur identité propres et la répétition de quelques dogmes morts tirés du programme du fondateur de la Quatrième Internationale.

Coupées des masses, condamnées à l'isolement, exclues du mouvement réel et d'une prise véritable sur les événements, les différentes organisations issues de la Quatrième Internationale et leurs vieilles directions se sont souvent figées sur des analyses dépassées, des méthodes d'organisation et d'intervention rigides, des attitudes, un esprit et des moeurs organisationnels sectaires et autoritaires.

Aujourd'hui, les organisations centristes du trotskysme sont tout à fait sclérosées et incapables d'être redressées de l'intérieure. Chaque courant du trotskysme centriste a développé des positions auxquels il reste accroché et qui sont en rupture avec de très nombreuses analyses, principes stratégiques et tactiques, méthodes de construction et d'intervention du communisme marxiste authentique.

En nous engageant dans la construction d'une nouvelle avant garde, nous marquons notre compréhension que les principales organisations du trotskysme sont mortes pour la révolution.

Mais malgré la faillite de la Quatrième Internationale, leurs militants n'ont pas travaillé à contre courant durant sept décennies en vain. L'héritage de Marx, Lénine et Trotsky est arrivé jusqu'à nous. Il est arrivé sous des formes déformées, mais les leçons du fondateur de la Quatrième internationale et de ses continuateurs ne sont pas perdues pour les nouvelles générations.

Après la traversé du désert, après la période de survie à la marge du mouvement ouvrier est venu notre heure, celle des nouvelles générations qui renouent avec la pensée marxiste, apprennent des dernières expériences, s'approprient les derniers acquis de la lutte révolutionnaire et à qui revient la possibilité et le devoir de reconstruire le mouvement salarié sur les bases du marxisme vivant.

VIOLENCE RÉVOLUTIONNAIRE ET DICTATURE DU PROLÉTARIAT

Nous resterons des esclaves, une humanité aliénée, une civilisation en recule, avant de nous être réappropriés les instruments de production et d'échange.

Afin d'exproprier les expropriateurs, il nous faut construire le rapport de force qui hissera le prolétariat de sa condition de classe dominée à celle de classe dominante et dont le régime annoncera l'avènement de la société sans classe et sans États.

Nous devons assumer très nettement la rupture avec l'ensemble des courants ouvertement réformistes ou bien les courants centristes qui craignent de dire toute la vérité aux masses et qui désarment la population salariée face à ses exploiteurs.

Les communistes ne craignent ni ne se détournent de la révolution violente. La révolution socialiste est une action de violence contre la domination bourgeoise, elle est une action de destruction de l'appareil de domination capitaliste. La révolution est le passage obligé. Récuser la violence libératrice, c'est accepter la violence des oppresseurs.

La démocratie bourgeoise est un leurre, elle est seulement le masque libéral de la dictature bourgeoise jusqu'à ce que les travailleurs salariés décident que les grandes entreprises passent entre leurs mains, comme hier les terres sont passées des mains de l'aristocratie foncière aux mains des paysans qui les cultivaient.

Nous opposons à la démocratie des électeurs passifs la démocratie active des travailleurs organisés en conseils. Nous opposons au pouvoir corrompu des élus irresponsables le pouvoir des délégués des conseils, mandatés et révocables par leur base. Nous opposons à l'impuissance de la République démocratique qui laisse entre les mains de la Finance la gestion réelle de nos économies la République des travailleurs, administration de gestion de l'économie dans l'intérêt des populations et des générations futures. Nous voulons substituer à la souveraineté exercée par la minorité actionnariale sur nos pays la souveraineté du peuple travailleur. À ceux qui travaillent et produisent les richesses la direction de leurs propres affaires !

La substitution de la République socialiste des conseils à la République bourgeoise implique la dissolution de l'ensemble des institutions de la démocratie bourgeoise qui cachent la dictature des capitalistes. De bas en haut, nous ferons table rase. Des municipalités, conseils régionaux et départementaux, du parlement, du sénat, de la présidence, des nids de hauts fonctionnaires non élus, des institutions européennes, le peuple travailleur en mouvement pour son émancipation ne laissera rien. Il formera les nouveaux corps de gestion économique, de justice et de répression adaptés à la période de lutte à mort contre le vieux monde; communes urbaines et rurales d'habitants, conseils de travailleurs, milices prolétariennes, tribunaux révolutionnaires, le peuple esclave devient le maître chez lui !

Les révolutionnaires n'escamotent pas la question des moyens. Qui veut la fin veut les moyens ! Qui veut se débarrasser du régime d'exploitation et de guerre doit vouloir la révolution socialiste.

L'avant garde communiste prépare la classe salariée à l'épreuve révolutionnaire par la propagande et démontre dans l'action en quoi les organisations de la lutte, les assemblées générales, coordinations, collectifs et comités de grève et d'action représentent les embryons du nouveau pouvoir salarié qui a vocation à diriger la Nation et à constituer l'appareil d'État et d'oppression des classes exploiteuses. Les services d'ordre des syndicats, les organisations de défense, les grévistes armés contre la police ou les milices patronales quand ils défendent leurs piquets de grève, annoncent la formation d'une organisation des milices salariées, bras armé du pouvoir des conseils de travailleurs et du nouvel État.

Nous expliquons sans craindre l'opinion bourgeoise la nécessité de la prise d'arme, de l'insurrection armée qui portera le coup de grâce aux institutions politiques bourgeoises.

Soutenu par le mouvement des masses, la direction du parti et ses militants doivent être au mieux préparés à diriger les opérations insurrectionnelles. La victoire exige que le comité en charge de la planification de l'action révolutionnaire, qu'il soit le centre d'un seul parti ou d'un ensemble de participants, ait acquis l'autorité pour décider l'assaut du prolétariat révolutionnaire à heure fixe. Les organisations armées de la révolution devront au moment voulu, investir l'ensemble des points stratégiques, protéger les sites les plus sensibles, s'emparer de tout le matériel militaire resté sur le territoire, neutraliser les membres de l'état-major de l'armée ennemie, réprimer les têtes de l'État capitaliste, soumettre par le fer les cliques bourgeoises contre-révolutionnaires et leurs bandes armées.

A l'extérieur du territoire, nous devons pouvoir compter sur la mutinerie de la marine et des pilotes de l'air et bientôt ou simultanément, sur l'aide et le soutien des nouveaux peuples mobilisés contre leurs propres exploiteurs.

En vue de se rendre prêt pour la situation prérévolutionnaire, en pratique, le parti communiste doit porter toute son attention au développement de ses organisations au sein des forces de répression bourgeoises, dans l'armée -qu'elle soit de conscription ou bien professionnelle- ainsi que dans la police et les différentes entreprises de sécurité privées dont le rôle s'attelle à celui de l'appareil d'État et s'élargit d'années en années. Le parti communiste devra être capable de retourner les soldats et simples fonctionnaires des corps de répression de l'État contre les états majors, officiers et soutiens de la réaction.

Les organisations centristes opposent à notre conception révolutionnaire de la dictature du prolétariat, quand elles s'en réclament encore, une conception démocratique et formaliste.

La dictature du prolétariat ne peut se confondre avec un élargissement des contrôles et de la participation populaire. Elle ne se définit pas non plus par le pouvoir de la majorité ni même par le pouvoir des conseils de travailleurs et de leurs représentants. La dictature du prolétariat peut prendre de multiples formes et elle a pris les formes les plus autoritaires par le passé. La dictature du prolétariat a même pu être exercée en dehors de toute participation directe du prolétariat, par des arbitres tyranniques placés au dessus d'une police politique secrète et d'une administration bureaucratique terrorisée.

À l'avenir, elle peut et elle doit s'exercer par l'organisation centralisée démocratiquement des conseils salariés. Nous voulons que la dictature du prolétariat prenne la forme de la démocratie la plus large des travailleurs. C'est ce cadre qui offre les meilleures chances de régler pacifiquement et en toute conscience des intéressés, les différentes contradictions dans le peuple.

Mais la nature de classe d'un État n'est aucunement déterminée par la forme de ses institutions, la sociologie des membres des gouvernements ou des partis au pouvoir, pas plus que par les rapports de production dont le régime hérite.

La dictature du prolétariat, c'est un programme; celui de l'expropriation de la bourgeoisie, de la répression des forces contre-révolutionnaires, de la socialisation et de la centralisation étatique des instruments de production et d'échange. Les tendances du mouvement ouvrier qui refusent de reconnaître l'URSS ou la Chine de Mao comme États ouvriers, parce que bureaucratiques, totalitaires ou anti-démocratiques, démontrent sur le plan théorique leur pacifisme démocratique qui pourrait se traduire et se traduit le plus souvent, en pratique.

Avant que les soviets russes ne portent à leur tête les bolcheviks, il n'était pas question de dictature prolétarienne. Il n'existe pas de dictature prolétarienne avant que la majorité du peuple, une armée de libération nationale ou une démocratie de conseils salariés ne portent des communistes en capacité de réaliser les mesures de transition socialistes.

La démocratie des conseils ne forme en aucun cas mécaniquement une République socialiste. L'avant garde doit être préparée, non seulement à se battre pour l'organisation des conseils salariés comme organisation de combat pour la révolution et comme meilleure forme possible pour l'exercice de la dictature du prolétariat, mais encore s'apprêter à exercer la dictature du prolétariat en dehors du soutien formel des conseils et de la majorité populaire si l'existence même du régime de transition est menacé par la contre révolution intérieure ou extérieure. Les partis qui ne préparent pas leurs militants aux contextes les plus difficiles ne peuvent former une avant garde conséquente. L'avant garde révolutionnaire ne limite effectivement pas ses tâches à la préparation de la prise du pouvoir, elle s'apprête à diriger la Nation, déterminer la politique des nouvelles Républiques pour la défense de la dictature socialiste, le développement de la révolution, la construction du socialisme international jusqu'à la réalisation du communisme.

Nous devons nous opposer et mener la bataille idéologique contre les tendances trotskystes petites bourgeoises qui voudraient abandonner le pouvoir à la réaction, à l'occasion de la première modification du rapport de force dans la période de transition révolutionnaire. Et immanquablement, la révolution ne suit pas un cours linéaire. Les communistes seront portés au pouvoir par d'incroyables vagues d'enthousiasme populaire mais ils devront apprendre à faire face à des situations de recule dramatique de la combativité ouvrière, d'abaissement de la conscience de classe, socialiste et internationaliste. Plus la contre révolution sera difficile à réprimer, plus la révolution sera isolée, plus nos appuis initiaux seront affaiblis et plus la réaction conservatrice dans les masses peut menacer les acquis chèrement payés par d'immenses et douloureux sacrifices. L'avant garde communiste doit se trouver alors assez forte et consciente pour ne pas craindre de commander contre l'opinion majoritaire, d'obliger la réalisation de ses propres mesures extraordinaires d'action économique ou de défense.

La préparation de l'avant garde à des mesures extraordinaires pour la défense des acquis socialistes ne s'oppose nullement à la formation de cette même avant-garde pour diriger la lutte contre les menaces de dégénérescence qui pèsent sur l'État ouvrier. Les différents types d'intervention des communistes dans le processus de bouleversement révolutionnaire doivent se combiner pour faire avancer le mouvement réel. Seuls les sectaires, idéalistes et formalistes petits bourgeois peuvent y voire une contradiction antagonique et rédhibitoire. Le mouvement de la lutte des classes est contradictoire. Le rôle des marxistes est de bien reconnaître les contradictions des processus. Les militants communistes ne reconnaissent pas de processus et de situations qui ne soient contradictoires.

DE LA TRANSITION SOCIALISTE AU COMMUNISME

Le passage du capitalisme au communisme ne se réalise pas en un bond unique. Entre la prise du pouvoir travailleur et l'avènement de la société sans classe et sans États s'étend une phase de transition socialiste. Durant cette phase, de grands progrès peuvent être réalisés sans attendre; liquidation du chômage par la répartition du travail entre l'ensemble des actifs, première baisse radicale du temps de travail, élévation des revenus disponibles pour la grande majorité du peuple par l'augmentation des salaires ouvriers et employés, la baisse des prix sur les produits de première nécessité, la baisse et le blocage du prix des loyers, la construction de nouveaux logements, la refondation des services de santé, d'instruction et de formation professionnelle... La réorganisation socialiste de la grande production et de la distribution va permettre rapidement d'immenses économies de travail. En fusionnant les différents groupes concurrents sous le contrôle des organisations des producteurs et des consommateurs, en généralisant l'usage de certaines techniques et de certaines machines, des gains de productivité incroyables pourront être partagés au bénéfice du grand nombre. En libérant l'énergie sociale de millions de travailleurs tenus jusqu'à ce jour en esclavage, la population, investie dans les différentes collectivités de travail et de gestion de l'économie pourra enfin s'approprier et humaniser son environnement urbain et rural.

Ces ensembles de mesures de progrès forment les premiers acquis du nouveau régime et de son peuple. Mais nous devons garder à l'esprit que les progrès de l'économie ainsi que l'élargissement de la démocratie nouvelle sont subordonnés in fine, à la défense militaire de la patrie socialiste. Les populations ne tireront pas encore tous les bienfaits des premières mesures d'organisation socialiste dans une situation de guerre contre la réaction nationale ou étrangère, ou encore dans la période d'immédiate après guerre, quand la situation nous impose d'agir pour remettre en état nos villes, terres et infrastructures détruites et saccagées. C'est une fois seulement les dégâts de la guerre civile réparée, la réaction de l'intérieure désarmée, les troupes impérialistes tenues en respect, nos capacités de défense consolidées, que les réformes socialistes engagées se traduiront effectivement par une amélioration des conditions de la vie quotidienne des populations, par une pacification des contradictions sociales dans le peuple, par l'extension progressive des sphères de la liberté et de l'autonomie pour les individus et leurs organisations.

Le régime de transition socialiste se caractérise par la survivance de l'État, le maintien de la dictature du prolétariat.

L'acte fondateur de la révolution socialiste est l'expropriation des puissants capitalistes, la socialisation par l'État ouvrier des grandes et moyennes entreprises, le monopole de l'État sur le commerce extérieure, la fondation d'une armée rouge et un ensemble d'organisations de défense populaire qui lient leur destin à celui de la Révolution. Mais les premiers changements effectués par le peuple révolutionnaire jettent seulement les bases de la nouvelle société. Dans la première phase de transition socialiste, les contradictions sociales persistent, entre les couches issues de la bourgeoisie exploiteuse et le nouveau régime d'abord, entre la petite bourgeoisie traditionnelle, les couches aristocratiques et privilégiées du salariat et le prolétariat dominant ensuite. La victoire de la Révolution dans un seul pays ou un seul groupe de pays ne supprime pas de facto la lutte des classes. Le danger restaurationniste existe tant que la Révolution n'est pas victorieuse dans le monde, tant que le pouvoir des conseils et l'économie socialiste ne reposent pas sur des fondations solides. Les organes de la répression révolutionnaire survivent à la révolution et aux premiers succès dans la construction du socialisme. La lutte contre la bourgeoisie n'est pas terminée avant que les travailleurs du monde entier l'aient dépossédé de son pouvoir politique et économique et avant qu'elle n'ait été complètement liquidée comme classe, que les éléments bourgeois se soient tout à fait confondus avec les éléments prolétariens dans un nouveau collectif humain.

Notre conception marxiste de la transition socialiste repose sur une analyse scientifique en vue de notre intervention communiste pratique à cette nouvelle étape de l'évolution historique et non pas sur quelques utopies petite-bourgeoises confortables projetées depuis aujourd'hui. La révolution doit continuer après la prise du pouvoir par le prolétariat. La révolution est permanente jusqu'à ce que les bases matérielles de la société excluent à jamais la recomposition d'un régime d'exploitation de l'homme par l'homme. La lutte des classes continue tant que la division sociale du travail ne sera pas devenue absolument caduque.

Car si malgré les immenses potentiels de développement humains que nous lègue la société capitaliste dans son ensemble, l'ignorance d'une partie du peuple et son maintien à un statut inférieur est toujours tenu pour nécessaire au développement des forces productives et de la société dans son ensemble, si l'élévation intellectuelle d'une fraction de la population trouve encore sa condition dans l'asservissement et le cantonnement d'une autre fraction du peuple à un travail parcellaire et abêtissant, alors les communistes et le prolétariat a encore un long chemin à parcourir, dans le régime de transition, pour préparer les conditions économiques et politiques à la réalisation de leur but grandiose commun.

La lutte pour le communisme ne finit pas avant que la classe travailleuse ait mis fin aux inégalités sociales qui divisent le monde du travail, entre travailleurs qualifiés et travailleurs non qualifiés, ouvriers, employés et ingénieurs. C'est seulement quand nous aurons assuré à chacun des conditions sociales d'existence égales par la suppression de l'exploitation capitaliste, la liquidation des rapports marchands d'échange et la socialisation des coût de satisfaction des besoins, que la lutte des groupes pour l'appropriation du surproduit social pourra prendre définitivement fin. Avant que les individus soient libres de travailler selon leur seules capacités, et d'échanger leur contribution inégale contre l'ensemble des biens et des services mis à leur disposition selon leurs besoins, nous n'avons pas encore triomphé de la vieille société.

Le rapport est étroit entre le niveau atteint des forces productives dans un pays et une région, le niveau de concentration du capital qui fait la puissance sociale du prolétariat et la facilité avec laquelle la transition socialiste peut être assurée. Plus les forces productives sont développées, plus la socialisation du procès de production est avancé, plus la proportion du prolétariat dans la population totale est élevée, et plus facile et rapide doit être la période de transition socialiste. A contrario, plus bas est le niveau de développement économique, plus nombreuses sont les couches des petits propriétaires agricoles, artisans et commerçants dans le peuple, et plus longue et périlleuse est la construction du socialisme.

La socialisation des moyens de production et d'échange est la seule voie de progrès pour le prolétariat. La classe salariée a un intérêt direct au socialisme. Par contre, la petite bourgeoisie, encore attachée à la terre de l'exploitation familiale, à la boutique ou à l'atelier, n'a pas d'intérêt au socialisme en tant que classe propriétaire. Les couches de la petite bourgeoisie trouvent un intérêt dans l'association socialiste comme producteurs et consommateurs. Mais le développement socialiste, tout comme le processus de concentration capitaliste, condamne à disparaître la petite bourgeoisie propriétaire de ses outils de travail.

En fonction du contexte social et économique des différentes nations et ensembles régionaux, selon la rapidité avec laquelle la révolution socialiste gagne le monde et l'ordre géographique des premières victoires révolutionnaires, les rythmes de la construction du socialisme sont différents.

L'avant garde marxiste doit faire preuve de vigilance contre les dangers politiques de gauche et de droite dans la période de transition. Dans la perspective de l'élargissement de la sphère socialisée de l'économie, des plus grandes unités de production et d'échange vers les plus petites unités économiques, les communistes doivent interdire l'usage de la violence contre les petits producteurs indépendants. L'association des producteurs dispersés doit être le fait de leur adhésion volontaire à des structures communes. Dans l'intérêt de la dictature du prolétariat et l'avenir du socialisme, nous faisons tout notre possible pour que les contradictions dans le peuple puissent se résoudre par la voie pacifique, par le biais des syndicats professionnels et dans le cadre de la démocratie socialiste. En même temps, les militants de l'avant garde communiste doivent se tenir prêt à réagir énergiquement contre les politiques droitières des éléments bureaucratiques et privilégiés de l'État qui aimeraient neutraliser le prolétariat, son pouvoir de direction et de contrôle, en s'appuyant et en favorisant la masse petite bourgeoise des pays retardataires contre la ville et la classe ouvrière.

Le rythme auquel les écarts de revenu peuvent se réduire entre cadres, ingénieurs et ouvriers ou employés doit accompagner les progrès de la qualification professionnelle de tout le peuple, la réduction du temps de travail dans le cadre d'une économie prospère. L'égalitarisation des salaires a de grandes chances d'être seulement consécutive à la liquidation des principales divisions sociales dans le travail. L'égalité des salaires deviendra une réalité quand le taux du salaire ne déterminera plus, ni la qualité du travail fourni par les producteurs, ni la sphère de la production ou le métier en direction desquels les producteurs s'engagent, ni le domaine et la longueur de la formation universitaire et professionnelle auxquels la jeunesse veut se consacrer.

Dans le cadre du régime de transition socialiste, l'avant garde communiste doit continuer la lutte pour que la marche hardie vers l'égalité sociale soit facteur de progrès économique, de libération individuelle, de raffermissement des appuis du peuple à l'État socialiste et à la révolution internationale.

Suivant l'avancée des forces productives, le processus de socialisation des coûts de satisfaction des besoins est également plus ou moins rapide. Ce dernier processus ne peut se faire de façon homogène à l'échelle de tous les pays. Le dépassement des rapports bourgeois d'échange exige une production abondante de biens et de services qui permette de couvrir l'ensemble de la demande qui s'exprime par les actes de consommation libres, sous peine de provoquer immanquablement le clientélisme, le favoritisme ou un marché parallèle pour la distribution des raretés. L'extension de la socialisation des coûts doit être progressive. Elle doit s'accompagner de nouveaux progrès dans la productivité du travail pour autoriser la réduction à un minimum le travail social nécessaire fourni par les individus. En effet, la catastrophe économique guetterait le nouveau régime si tout en laissant à disposition libre et gratuite un trop grand nombre de biens de consommation, de services, de moyens de transport, de se loger, de s'éclairer, de se chauffer, la production de ces mêmes biens et services exigeait un nombre d'heures de travail encore trop lourd à supporter pour la collectivité et ses membres. Dans une pareille situation, la socialisation trop avancée des coûts aurait un impact négatif sur la production. Les travailleurs ne se résoudraient pas à travailler assez longtemps ou avec assez d'application "suivant leurs capacités" et selon leur libre consentement.

Le rythme de la socialisation des coûts doit donc être proportionnelle à l'élévation de la productivité du travail, la baisse des coûts de production, la baisse du temps de travail pour les producteurs. La socialisation intégrale des coûts devient seulement possible quand le travail social est exercé par les individus non plus en vertu d'une quelconque contrainte économique mais en vertu d'un besoin librement exprimé par les individus dans l'acte de production lui-même. Quand les individus ne participeront plus à l'effort de production collectif en vue d'obtenir un salaire, quand la force de travail cessera d'être vendu et acheté comme une marchandise, alors l'utilisation de signes monétaires pour l'usage et la consommation d'un service ou d'un bien sera devenue parfaitement obsolète. Les rapports marchands d'échange auront été tout à fait dépassés.

La victoire de la révolution dans le monde et la socialisation des coûts de satisfaction des besoins après la socialisation des outils de production et d'échange annonce la fin de la période de transition socialiste, la liquidation des conditions objectives pour toute restauration capitaliste. Un nouveau chapitre s'ouvre alors dans l'histoire de l'humanité, celui du règne de la liberté.

LE PHÉNOMÈNE DE BUREAUCRATISATION DE L'ÉTAT OUVRIER

Avant que le capitalisme y ait été restauré, l'État soviétique a connu une longue période de dégénérescence bureaucratique tandis que les régimes ouvriers d'Europe orientale ou de la Chine maoïste ont partagé avec l'URSS son caractère bureaucratique et policier dès leur propre fondation.

Dans les premiers États ouvriers du siècle dernier, la bourgeoisie avait été expropriée, les moyens de production et d'échange socialisés et collectivisés, l'économie planifiée. Les bases de la société de transition socialiste avaient été jetées. Pourtant, le prolétariat y avait perdu l'exercice direct de sa dictature.

En pleine guerre civile russe, dans un contexte de famine et de désindustrialisation, les soviets ouvriers qui avaient été les sûrs appuis du parti bolchévik et les véritables centres de la démocratie révolutionnaire prolétarienne se sont changés en comités restreints chargé de l'administration, par le haut, de la production d'armement et du ravitaillement. Les bolchéviks ont gagné la révolution ouvrière et paysanne avec le concours des soviets des principaux foyers industriels. Mais c'est avec l'Armée rouge que les bolchéviks ont défendu la révolution contre ses ennemis de l'intérieure et de l'étranger et réussi à gagner la guerre contre la réaction blanche de la noblesse, de la bourgeoisie et de l'impérialisme coalisés. Durant la guerre civile, le prolétariat industriel, affaiblis ou disparus, privés de ses éléments d'avant garde, avait cessé de représenter au sein des soviets l'appui ferme et résolu de la dictature révolutionnaire. Les soviets ont été ainsi changés en simples comités du Parti bolchévik. Les meilleurs cadres et militants bolchéviks, les éléments les plus combatifs et les plus sûrs du prolétariat étaient engagés dans l'Armée, ils étaient chargés de la police, de la répression révolutionnaire, des réquisitions, du ravitaillement, ils étaient intégrés au travail de direction de l'administration de l'État ouvrier. À la fin de la guerre civile, l'URSS était exsangue. Et la démocratie soviétique s'était affaiblie pour laisser place à une administration bureaucratique tout à fait émancipée du contrôle et de la participation active des producteurs.

La dictature bolchévik ne tirait plus sa force de l'engagement révolutionnaire du prolétariat. La paix civile était consolidée grâce aux nouveaux sacrifices au travail des ouvriers et de ses militants, au relâchement de la pression sur la paysannerie. Mais il fallait toujours contenir l'hostilité de larges fractions de la paysannerie, ménager la neutralité ou les appuis fragiles des différentes couches du peuple qui avaient payé un lourd tribut durant la guerre.

Le travail de police systématique dirigée par Dzerjinsky couplé à la redistribution de quelques privilèges aux agents administratifs de l'État assurait la stabilité nécessaire au redémarrage économique. Mais la réindustrialisation du pays et la croissance de l'économie paysanne ne s'est pas accompagnée d'une revivification de la démocratie des soviets. Tout au contraire. Les éléments conservateurs ont renforcé leurs positions dans le parti et les administrations. Les pratiques bureaucratiques et les méthodes expéditives héritées de l'ancien régime et de la guerre civile se sont généralisées.

Après la mort de Lénine en 1924, la vieille garde bolchévik a été littéralement noyée au sein du parti par l'intégration de jeunes membres promis par Staline à occuper des postes de responsabilité dans l'appareil d'État. Le parti communiste dirigeant perdait son caractère de parti d'avant garde, avec ses militants expérimentés et rigoureusement sélectionnés pour leur qualité politique et leur dévouement au socialisme. Les organisations du parti se confondaient dorénavant avec l'appareil bureaucratique de l'État. L'opposition de gauche alertait les cadres bolchéviks sur le danger de bureaucratisation et de restauration mais le centre stalinien était déjà bien stabilisé. La répression politique s'abattait dorénavant sur la gauche communiste du parti. L'heure était à la "consolidation", sur la base du statu quo avec la bureaucratie et la paysannerie. Le relâchement de la pression administrative sur l'économie paysanne et petite-bourgeoise s'accompagnait d'un renforcement du caractère autoritaire, policier et bureaucratique du régime soviétique.

Quand en 1928, Staline se retourne contre la droite du parti, rompt son alliance avec Boukharine et sa théorie du "socialisme à pas de tortue", il s'apprête à diriger toutes les forces vives de la nation soviétique vers des objectifs de développement surréalistes. Le rejet par le Parti Communiste de la Nouvelle Politique Économique en 1929 inscrit la réalisation du premier plan quinquennal dans le cadre de la collectivisation forcé des terres et de la dékoulakisation, vers une politique de développement industriel aventuriste toute orientée vers l'industrie lourde au dépend de l'industrie légère et de la production de biens de consommation. La politique opportuniste de Staline-Boukharine en direction de toute la paysannerie avait renforcé l'autorité de la bourgeoisie campagnarde dans toute la société soviétique tandis que la répression de la gauche du parti communiste avait favorisé la bureaucratisation de l'appareil d'État. Et quand Staline décide, allié de Molotov, l'industrialisation à marche forcée, c'est tout l'appareil d'oppression bureaucratique et militaire qui est encore renforcé. Après avoir liquidé l'opposition de gauche et exilé Trotsky, le parti communiste dirigeant s'est isolé cette fois de larges couches de la paysannerie et la masse des ouvriers des villes est résignée. À côté de l'endémie bureaucratique et du raffermissement des contrôles et répressions policières, l'État soviétique a gagné ses nouveaux appuis parmi une élite ouvrière technicienne et les nouvelles couches d'ingénieurs à laquelle le régime offre des privilèges et des perspectives d'avancement.

Le développement de l'industrie socialiste et la modernisation de l'URSS, n'a donc pas annoncé un progrès véritable dans la voie du socialisme. Les appuis populaires et la participation de la classe ouvrière à l'exercice de sa dictature n'ont pas été raffermis. L'industrialisation et la collectivisation des terres a joué comme un facteur d'accélération du processus de dégénérescence bureaucratique, de croissance des inégalités sociales et de raffermissement de la terreur policière de masse exercée contre l'ensemble de la population paysanne et ouvrière, contre les principaux cadres du parti et de l'Armée rouge, contre l'ensemble de la vieille garde du parti, contre les propres membres de l'administration du régime, ses intellectuels, scientifiques ou artistes, tous victimes de purges meurtrières.

Les progrès formels de l'économie socialisée n'ont pas conduit au progrès du socialisme, ni en URSS, ni ailleurs dans les autres États prolétariens après 1945. La socialisation accélérée a eu pour contrepartie la bureaucratisation de l'État soviétique qui figeait le processus de libération du prolétariat au niveau national. La bureaucratisation de l'URSS s'est également accompagnée à l'échelle internationale, de la bureaucratisation des rapports entre l'ensemble des partis communistes et la direction de la IIIème Internationale. La direction de l'Internationale commandait de Moscou une politique de subordination des différentes sections de l'Internationale Communiste aux intérêts diplomatiques changeant de la bureaucratie soviétique. Les orientations de la IIIème Internationale n'étaient plus conformes aux intérêts de la lutte des classes et des intérêts généraux du prolétariat révolutionnaire.

Ainsi, non seulement le travail pour développer le socialisme en URSS a été détourné de ses objectifs initiaux, mais la bureaucratie d'État stalinienne a sapé par les ordres qu'elle donnait aux sections de l'IC, de nombreuses occasions d'étendre la révolution à l'internationale, au bénéfice d'alliances fragiles avec la bourgeoisie de différents pays, du statu quo et de la coexistence pacifique avec l'impérialisme contre la révolution.

Le processus de dégénérescence bureaucratique trouve toujours ses causes dans les conditions objectives où l'État ouvrier est placé; arriération économique, faible proportion du prolétariat dans la masse du peuple et prédominance des éléments petit-bourgeois et paysans en son sein, isolement de la révolution des principaux centre industriels mondiaux. Le phénomène de bureaucratisation est étroitement lié à la faiblesse des appui et de la participation solidaire du prolétariat aux organisations de l'État révolutionnaire, à la pression de la petite bourgeoisie intérieure qui peut militer activement pour conserver ses libertés commerciales et son régime d'exploitation archaïque, à la pression économique et militaire de l'impérialisme qui est d'autant plus forte que la nation socialiste est isolée et retardataire du point de vue de son développement économique. Dans ce contexte, la contrainte bureaucratique est utilisée comme méthode de pression sur la classe ouvrière et la paysannerie en vu d'accélérer le processus d'accumulation socialiste nécessaire à l'industrialisation et au développement du pays. L'État ouvrier compte sur son administration et sa police plutôt que sur l'intérêt matériel et moral que pourraient porter les travailleurs des villes et de la campagne à produire plus et mieux dans le cadre d'une planification socialiste démocratique.

Par sa politique, la bureaucratie défend ses seules positions privilégiées dans l'appareil d'État ouvrier. Et à terme, c'est la survie de l'État ouvrier que la bureaucratie met en danger. Le conservatisme bureaucratique en politique international freine ou sabote le développement de la révolution socialiste dans le monde. L'État ouvrier s'en retrouve encore plus isolé. L'aventurisme économique industriel et agricole catastrophique de Staline, Khrouchtchev ou Mao, les dépenses disproportionnées consacrer à l'armement ou à la conquête de l'espace, ont gâché des forces productives immenses qui auraient pu être mobilisées pour améliorer les conditions de vie des travailleurs, favoriser les soutiens populaires nationaux et internationaux au régime. La politique de terreur et de répression violente des opposants aux différents cours des partis communistes dirigeants et de leurs gouvernements, l'oppression des libertés collectives et individuelles dans le domaine syndical et politique, des sciences et des arts, de l'administration et de l'économie, ont porté un tort immense au développement du socialisme. Le divorce entre les administrés de l'État ouvrier et ses élites bureaucratiques privilégiées n'a cessé de s'accentuer. L'organisation bureaucratique des premiers régimes ouvriers s'est opposé radicalement aux changements que rendait nécessaire le développement des forces productives. Avec ses méthodes, la bureaucratie pouvait encore moins satisfaire en biens de consommation diversifiés les populations urbaines et rurales qu'elle n'avait contribuées au développement harmonieux de l'agriculture et de l'industrie, de l'industrie lourde et de l'industrie légère.

La terreur policière commune aux premiers régimes de transition socialiste a interdit à une avant garde internationaliste et révolutionnaire de survivre aux différentes purges et de se reconstituer. La classe ouvrière, politiquement opprimée, privée du soutien et de la direction d'organisations communistes alternatives aux partis communistes officiels, démobilisée, est restée passive quand les fractions de la bureaucratie ont restauré le capitalisme et privatisé pour leur propre compte les entreprises de l'État socialiste.

LA RÉVOLUTION POLITIQUE CONTRE LA BUREAUCRATIE

Le phénomène de bureaucratisation de l'État ouvrier n'est pas seulement à considérer comme le résultat inévitable de conditions objectives propres à une période de transition historique particulière. La bureaucratie, à un certain stade de son développement devient bien autre chose qu'un mal nécessaire pour traiter les affaires de l'État ouvrier et pour assurer sa stabilité. Le pouvoir autonome de la bureaucratie devient une nouvelle cause des problèmes qui touchent l'économie socialiste et le développement de la lutte des classes à l'internationale, par dessus les circonstances qui l'ont fait naître. Elle représente une excroissance parasitaire de l'État. La défense de ses positions et privilèges l'oppose aux progrès réels du socialisme, à l'élargissement de la démocratie prolétarienne, à l'engagement des producteurs et des consommateurs dans les processus de détermination des plans de production, à l'égalitarisation des conditions de vie, à l'extension du domaine des autonomies et des libertés.

En URSS, en République populaire de Chine et dans les démocraties populaires, dans l'ensemble des pays où la bourgeoisie a été expropriée au cours des premières révolutions socialistes victorieuses, la direction de l'État s'est exercée par un appareil bureaucratique dont les orientations générales et les méthodes ont freiné le développement du socialisme et de la révolution internationale.

Pour faire sauter les verrous réactionnaires de la bureaucratie et de sa police, les communistes d'avant garde épuisent l'ensemble des possibilités légales pour déterminer un nouveau cours. Mais face à des régimes de terreur bureaucratique qui interdisent l'expression de la moindre opposition, les communistes n'ont pas d'autre choix que de mener une nouvelle lutte révolutionnaire. Les communistes opposent à la terreur que font régner hauts fonctionnaires et agents de la police secrète, la violence révolutionnaire des masses.

Les communistes trotskystes appellent le peuple à s'armer, les travailleurs à former leurs conseils, élire leurs délégués, constituer un jeune gouvernement révolutionnaire qui prendra l'ensemble des mesures conformément à notre but, le socialisme. La nature de cette révolution est politique. Cette révolution ne transforme pas les rapports de propriété mais elle change les formes de la dictature du prolétariat, elle donne une nouvelle direction à la dictature révolutionnaire. C'est du point de vu du prolétariat, dans l'intérêt de la construction du socialisme et du développement de la révolution mondiale que nous devons mener la lutte contre les régimes d'oppression bureaucratique et représenter notre propre alternative aux différents partis ouvriers qui leurs sont liés dans le monde.

Face au pouvoir de la bureaucratie et de ses arbitres tyranniques, l'avant garde communiste est armé. Trotsky et ses partisans nous offre les analyses pour comprendre le phénomène de la bureaucratisation. Il nous aide à fixer la ligne de conduite qui nous permettra de conjurer le danger. Le risque de bureaucratisation est tout à fait moindre au XXIème siècle qu'au siècle précédent, les conditions objectives pour assurer la transition socialiste avec succès sont bien plus avancées. Mais nous serions des criminels si pour l'avenir, nous ignorions tout à fait les dangers de dégénérescence possibles dans des conditions historiques différentes. Nous ne pouvons pas écarter la possibilité d'une inégalité de développement de la révolution à l'échelle mondiale, avec une première union de républiques socialistes isolée pendant plusieurs années du reste de l'économie mondiale. Nous ne pouvons pas non plus écarter la possibilité que la prochaine vague de révolutions touche des régions économiquement arriérées, semi-industrialisées et à dominance agricole comme l'Inde, les pays d'Asie centrale, la plupart des pays d'Afrique ou certaines régions de Chine et d'Amérique Latine. Nous ne pouvons pas écarter la possibilité d'un conflit très dure et relativement long entre les régions affranchies et le bloc impérialiste.

La dictature révolutionnaire pourrait prendre aussi des mesures radicales contre la destruction de notre environnement et consacrer une part de ses moyens au soutien à la lutte de libération des travailleurs et peuples opprimés du monde. Ces dernières orientations peuvent être inégalement populaires dans les premiers bastions socialistes, surtout si le régime n'est pas en capacité d'assurer rapidement après la révolution, à la majorité du peuple, des conditions de vie meilleures que sous l'ancien régime. Les communistes doivent donc envisager l'ensemble des scénarios possibles. Un divorce entre l'avant garde communiste avec les organisations de masse qui l'appuient et une grande partie du peuple à une étape du processus révolutionnaire ne doit pas être exclu. Dans une situation difficile, le rapport de force entre le prolétariat et la réaction bourgeoise peut changer en notre défaveur. La gestion de la pénurie de biens de consommation pourrait rendre nécessaire une répartition autoritaire des richesses entre les citoyens, la guerre révolutionnaire et l'impératif de défense militaire de la patrie socialiste face à l'impérialisme pourrait exiger un renforcement des pouvoirs de police et de surveillance de l'État. Le retournement de certaines organisations contre la révolution, le basculement de certaines couches moyennes et supérieures de la population du côté de la réaction pourrait entraîner un raidissement du régime, une bureaucratisation des institutions de l'État ouvrier.

Dans ces circonstances, l'avant garde communiste et le prolétariat doivent faire preuve d'une vigilance extrême.

Dans la période de transition socialiste et de mobilisation révolutionnaire internationale, nous ne devons pas relâcher nos efforts pour favoriser le développement de la révolution dans le monde, l'engagement actif et libre des travailleurs de l'État ouvrier aux institutions socialistes.

Pour casser l'isolement des premiers États socialistes, nous devons être préparé à mener une guerre sans merci aux instincts conservateurs des appareils bureaucratisés qui feront pression pour trouver des accords diplomatiques et économiques avec l'impérialisme et les bourgeoisies étrangères au dépend du mouvement révolutionnaire international.

Pour que le développement de l'économie socialiste cadre avec les besoins de la société, assure à ses membres les conditions matérielles qui permette leur libre épanouissement, nous nous préparons à engager toutes les mobilisations nécessaires afin que les conseils et comités de travailleurs, des syndicats ouvriers, des associations de consommateurs, des communes participent activement et directement à la définition des plans de production, de constructions de bâtiments et d'infrastructures, d'aménagements urbains...

L'activité de l'avant garde communiste trotskyste en faveur d'une planification socialiste sous direction des organisations démocratiques des travailleurs et consommateurs est inséparable de notre engagement pour défendre les droits et libertés prolétariennes. La répression révolutionnaire s'exerce contre la réaction armée. Mais le régime de transition socialiste doit offrir les meilleures conditions possibles pour que le prolétariat exerce par et pour lui-même sa dictature révolutionnaire. En abaissant la journée de travail à 6 ou 4 heures, la participation aux organisations démocratiques de la nouvelle République ne doit plus être réservée à une élite de fonctionnaires et d'intellectuels. L'ensemble des travailleurs bénéficieront de suffisamment de temps pour s'informer de l'actualité politique, se cultiver dans les différents cercles et universités populaires.

Pour la participation la plus large des travailleurs aux tâches de délégués, nous exigerons la limitation des mandats, la rotation des élus aux postes de responsabilité. La possibilité de révoquer les élus de leurs responsabilités doit être défendu contre les incompétents et les corrompus. Les gouvernements socialistes des conseils n'hésiteront pas à organiser des référendums locaux et nationaux pour trancher certains débats.

Il ne peut exister de démocratie socialiste véritable sans la garantie que les libertés d'expression, de critique, d'organisation, de grève, d'opposition, de manifestation soient respectées. Les salles de réunion et les différents moyens médiatiques nationalisés seront mis à disposition des organisations ouvrières et des associations. Le régime de dictature prolétarienne peut être mille fois plus démocratique, dans sa forme même, que les plus avancées des démocraties bourgeoises.

C'est conformément à notre but émancipateur que les communistes doivent, dans toutes les circonstances de la lutte des classes, savoir s'orienter et représenter l'issue et la direction de la lutte du prolétariat révolutionnaire.

Si nous revendiquons la lutte pour la révolution politique contre les tyrannies bureaucratiques et policières des États ouvriers dégénérés, nous revendiquons également la défense de ces régimes révolutionnaires face à la réaction impérialiste extérieure et face aux mouvements de la contre-révolution intérieure. Le phénomène de bureaucratisation de l'État ouvrier est lié à ses conditions de naissance difficile et à l'incapacité de nouvelles avant gardes de faire triompher leurs orientations. L'État ouvrier qui, bien que bureaucratisé, interdit la restauration des vieilles classes dominantes et la formation d'une nouvelle bourgeoisie, constitue un acquis fondamental. Quand nous défendons les États ouvriers dégénérés contre la bourgeoisie impérialiste, nous soutenons la politique de défense de l'État ouvrier, même bureaucratique, même oppresseur de nos libertés et persécuteurs de la gauche communiste. Chaque défaite de l'État ouvrier renforce son caractère bureaucratique et policier, chaque victoire de l'État ouvrier améliore les conditions de la lutte des partisans de la démocratie socialiste, de la défense des libertés, de l'amélioration des conditions de vie du peuple et de la suppression des privilèges bureaucratiques. Les trotskystes étaient les défenseurs inconditionnels de l'URSS pendant la seconde guerre mondiale, aux côtés de la Chine maoïste pendant la guerre de Corée. Tant que la bureaucratie n'a pas restauré les rapports de production capitalistes à Cuba ou en Corée du Nord, nous sommes les partisans de la défense militaire de Cuba et de la Corée du Nord.

Aussi, notre défense de l'État ouvrier ne se limite pas à sa défense militaire contre les dangers extérieurs. Nous défendons l'État ouvrier contre les dangers intérieurs. Les trotskystes, partisans de la révolution politique ne confondent pas leur drapeau avec les militants de la contre-révolution bourgeoise ! Sous notre direction, nous organisons la lutte des travailleurs contre les gouvernements bureaucratiques. Mais nous réprimons par nos propres milices les tentatives de putsch et de soulèvements réactionnaires contre le pouvoir de la bureaucratie ouvrière. Ainsi, les communistes trotskystes ne jugent pas les mouvements de lutte pour les libertés et les droits démocratiques dans les États ouvriers dégénérés, indépendamment de leur caractère de classe propre.

Nous sommes du même côté que les bureaucraties ouvrières dans la lutte contre les agressions de l'impérialisme, mais nous sommes au côté des travailleurs en lutte contre l'oppression bureaucratique et pour la révolution politique, et nous faisons encore front avec la bureaucratie de l'État ouvrier contre les tentatives de restauration capitaliste à l'intérieure.

Les courants antistaliniens, qui assimilent l'URSS à un "capitalisme d'État", ou à une "dictature bureaucratique" sans caractère de classe bien défini, tournent le dos à la politique marxiste. L'ensemble des organisations qui ne veulent pas reconnaître la nature prolétarienne des révolutions dirigées par des partis liés à Moscou et qui ont exproprié la bourgeoisie et socialisé les moyens de production et d'échange se sont éloignées du marxisme et du trotskysme. Nous devons savoir inscrire notre intervention dans des processus contradictoires, sur le terrain réel de la lutte de classe. Les caractérisations antimarxistes des premiers États ouvriers par de nombreuses organisations centristes révèlent leur incapacité à saisir les dynamiques consécutives à la lutte révolutionnaire qui ne suit pas un fil linéaire et qui exige l'intervention d'une avant garde communiste trotskyste authentique. Pire, en niant le caractère prolétarien des premiers régimes socialistes bureaucratiques, nombre de courants de l'extrême-gauche finissent par tourner le dos au programme du socialisme, le programme de l'abolition de la propriété privée des moyens de production et d'échange.

La supériorité des marxistes trotskystes sur l'ensemble des courants centristes, c'est leur capacité à mener le combat pour la révolution socialiste jusqu'au bout. Après la prise du pouvoir et l'expropriation de la bourgeoisie, ils ont une claire conscience des risques qu'il leur faudra conjurer et des tâches qu'ils devront assumer.

NOTRE INTERVENTION DANS LA LUTTE

Notre intervention dans le mouvement de la lutte du peuple salarié et travailleur est déterminé entièrement par notre vue stratégique, révolutionnaire, marxiste. Elle est produit des expériences historiques du mouvement de la lutte des classes et de la lutte du prolétariat pour son émancipation, à la fois dans les révolutions bourgeoises dont il a été le soutien que dans les révolutions qu'il a dirigé en son nom propre.

La commune parisienne de 1871, la révolution russe d'octobre 1917, la révolution allemande de 1918, les luttes de libérations nationales dirigées par des organisations communistes dans les Balkans, en Chine ou au Viet Nam, les processus de transformation socialistes engagés par des directions bureaucratiques et militaires dans les démocraties populaires, à Cuba ou en Éthiopie nous offrent une multitude de repères positifs et négatifs pour orienter notre classe dans la révolution. Mémoire vivante du mouvement révolutionnaire international, nous agissons pour dynamiser la lutte du prolétariat jusqu'à la révolution et afin que celui-ci conserve la direction de la révolution jusqu'à la victoire finale. La fin détermine les moyens, notre engagement communiste détermine le caractère de notre intervention dans la lutte des classes.

Nous comprenons chaque lutte partielle, chaque grève isolée, chaque manifestation de la classe ouvrière comme les premiers pas qui nous conduiront demain à la prise du pouvoir insurrectionnel. Pour nous, aucun mouvement de lutte revendicatif ne constitue une fin. Nous ne connaissons pas d'autre fin que le renversement de l'ordre capitaliste et l'avènement du communisme. Dans les grèves et les manifestations partielles et générales, pacifiques ou violentes autours des revendications économiques ou politiques, le prolétariat et ses alliés font leur gymnastique. Tant que le mouvement continue à se représenter comme une simple force de pression sur le patronat et le gouvernement, nous en sommes encore au stade des exercices préparatoires. Les luttes pour les salaires, l'amélioration des conditions de travail, la baisse du temps de travail ont une valeur éducative pour la classe salariée. Au cours de chaque confrontation avec le patronat et le gouvernement, le prolétariat fait l'expérience des intérêts qui l'opposent à la bourgeoisie. Il comprend la nécessité vitale pour lui de généraliser la lutte et de s'organiser à l'échelle la plus large. En embrassant de nombreuses fractions du prolétariat, le mouvement de la lutte devient politique, il devient la lutte du prolétariat contre la bourgeoisie, une lutte classe contre classe.

Durant les premiers épisodes du développement des grèves, les travailleurs bataillent dans chaque entreprise pour l'amélioration de leur sort. Puis ils étendent la bataille à chaque branche. Finalement, c'est au gouvernement ou aux députés de l'Assemblée nationale qu'ils veulent arracher de nouvelles lois protectrices pour l'ensemble des salariés contre l'arbitraire patronal et les aléas du marché. Quelques fois, le pouvoir flanche devant la combativité ouvrière. Il se résigne à satisfaire quelques exigences partielles. Mais le capital exige toujours une contrepartie en échange qu'il voudra faire payer aux travailleurs d'une manière ou d'une autre. Ainsi, chaque victoire partielle annonce de nouveaux conflits. La mobilisation des travailleurs doit être permanente si nous ne voulons pas perdre d'un seul coup les acquis que nous avons mis tant et tant d'années à arracher au patronat et à son administration. Quand le conflit de classe n'éclate pas ouvertement, c'est que les protagonistes se préparent, demain, à asséner les meilleurs coups. La guerre de classe ne connaît pas de trêve.

Aussi, à côté des revendications qui restent compatibles avec le maintien de l'exploitation capitaliste et de son système de marché, les travailleurs portent des volontés que la société capitaliste est tout à fait incapable de satisfaire sans se perdre elle-même. L'anarchie de marché est incapable de garantir le plein emploi, le droit au travail ! Les capitalistes peuvent accepter dans certaines circonstances une loi sur le salaire minimum bien qu'ils sachent la tourner à leur avantage en imposant ce minimum à une part grandissante de salariés. Mais ils refusent toute limitation du taux de leurs profits. Les intrusions des travailleurs dans leur domaine privé, celui de la propriété, celui de l'organisation de la production et du travail annonceront une politique de répression patronal à l'aide des forces armés de l'État ou de ses milices extra-légales. La recherche du profit maximum reste le fondement de l'entreprise capitaliste. Réprimer cet objectif, c'est ôter la vie aux capitalistes, c'est liquider l'organisation économique dont la bourgeoisie peut tirer avantage.

Notre vision des contradictions indissolubles du capitalisme est claire. Grâce aux efforts de propagande des communistes scientifiques, le prolétariat et ses fractions les plus combatives sont de mieux en mieux préparés à envisager la lutte du point de vu historique. Pour une avant garde toujours plus déterminé, il est acquis que "l'émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux-mêmes", que c'est au mouvement prolétarien de satisfaire par ses propres moyens ses revendications matérielles et aspirations. Dans le processus d'amplification et de radicalisation de la lutte des classes, notre but est partagé par des couches de plus en plus larges de travailleurs. À l'aberration capitaliste nous opposons la prochaine société socialiste.

Au pouvoir des capitalistes dans l'entreprise donc, nous opposons le pouvoir travailleur, à l'appareil d'oppression capitaliste, à l'État bourgeois, nous opposons notre propre appareil de défense et de répression ouvrière, nous nous constituons en classe dominante avec son État !

Pour engager notre plan de transformation socialiste, il nous faut gagner le pouvoir politique, la direction du pays, constituer notre propre gouvernement. L'expropriation des capitalistes nous oblige à préparer et assumer une confrontation violente, révolutionnaire. Pour abattre le pouvoir capitaliste, les seules capacités politiques du parti révolutionnaire et des différentes organisations d'avant garde associées ne suffisent pas. La révolution n'est pas la lutte d'une élite révolutionnaire contre le mastodonte étatique capitaliste. La révolution est l'oeuvre de la mobilisation révolutionnaire du prolétariat et du peuple. La révolution ne peut être gagnée, le gouvernement travailleur ne peut être constitué sans l'appui actif et organisé du prolétariat et de ses alliés.

Dans le mouvement de la lutte de classe qui trouve sa seule issue définitive dans le renversement de l'ordre bourgeois, les communistes s'efforcent donc de créer et consolider les organisations de combat du prolétariat. À l'occasion de chaque grève et lutte partielle ou sectorielle, nous intervenons pour intéresser les sections les plus nombreuses de travailleurs à la lutte, nous élargissons toujours d'avantage notre champ d'action. Déjà, sans attendre, nous rassemblons l'ensemble des travailleurs mobilisés en assemblées générales, nous organisons l'élection de comités de grève, élus et révocables par les syndiqués et les non syndiqués. Nous faisons participer le maximum de travailleurs au développement du mouvement et à son organisation. Nous faisons valoir en même temps le strict contrôle de la base sur ses représentants. Car l'implication active de la grande majorité des travailleurs doit neutraliser, marginaliser, dégager les représentants des bureaucraties syndicales serviles. Avec les salariés, les communistes forment les structures d'organisations qui permettent d'élargir au maximum la lutte, de dépasser les clivages corporatistes de chaque groupe particulier, de rassembler en des organisations uniques, toutes les couches de prolétaires.

En même temps que le mouvement embrase de nouvelles entreprises, que de nouvelles couches de travailleurs s'engagent sur la base de plates-formes revendicatives particulières et autour de mots d'ordre généraux, les communistes agissent pour centraliser les différents comités grévistes à l'échelle sectorielle, régionale et nationale. Nous travaillons à former de véritables conseils salariés régionaux et interprofessionnels qui accueillent les délégués de toute la classe exploitée en ébullition. Nous agissons pour leur centralisation démocratique au niveau national, pour les doter d'un conseil unique qui coordonnera les actions pour tout le pays, prendra toutes les mesures nécessaires à la satisfaction des revendications des travailleurs. C'est ce conseil central des délégués des organisations de lutte du prolétariat qui doit constituer le gouvernement travailleur de transition socialiste après la destruction du pouvoir de l'État bourgeois et de ses moyens de coercition. Notre activité révolutionnaire est dirigée pour que naisse du conflit de classe inévitable la véritable démocratie prolétarienne promise à se substituer à la démocratie bourgeoise. À la dictature bourgeoise démocratique qui ne trouve son salut que dans le conditionnement et la manipulation d'électeurs passifs et irréguliers, nous formons de nouvelles structures démocratiques, outils de libération du prolétariat, cadre à la participation active et à la politisation rapide des travailleurs, organes de décision et instances de contrôle des élus.

Dans l'entreprise et en dehors de l'entreprise, dans les quartiers et les campagnes, dans les administrations et dans l'armée, partout où la masse est opprimée par le capital et sa hiérarchie, nous levons le peuple, les sans grades contre les hauts officiers et fonctionnaires, les pauvres contre les riches, les petits contre les gros. Nous soutenons la constitution de nouvelles organisations de double pouvoir dans toutes les couches du peuple. Elles deviendront partie intégrante des institutions du régime révolutionnaire.

Le parti révolutionnaire prend l'initiative de la mobilisation la plus large et la plus systématique de tout le peuple travailleur. Mieux est organisé le prolétariat, plus solides sont ses appuis et ses soutiens dans la multitude exploitée, plus isolée est la bourgeoisie, plus faibles sont ses capacités politiques et répressives, et plus la révolution est aisée à gagner. Aucune énergie ne doit être perdue au moment des épreuves décisives. Le parti révolutionnaire prendra en charge, avec le concours des syndicats et des conseils ou sous sa propre responsabilité, dès que les circonstances le permettent, l'armement des travailleurs, la constitution des services d'ordre appropriés, la formation de milices salariées armées et entraînées. Sur l'ensemble du territoire, dans toutes les villes et les quartiers, nous devons former des comités de vigilance qui renseigneront le parti et le pouvoir des conseils de tous les dangers qui peuvent peser sur la révolution en marche, assureront le nouvel ordre révolutionnaire.

Notre activité pour constituer les organisations de combat du prolétariat n'est pas seulement utile pour assurer la base de soutien la plus inébranlable au gouvernement révolutionnaire. Notre intervention pour structurer et consolider les organisations de combat du prolétariat comme organes de la démocratie révolutionnaire s'inscrit dans notre engagement communiste dans la période révolutionnaire, dans la période de bouleversement des structures de propriété et de transition socialiste vers la liquidation des classes exploiteuses et le dépassement de l'ensemble des vieilles divisions entre dirigeants et dirigés, travailleurs manuels et intellectuels, qualifiés et non qualifiés. Notre investissement pour entraîner la plus grande part des travailleurs à la construction du mouvement, pour doter celui-ci de comités et conseils de délégués élus, révocables et mandatés, centralisés démocratiquement à l'échelle la plus large s'inscrit dans la mobilisation permanent de l'avant garde communiste trotskyste pour que le prolétariat ne se laisse déposséder sa révolution, pour prévenir au maximum les risques de bureaucratisation et de dégénérescence vers l'arbitraire et la tyrannie.

Plus forte sont les structures et profonde l'influence du parti révolutionnaire trotskyste dans la révolution, plus développées sont l'ensemble des organisations du double pouvoir dans la situation révolutionnaire, engagés et actifs sont les travailleurs au sein des conseils et des groupes de défense armés, plus soutenue et enthousiaste est l'activité du prolétariat pour créer le monde nouveau et plus heureuse sera la transition révolutionnaire vers le communisme. Nous devrons faire tout ce qui est nécessaire pour jeter les bases vivantes d'une dictature exercée par le prolétariat, directement, vivante et annonciatrice des transformations futures.

LE PARTI DU TYPE RÉVOLUTIONNAIRE

Les communistes s'associent en parti pour mener à bien leur propagande systématique pour les idées du socialisme et de la révolution. Ils veulent influencer les couches les plus larges du peuple. Le socialisme est un objectif que le prolétariat atteint en pleine conscience. Le parti doit rassembler les partisans du communisme qui sont aussi des combattants de la classe ouvrière. La mobilisation de la classe ouvrière est inséparable d'une mobilisation révolutionnaire pour le socialisme. La victoire révolutionnaire se trouve à la jonction du socialisme et de la lutte, du parti et de la classe. Le parti est un organisateur et un entraîneur pour le mouvement d'ensemble du prolétariat et de ses alliés contre les capitalistes. Il forme un véritable état-major et une armée au service du prolétariat. La discipline qui lie chaque membre du parti révolutionnaire rend seule possible l'organisation de vastes campagnes d'agitation en direction des milliers et des millions de salariés, d'un groupe d'entreprises ou d'un pays, de la lutte économique pour l'augmentation des salaires à l'armement des travailleurs et à la formation de milices en vue de l'insurrection.

Le parti révolutionnaire ne se confond pas avec l'ensemble de la classe salariée. Toute la classe salariée n'est pas prête à accepter le but et les moyens nécessaires à sa réalisation. L'idéologie dominante est toujours l'idéologie de la classe dominante qui s'impose au nom du respect de la loi, du travail, du mérite, des libertés, des traditions ou de la religion. Dans la société d'oppression et d'aliénation salariée, les communistes se battent à contre courant. Les communistes ciblent l'ennemi de classe mais c'est la majorité du peuple qu'il faut sortir de l'ignorance. Si toute la classe ouvrière était déjà convaincue de l'inéluctabilité du renversement définitif du pouvoir bourgeois, nous n'aurions aucun besoin de nous organiser à part. Mais la majorité des travailleurs, en toute période de relative paix sociale et d'optimisme, est profondément convaincu qu'il est possible d'améliorer ses conditions d'existence sans rien changer au fondement du régime capitaliste, comme si il suffisait de remplacer les mauvais politiciens bourgeois par des meilleures, faire succéder à la droite, la gauche bourgeoise. Et la même majorité de travailleurs, quand elle sombre dans le pessimisme, abandonne jusqu'à l'espoir d'une amélioration de son sort dans le cadre actuel, non pas qu'elle se résout à vouloir le détruire, mais parce qu'elle accepte finalement la fatalité du capitalisme, les lois du profit et de la concurrence. Alors beaucoup de travailleurs détournent leur haine légitime du patronat et des politiciens corrompus vers le mouvement ouvrier lui-même qu'on tient pour responsable de tous les blocages qui entravent la croissance économique, de la baisse de compétitivité de l'économie nationale et de la montée du chômage.

Le parti révolutionnaire forme seulement un détachement spécial du prolétariat, une fraction minoritaire de celui-ci. Il rassemble les éléments qui ont acquis la claire conscience du sens de la lutte des classes, du but final du mouvement communiste, qui placent leur action présente dans la perspective historique du renversement du système capitaliste, qui oeuvrent au quotidien pour renforcer les capacités politiques du prolétariat.

Le parti du type révolutionnaire se définit par son programme, la cohérence entre le programme et son intervention dans la lutte des classes, son organisation centraliste démocratique et la sélection rigoureuse de ses membres. Aucun de ces éléments ne peut être séparé les uns des autres.

Pour consolider les acquis du parti communiste, ses membres doivent être sélectionnés, les militants du parti doivent être d'accord avec le programme du parti, ils doivent avoir fait leur les principes, tactiques et méthodes du mouvement. La sélection des membres du parti est la condition de la démocratie militante dans le parti. Refuser de sélectionner les membres du parti, c'est accepter à échéance plus ou moins brève la mort de l'organisation révolutionnaire, les éléments petit-bourgeois, instables, non révolutionnaires, pacifistes, réformistes, opportunistes l'emportant naturellement sur les éléments prolétariens dans un parti large. Ce sont les militants révolutionnaires qui doivent seuls déterminer la ligne d'action du parti. Seule la démocratie des militants révolutionnaires peut faire progresser le parti dans un sens révolutionnaire.

La démocratie dans le parti, qui est une organisation formalisée par ses statuts doit avoir sa traduction dans l'attitude de ses membres organisés. Il n'existe pas d'organisation démocratique si les militants de l'organisation révolutionnaire ne sont pas pénétrés de l'esprit démocratique. Le cadre du parti ne doit pas seulement autoriser, mais favoriser l'expression des désaccords. La liberté de critique n'est pas un mal pour une organisation révolutionnaire, elle est la condition de son développement, de son juste positionnement dans l'actualité de la lutte des classes, de la correction de ses erreurs. La liberté de discussion et de critique est un facteur essentiel de politisation, de renforcement du caractère et des compétences des membres du parti. Mais notre conception de la démocratie est tout à fait étrangère à la conception hypocrite de la bourgeoisie sur la démocratie. La démocratie n'est pas un but en soi ! La démocratie est un moyen. Dans le parti, la démocratie militante se met au service de l'action militante. C'est pourquoi le parti exige la plus ferme unité dans l'action. C'est la discipline des militants révolutionnaires, discipline démocratique et agissante qui fait notre force, qui nous donne une supériorité sur nos adversaires malgré la disproportion des premières forces engagées contre lui.

Le parti que nous construisons n'est pas un parti large, un parti d'adhérents, découvert aux vents contraires de l'opinion bourgeoise et à la moindre pression policière de l'État bourgeois.

L'organisation large du parti ouvrier le rend tout à fait impropre à l'action révolutionnaire. Nous ne construisons pas un parti de type électoraliste. Le type de parti large correspond à sa fonction; électoraliste, dans une période particulière; celle de la paix sociale et de l'hégémonie bourgeoise.

Le parti dont nous avons besoin, c'est un parti capable de diriger la révolution ! Le parti qui est nécessaire à l'expropriation politique et économique de la bourgeoisie, c'est le parti qui rassemble des militants capables non seulement de faire le travail ordinaire et pacifique, de propagande générale, d'organisation et d'intervention syndicale mais de braver la répression de l'État sans mettre en danger le parti, capables de mener l'agitation ouvrière dans les entreprises dans les situations les plus difficiles, capables, dès que les circonstances sont jugées bonnes par la direction du parti, de diriger les assauts révolutionnaires du prolétariat.

Le parti dont nous avons besoin et pour lequel nous travaillons, c'est un parti de militants, qui prépare les conditions politiques de la victoire révolutionnaire. Le moyen de la révolution a sa traduction en matière d'organisation.

Le parti doit être capable d'utiliser l'ensemble des libertés démocratiques dont il dispose encore, mais quand les militants communistes ne peuvent plus se conformer à la légalité bourgeoise pour faire avancer leurs idées, alors le parti doit continuer son oeuvre.

Le parti révolutionnaire doit travailler à l'aise dans le cadre de la démocratie, mais il doit pouvoir continuer son travail dans l'illégalité.

Quand le mouvement ouvrier et communiste menacera le porte feuille des capitalistes, la démocratie bourgeoise se fera de plus en plus durement répressive. Nous devons donc prendre de l'avance sur l'ennemi de classe. Nous ne sommes pas à l'abri de mesures d'interdiction et d'une mutation autoritaire du régime.

Dès aujourd'hui en période de relative paix sociale, les organisations communistes doivent préparer leurs militants à l'action illégale. Nous devons éviter les périodes de désorganisation qui peuvent être fatales à la révolution.

Nous devons passer maître dans la combinaison du travail légal et illégal, de l'action publique et clandestine. Quelle que soit la situation, quel que soit le milieu d'intervention, nous devons pouvoir intervenir, populariser les idées socialistes, organiser les luttes et politiser les révoltes, faire prendre conscience des rôles de chacun dans le processus révolutionnaire.

Le parti que nous construisons est un parti d'action de la classe ouvrière. Le parti associe les militants révolutionnaires salariés, travailleurs manuels et intellectuels. Notre influence doit être la plus large possible. Nous devons gagner une influence de masse. Nous devons travailler notre implantation dans les entreprises du pays par une intervention directe et par l'intermédiaire des syndicats. Nous devons devenir le meilleur parti d'organisation de la lutte des classes dans les entreprises et dans les quartiers. Ce sont les rapports étroits que lient les militants communistes avec le prolétariat qui garanti la force d'action et d'influence du parti révolutionnaire.

L'INTERVENTION COMMUNISTE DANS LES SYNDICATS

Les communistes sont les constructeurs des premières organisations de défense ouvrières que sont les syndicats. Nous travaillons au développement du mouvement syndical, travail qui s'inscrit dans notre action d'organisation et de conscientisation de la classe salariée. Notre activité syndicale ne doit s'opposer en rien au renforcement de notre parti. Bien au contraire ! Nos succès syndicaux et notre développement comme parti communiste de la classe salariée sont inexorablement liés. En formant de nouveaux syndicats là où ils n'existaient pas, en syndiquant la majorité ou l'ensemble des travailleurs d'une entreprise dont le syndicat végétait, en impulsant des campagnes de syndicalisation en direction des nouvelles usines et des entreprises de secteurs entiers, en formant de nouveaux cadres syndicaux, nous remplissons un premier rôle au service de notre classe.

C'est dans la lutte économique pour des meilleures payes, contre l'intensification du travail, pour la baisse du temps de travail, contre la surveillance de plus en plus étroite des salariés par la hiérarchie patronale, contre la concurrence organisée par les capitalistes entre les travailleurs, contre l'ensemble des conditions d'exploitation imposées par les capitalistes, que la question de l'association se pose pour la première fois comme nécessité pour les salariés. C'est dans leur organisation et leur lutte contre leurs exploiteurs, par des grèves qui embrassent ensemble un nombre de plus en plus nombreux de travailleurs, que ceux-ci prennent progressivement conscience de la communauté d'intérêt et de destin qui les lie par delà les différents statuts, qualifications, par delà les différentes entreprises, par delà les frontières des Nations. Dans le mouvement de la lutte, les travailleurs acquièrent la conscience qu'ils forment une seule et même classe face aux capitalistes qui forment eux-mêmes une seule et même classe ennemie.

Avec l'organisation mondiale de la production et des échanges par les grands groupes, plus que jamais, nous avons besoin d'un outil de lutte syndical international capable de coordonner les mobilisations à l'échelle de plusieurs pays, de l'Union européenne et du monde pour y imposer nos exigences revendicatives communes. La lutte contre le patronat commence sur la chaîne de montage, sur le plateau d'un centre d'appel, continue dans toute une entreprise, un groupe ou un secteur d'activité entier au national et se termine sur l'arène mondiale. La dictature capitaliste impose une riposte organisée et solidaire aux salariés.

Il nous faut opposer aux capitalistes qui attisent la concurrence entre nous, une lutte internationale pour imposer les mêmes conditions d'embauche, les mêmes règles de sécurité pour les salariés partout dans le monde. Ainsi se développe la conscience internationaliste de la classe salariée.

C'est un devoir pour tout parti communiste d'indexer sa progression sur celui du mouvement syndical, sur le mouvement de la lutte économique de la classe ouvrière. Mais les communistes n'opposent pas la lutte économique à la lutte politique. La pleine et entière satisfaction des revendications et besoins des travailleurs exigent une lutte politique contre le gouvernement des patrons, et au final, pour un gouvernement des travailleurs, pour la destruction des modes de production et d'échange capitalistes, pour une refondation socialiste de l'économie. La classe salariée représente la force sociale vraiment révolutionnaire qui s'exerce et se forme dans la bataille contre ses exploiteurs. Une fois consciente de sa mission historique, elle seule est en capacité de diriger la révolution socialiste. La construction de syndicats puissants, le raffermissement de l'esprit combatif de la classe ouvrière sur le terrain de la lutte contre le patronat, constituent seulement une étape indispensable dans la progression de la lutte des classes.

À l'intérieur des syndicats, les communistes ne se résignent pas à être les relais manipulés des directions réformistes ou libérales. Pour gagner contre le patronat et son gouvernement, la lutte de la classe salariée doit s'intensifier. Les communistes investissent les syndicats pour s'en emparer. Ils travaillent pour arracher la direction du mouvement syndical aux conciliateurs et aux ennemis de la véritable émancipation salariée.

C'est pourquoi il nous faut constituer des fractions rouges au sein des syndicats de masse pour mener la bataille politique, populariser l'alternative socialiste contre les poisons de l'idéologie bourgeoise, keynésienne, chauvine et protectionniste. Nos noyaux communistes centralisés aideront les membres syndiqués à se réapproprier ces premiers instruments de défense de leurs intérêts matériels et moraux face aux rigidités et au conservatisme des bureaucraties syndicales et face aux trahisons plus ou moins grandes des directions réformistes.

Nous sommes les farouches opposants au syndicalisme du dialogue social et de l'accompagnement des défaites ouvrières, nous sommes les partisans enthousiastes d'un syndicalisme de lutte qui se fixe pour but l'émancipation sociale et l'abolition du salariat. Contrairement aux illusions que peuvent cultiver les directions embourgeoisées de nos syndicats réformistes, le progrès social s'oppose à la domination capitaliste sur l'économie. Le plein emploi, les conditions de travail et de vie des meilleurs ne seront jamais assurées sous notre régime d'exploitation. Les intérêts des travailleurs et des capitalistes sont antagoniques. Sous le joug patronal, nous restons des esclaves salariés. Notre lutte ne peut se résumer à ce que nos maîtres allègent pour quelques temps nos chaînes, nous voulons les briser complètement et définitivement. Il faut éliminer la classe moderne des esclavagistes. Nos problèmes trouvent seulement leurs solutions dans la voie de la socialisation.

Nous combattons farouchement les illusions entretenues par les directions libérales, relayées par les opportunistes de l'extrême-gauche petite-bourgeoise. Le syndicat n'est pas indépendant ! Soit le syndicalisme ouvrier est lié au mouvement communiste et s'inscrit comme tel dans le cadre du mouvement d'émancipation de l'ensemble du prolétariat, soit il se lie aux organisations bourgeoises, directement ou par les canaux d'organisations réformistes et opportunistes, et par là aux intérêts de fractions particulières de la bourgeoisie. Les illusions entretenues sur "l'indépendance du syndicat" permettent seulement de justifier le monopole de l'appareil bureaucratique conservateur et de ses chefs syndicaux vendus à la bourgeoisie et ses institutions. Les bureaucraties syndicales, entretenues en France pour plus de la moitié de leurs budgets, par les subventions "publiques" sont surtout intéressées à ne prendre aucun risque. Les directions syndicales refusent le rôle nécessaire d'initiateur et de centralisateur de l'action gréviste autours des perspectives de victoire. Elles préfèrent souvent circonscrire la lutte au plus petit nombre d'unités d'entreprises plutôt que d'organiser des débrayages et des actions plus larges. Les directions syndicales veulent compter le moins possible sur le mouvement gréviste pour faire plier le patronat. De plus en plus, elles tablent sur l'opinion publique, la pression médiatique pour faire avancer le "dialogue social" entre "partenaires responsables" ! Des journées d'action se succèdent, étalées sur plusieurs semaines ou plusieurs mois. Mais ces journées ne sont pas organisées comme des points de départ pour une mobilisation longue et générale jusqu'à la capitulation du pouvoir sur des objectifs clairs. Ces journées d'action servent tout d'abord à légitimer et appuyer les chefs syndicaux pendant leurs négociations accoucheuses de nouveaux recules devant le patronat et son gouvernement qui liquident avec méthode l'ensemble de nos droits sociaux.

L'issue d'une négociation avec l'ennemi de classe, quel qu'en soit le niveau, dépend du rapport de force à la base qui se mesure, d'abord et avant tout, par l'acte de grève et de blocage collectif de la production.

Le caractère des directions syndicales est à l'image du degré de combativité et de politisation du mouvement ouvrier en général. Les communistes doivent changer le rapport de force, en consolidant leurs appuis et leurs positions dans les entreprises, avant de pouvoir gagner la direction des syndicats. La marginalisation des chefs réformistes et leur soutien est impossible sans le réveil politique de la classe salariée, sans qu'une fraction conséquente du prolétariat organisé s'approprie à nouveau les idées du socialisme et de la révolution. L'évolution du mouvement syndical est inséparable de l'influence que nous réussirons à assurer en son sein et dans toutes les couches du salariat.

Dans les syndicats de chaque entreprise, au quotidien et à la base, à l'occasion des congrès syndicaux, des journées de formation des nouveaux membres et des délégués mandatés, nous y défendons notre programme et des déclinaisons de celui-ci sur le plan syndical, à l'échelle de l'entreprise, du groupe d'entreprises, du secteur d'activité, de la branche professionnelle, à l'échelle nationale et internationale. Les communistes se battent dans les syndicats pour la formation de caisses de grèves, l'élection des médecins du travail, la délégation par les syndicats ouvriers de leurs propres inspecteurs du travail, la promotion et l'organisation, par les syndicats des loisirs, des compétitions sportives, des voyages et activités culturelles.

Dans les syndicats, les communistes ont pour devoir de former des directions alternatives capables de développer et généraliser les luttes grévistes partielles. Nous aidons à la jonction et à la centralisation des luttes et nous leur imprimons un contenu politique et révolutionnaire. Nous travaillons en communiste dans les syndicats pour que l'action syndicale sorte des cadres corporatistes étroits, pour que les militants syndicalistes portent à leur tour une vision nette de l'alternative possible, pour qu'ils projettent finalement leur propre action dans la période de révolution et de construction socialiste.

Nous menons la bataille pour que les syndicalistes s'emparent des revendications et mot d'ordre de contrôle salarié sur la production, contrôle salarié sur l'organisation du travail, sur les grilles de salaire et la comptabilité, contrôle des embauches, pour que les syndiqués deviennent les défenseurs de l'échelle mobile des heures de travail, de l'expropriation des capitalistes et de la socialisation de l'économie, les défenseurs du programme de la dictature du prolétariat.

Autant que c'est possible, le militant communiste doit être connu comme tel, dans son syndicat et dans son entreprise auprès de ses collègues de travail. Les courants d'extrême gauche qui encouragent leurs membres à faire une séparation nette entre leur travail syndical d'un côté dans l'entreprise et leur travail politique de l'autre côté, en dehors de l'entreprise, révèlent par là leur économisme pratique, leur opportunisme face au mouvement spontané ou face à la pression de la bureaucratie des syndicats.

EN DIRECTION DU PROLÉTARIAT ET DE TOUT LE PEUPLE

L'organisation communiste doit privilégier l'intervention en direction de la classe ouvrière et doit être capable de ramener progressivement les différentes couches du peuple, inférieures, intermédiaires et supérieures sur le terrain de la lutte contre la bourgeoisie et sur la ligne tracée par le mouvement ouvrier.

C'est le prolétariat qui est la seule classe vraiment révolutionnaire, qui deviendra l'acteur central du mouvement de la lutte pour le socialisme. En effet, le travail du prolétariat s'inscrit, d'une part dans le procès de production moderne et socialisé et d'autre part, c'est la classe la plus exploitée. Le parti communiste qui n'est pas capable de gagner de l'influence dans le coeur du prolétariat, ce parti ne peut porter le nom de parti. Cette organisation n'aura jamais la puissance sociale de renverser la bourgeoisie.

Pour développer nos idées dans la classe salariée, les militants révolutionnaires doivent savoir parler aux prolétaires. Ils doivent développer leur sensibilité aux préoccupations de l'ensemble du salariat, se fondre jusqu'à un certain point dans les masses. Les militants du parti doivent faire corps avec le prolétariat pour être en meilleure position pour lui proposer leurs réponses, socialistes et révolutionnaires.

Au nom de la centralité de la classe ouvrière dans la révolution, des organisations, comme Lutte Ouvrière, circonscrivent leurs plans revendicatifs au cadre de l'entreprise, au salaire, conditions de travail ou au problème de la pénurie de logement et au prix des loyers.

Mais le prolétariat a d'autres préoccupations que celle de vendre sa force de travail au meilleur prix. Nous devons répondre aux préoccupations des prolétaires comme classe productrice, mais bien aussi comme classe consommatrice et classe humaine privée de la possibilité matérielle de participer à la vie de la cité, de déterminer les choix qui la concerne directement.

Nous ne devons pas confondre la compréhension de la centralité du prolétariat et les préjugés ouvriéristes et économistes que développent les tendances petite-bourgeoises au sujet du prolétariat. Le prolétariat subit sa situation d'exploité à l'intérieure de l'entreprise, et à l'extérieure de son entreprise, dans son quartier, sa ville, banlieue et campagne où il est touché par la totalité des transformations de son environnement humain et matériel. Nous gagnerons les travailleurs au socialisme seulement si nous sommes capable de dégager les améliorations et changements positifs possibles en matière de santé publique, d'écologie et d'urbanisme, d'alimentation, de sécurité, de défense, de participation à la gestion et au contrôle des administrations et des entreprises, d'immigration, d'instruction et de formation, de loisirs...

Les militants révolutionnaires se préoccupent de l'humain dans son tout et ils doivent aider le prolétariat à penser l'avenir de toute l'humanité.

S'il privilégie l'intervention en direction de la classe ouvrière, dans ses entreprises et ses quartiers, s'il doit assurer en priorité son implantation dans la classe prolétarienne, le mouvement communiste n'abandonne pas les autres couches du peuple à la réaction libérale ou conservatrice. Nous intervenons dans toutes les couches du peuple. Nous travaillons pour ramener la petite bourgeoisie traditionnelle ou salariée derrière le prolétariat. Les communistes doivent faire une propagande communiste en direction des travailleurs indépendants promis à un méchant sort par le grand Capital. Des couches petite-bourgeoises, nous détachons les meilleurs éléments, nous les gagnons au point de vu du prolétariat.

Pour renforcer notre influence dans le prolétariat, il nous faut savoir élargir notre influence à tout le peuple.

Nationalisation et centralisation de tout le crédit, taux d'intérêts fixes et avantageux pour les petites entreprises privées et coopératives, planification de la production, le cadre socialiste offrira une stabilité à l'ensemble de l'économie, les commandes seront garanties aux petites et moyennes entreprises dont les activités seront inscrites dans le cadre des plans de développement de l'État. Loin de frustrer les ambitions innovantes et les initiatives individuelles et collectives, l'organisation socialiste offre le cadre ou les énergies pourront être mobilisées au service des intérêts et buts communs. Les ressources de la Nation, les moyens de production, les terres agricoles, les biens immobiliers pourront être mis gratuitement à disposition des producteurs individuels et collectifs conformément aux besoins déterminés par la population des communes et des conseils.

Le socialisme est à l'avantage du plus grand nombre. Le socialisme doit accoucher d'une humanité nouvelle et libérée. Le projet de transition socialiste doit rayonner dans tout le peuple comme la seule alternative possible et souhaitable face à la dégénérescence ruineuse et mortelle de la société bourgeoise.

Depuis les décennies 70 et 80 aux États-Unis puis en Europe, dans un contexte de recule de la lutte des classes dans les pays impérialistes et d'hégémonie du réformisme libéral et démocratique sur le mouvement ouvrier, l'opportunisme de certaines organisations d'extrême gauche s'est traduit par le renversement des priorités de leurs interventions, de la classe ouvrière industrielle à certaines couches de la population définies comme nouvelles avant-gardes en vertu de leur situation "d'opprimé spécifique" du fait de leur âge, de leur sexe, de leur orientation sexuelle, de leur race, origine ou mode de vie.

Les intellectuels de la bourgeoisie de gauche, les partis sociaux-démocrates qui finissaient leur mutation bourgeoise et libérale se sont évidemment dépêchés de s'emparer des nouvelles théories sociologiques pour nier la mission historique du prolétariat, son rôle comme force directrice et principale du changement de société, pour placer les enjeux sur le terrain des identités culturelles, générationnelles, sexuelles...

Les communistes réaffirment donc au contraire le rôle directeur du prolétariat dans la lutte contre le capitalisme et le triomphe d'un monde d'égalité sociale et de libertés. C'est lui seul, qui par sa place dans les rapports de production modernes détient la puissance sociale pour révolutionner la société.

Lors des émeutes d'octobre-novembre 2005, une partie des milieux associatifs et de l'extrême-gauche ont fait mine de se féliciter, voulant reconnaître dans les incendies de voitures et d'écoles la preuve du caractère essentiellement subversif et anticapitaliste d'une fraction de la jeunesse clairement sous-prolétarisée des ghettos français. Seulement, lorsque les mouvements de révolte spontanée des couches extérieures au salariat explosent en dehors du contrôle et de l'influence intransigeante du prolétariat et de ses organisations politiques et syndicales, ces explosions de rage ne font que révéler une situation sociale catastrophique et se heurtent à une absence totale de toute issue positive dans le contexte politique. Les mobilisations des différentes couches du peuple sans soutien et direction prolétarienne sont au mieux impuissantes, au pire elles peuvent être instrumentalisées par la bourgeoisie pour être retournées contre le mouvement salarié. L'importance relative des dynamiques événementielles périphériques à la lutte des classes nous ramène à la nécessité de redonner tout son corps et son rayonnement au mouvement prolétarien et communiste, dans les entreprises et les quartiers populaires.

Nous devons ainsi nous consacrer à notre renforcement dans le prolétariat d'abord, puis nous devons intervenir dans toutes les couches du peuple ensuite, vers les parties tombées en dessous du prolétariat et vers les groupes sociaux qui conservent encore des positions plus avantageuses. Notre intervention dans les luttes des agriculteurs, pêcheurs et autres indépendants nous permettra de ramener les couches intermédiaires sur le terrain de la nécessaire transformation socialiste ou dans tous les cas, sur l'objectif d'une alliance avec le prolétariat révolutionnaire contre l'exploitation du grand capital.

Nous attirerons des éléments issus des couches petites bourgeoises et de la bourgeoisie ! Le mouvement prolétarien ne peut que se réjouir s'il sait attirer à lui les intelligences et les énergies des vieilles classes en décadence!

L'organisation communiste doit être capable de transformer les sympathisants de la cause venus des classes bourgeoises en militants prolétariens mais certainement pas, comme c'est beaucoup trop souvent le cas, gagner ces éléments au prix d'un renoncement à une partie de nos principes, au prix de l'abandon de notre esprit de combat prolétarien, de nos méthodes d'intervention et de construction propres. Attirer la jeunesse intellectuelle ne signifie pas que le mouvement épouse ses préjugés et illusions. Les jeunes intellectuels qui viennent au mouvement révolutionnaire doivent être chauffés et fondus dans le moule qui fait les militants révolutionnaires prolétariens, gens de science et d'action!

Le parti révolutionnaire communiste est une avant garde du prolétariat qui représente les intérêts du peuple. Il intervient avec énergie en direction de l'ensemble de ses couches pour favoriser le développement de la lutte des classes et assurer les plus larges soutiens à la révolution socialiste.

POUR LE FRONT UNIQUE DES ORGANISATIONS OUVRIÈRES

Les communistes sont les défenseurs du front unique des organisations ouvrières. Sur des objectifs précis, nous encourageons l'ensemble des organisations syndicales et politiques qui se placent sur le terrain de la lutte des classes à faire front contre la bourgeoisie et ses gouvernements. Les communistes lient le développement de leur parti au progrès du mouvement de la lutte des classes. Chaque progrès de la lutte des classes, chaque pas en avant fait par la classe salariée dans sa lutte contre l'exploitation capitaliste et l'oppression représente aussi une avancée pour le mouvement communiste et ses organisations. Ne serait-ce que pour gagner sur des objectifs minimums, nous devons conjuguer nos efforts pour faire plier les capitalistes et imposer nos propres règles au gouvernement.

Mais en faisant campagne ensemble, avec des organisations ouvrières réformistes ou centristes pour une journée de grève par exemple contre telle ou telle réforme du pouvoir patronal, les communistes conservent toute leur indépendance organisationnelle, toute leur liberté de critique. D'aucune façon, les communistes acceptent un front qui impose une discipline qui subordonnerait leur action aux décisions des organisations réformistes et syndicales. Notre tactique de front unique ne peut signifier en aucun cas un frein à notre liberté de diffuser notre propre propagande, à faire l'agitation dans les entreprises et les organisations de masse autour de nos propres mots d'ordre, à dénoncer et à combattre les directions réformistes et centristes traîtres au mouvement. Nous résumons la politique de front unique par ces mots : "marcher séparément, frapper ensemble" ! Les communistes ne se lient pas les mains.

La politique du front unique s'impose comme nécessité pour organiser les ripostes et les offensives de la classe salariée partout où le mouvement ouvrier est divisé en plusieurs fractions politiques et syndicales. Mais le front unique est également pour nous, une tactique particulière pour démasquer les faux amis de la classe ouvrière. Ainsi nous invitons l'ensemble des organisations qui se réclament du programme socialiste à faire front avec nous pour la défense des intérêts travailleurs, dans une grève pour l'augmentation des salaires ou dans la formation de comités et de milices armées pour la défense des travailleurs en grève contre les jaunes et les policiers. Nous forçons ainsi les directions des organisations ouvrière-bourgeoises et centristes, soit à accepter de frapper avec nous, soit de se disqualifier auprès des éléments révolutionnaires restés en leur sein ainsi qu'auprès des appuis dont ils bénéficient dans le peuple.

Multiples sont les organisations qui défendent leur identité communiste mais dont les prises de positions restent des abstractions grossières, bien éloignées de celles du communisme scientifique de Marx, Engels, Lénine ou Trotsky. Nombreux sont les chefs et directions de partis qui évoquent leur révolutionnarisme pour mieux trahir en fait, les idées de la révolution socialiste et de l'internationalisme, dans le domaine de la théorie et en pratique.

Quand nous proposons le front unique aux organisations ouvrières opportunistes, nous exigeons de leurs directions qu'elles se déterminent sur le terrain de la lutte des classes, dans le mouvement réel, face à la bourgeoisie menaçante, devant les centaines de milliers et les millions de travailleurs mobilisés en attente. Les discours des porte-paroles peuvent faire illusion devant la masse des militants et des travailleurs qui s'éveillent fraîchement à la politique et qui ne savent pas encore distinguer les vrais des faux, les bons des mauvais, les révolutionnaires des traîtres en puissance. L'intervention dans la lutte dissipe tous les malentendus. Notre tactique de front unique place les hypocrites et les traîtres au pied du mur.

Si les communistes s'adressent à la tête des organisations opportunistes pour leur proposer de faire front, à la base, les communistes appliquent sans attendre la politique de front unique en constituant des comités et collectifs de lutte, en initiant en commun des grèves et des manifestations, en organisant la défense des mouvements avec la collaboration des militants et organisations locales des différentes organisations ouvrières.

Ainsi, en même temps que nous faisons franchir au mouvement de lutte d'indéniables progrès, nous rapprochons les militants ouvriers des organisations opportunistes vers le parti révolutionnaire. Nous faisons la démonstration dans l'action que le parti communiste est le parti qui se prépare véritablement pour la révolution, qui ne recule pas devant les dangers d'une confrontation avec la bourgeoisie, qui ne craint pas d'aller de l'avant, avec les travailleurs en action sur le terrain de la lutte pour les revendications minimums comme sur le terrain de la lutte directe pour le pouvoir travailleur, de leurs conseils et l'expropriation de la bourgeoisie.

Notre tactique de front unique s'applique à la question du gouvernement. Nous tendons la main à l'ensemble des organisations et partis du mouvement ouvrier socialiste, communiste et révolutionnaire qui affirment se battre pour un renversement du capitalisme. Nous prenons au mot ces différentes organisations, qu'elles revendiquent l'héritage de tel ou tel courant du trotskisme, du marxisme-léninisme maoïste, du stalinisme ou bien de l'anarcho-syndicalisme, de l'anarchisme, du syndicalisme révolutionnaire, du communisme libertaire... Nous disons que nous sommes prêts à former un gouvernement travailleur avec toutes les forces de la classe salariée sur un programme de transition socialiste, tel que; l'augmentation des salaire, l'embauche des chômeurs par l'échelle mobile des heures de travail, le contrôle salarié sur les prix, la production, la distribution, l'organisation du travail et les embauches, la socialisation des grandes entreprises et l'expropriation des capitalistes, l'armement des travailleurs au sein de milices, l'organisation de conseils de travailleurs centralisés démocratiquement à l'échelle du pays entier, ossature du nouveau pouvoir révolutionnaire.

Sur la base de ce programme, nous proposons de constituer à l'occasion des élections un front électoral avec les différentes organisations ouvrières volontaires. Ce front électoral et la proposition d'un tel front exclu de facto les organisations bourgeoises, à "gauche", "socialistes", "radicales" ou "démocrates" ! Nous opposons aux différents fronts et unions de gauche, le front de classe, aux élections comme dans les luttes et à l'issue de la mobilisation révolutionnaire des travailleurs.

Les organisations qui appliquent à des organisations bourgeoises la politique de front unique, les différentes sectes politiques qui s'adressent à ces organisations bourgeoises de gauche comme si ces dernières suscitaient encore ou à nouveau des illusions de caractère socialistes et révolutionnaires concourent à discréditer la politique des communistes et à apporter, objectivement, une caution ouvrière à des partis libéraux et démocrates bourgeois. Les marxistes savent différencier les parti bourgeois des partis réformistes ouvriers; les partis que nous définissons comme ouvrier-bourgeois. Le parti ouvrier réformiste n'est pas ce parti qui s'appuie seulement sur les votes ouvriers ou le mouvement syndical auquel il peut être lié organiquement comme dans le cas du Labour Party britannique. Le parti ouvrier réformiste est un parti qui fait explicitement référence dans son programme au projet socialiste, à la socialisation des entreprises, à l'appropriation socialiste et bien souvent à la révolution. Ce qui distingue le parti réformiste du parti révolutionnaire, c'est que le parti réformiste ouvrier ou "social-démocrate" trahit son programme au moment décisif. Tel n'est absolument plus le cas du Parti Socialiste français, du SPD allemand, ou du Labour Party de Blair et de Brown. La tactique du front unique peut aider à faire mûrir la contradiction de classe entre la base ouvrière, convaincue de militer dans une organisation socialiste ou révolutionnaire et le sommet embourgeoisé intéressé à maintenir la paix sociale. Une telle contradiction n'existe plus dans les partis qui ont très clairement abandonné toute référence au marxisme, à la dictature du prolétariat, à la révolution socialiste, à la transformation des rapports de propriété et même à la lutte des classes. La tactique de front unique ouvrier ne peut plus s'appliquer aux anciens partis ouvriers qui ont terminé leur processus de mutation bourgeoise.

Lorsque notre parti est absent des élections, nous apportons notre soutien électoral aux organisations ouvrières qui se présentent sur une ligne d'indépendance de classe, sur la base de leur programme ouvrier, face aux partis de la droite et de la gauche bourgeoise. À ce niveau également, notre politique électorale s'inscrit dans le cadre d'une juste application de notre tactique de front unique. Tant que des organisations ouvrières telles Lutte Ouvrière et le Nouveau Parti Anticapitaliste, malgré leurs caractères opportunistes prononcés, cristallisent encore la révolte salariée sur des bases de classe, nous pouvons leur apporter notre soutien électoral. Les plans d'urgences présentées par ces organisations sont des programmes de revendications minimums déconnectés de la nécessaire perspective de mobilisation révolutionnaire du peuple travailleur pour une transformation socialiste de la société. Mais la progression de ces organisations, jusqu'à ce que les révolutionnaires aient gagné suffisamment de force, révèlent incontestablement un progrès de la conscience des salariés, leur désaveu des partis bourgeois et du Parti Communiste moribond. Tout en apportant notre soutien électoral aux organisations indépendantes de la classe ouvrière, nous faisons la critique sans concession de leurs positions opportunistes et nous faisons campagne sur la base de notre programme, celui des revendications minimums et économiques portés par les luttes actuelles et les syndicats réformistes jusqu'à nos propres mots d'ordre de transition pour le socialisme et le pouvoir travailleur.

SUR LA QUESTION NATIONALE

Les communistes sont à l'avant garde de la lutte pour les libertés politiques et les droits démocratiques. Nous voulons arracher toutes les réformes, gagner tous les acquis démocratiques dans le régime d'exploitation et d'oppression existant, qui facilitent l'amélioration des conditions politiques pour un développement de la lutte des classes, pour un renforcement des organisations ouvrières et communistes. Comme l'oppression des libertés démocratiques est un frein à l'organisation des travailleurs dans leurs syndicats et partis politiques, l'oppression d'un peuple sur un autre freine le développement de la lutte des classes en liant les intérêts du prolétariat des deux pays à leurs classes exploiteuses respectives. Une partie du prolétariat de la nation oppressive peut tirer partie de l'exploitation économique du peuple opprimé alors que les travailleurs de la partie opprimée se solidarisent avec leur bourgeoisie contre les oppresseurs de leur nation. Nous sommes ainsi partisans du droit des peuples à l'autodétermination, du droit des nations à disposer d'elles-mêmes, du droit des minorités nationales à former leur propre République et à déclarer leur indépendance.

Est ce que la position des communistes peut être confondue avec celle du nationalisme bourgeois et petit-bourgeois ? Certainement pas. Les communistes mettent au premier plan l'opposition de classe, l'antagonisme inconciliable entre les intérêts de la bourgeoisie et les intérêts du prolétariat. Ils subordonnent la revendication de l'indépendance nationale aux intérêts de la lutte du prolétariat. Si les communistes sont pour la liberté des peuples, si nous sommes ses défenseurs et ses combattants, nous ne sommes pas les partisans inconditionnels et systématiques de l'indépendance en général !

Le programme communiste n'est pas le programme de l'indépendance de chaque peuple et de chaque minorité nationale. Notre tâche est bien au contraire de travailler à l'union la plus étroite des travailleurs des différentes nationalités. Alors que les forces productives ne finissent pas d'étouffer dans le cadre des nations et même de plus en plus à l'échelle de larges ensembles économiques tels l'Union Européenne, les États-Unis d'Amérique, la Fédération de Russie, la République chinoise, les marxistes doivent expliquer au contraire le caractère dépassé des États nationaux et du cadre national. La formation des nations a été éminemment progressiste à une période antérieure. Les États nationaux ont offert un cadre nécessaire au développement du capitalisme industriel en éliminant les barrières douanières intérieures, en instituant des législations, des monnaies, des systèmes de poids et de mesure uniques... Mais aujourd'hui, la division internationale du travail s'est intensifiée, l'organisation de la production et des échanges est internationale et mondiale. Le niveau atteint par les forces productives exige une gestion internationale et mondiale des ressources, des moyens de production et de la distribution.

Nous opposons donc à l'anarchie de marché moderne, non pas la perspective d'un éclatement des nations existantes, d'un replis économique national, du protectionnisme et du recul de notre civilisation mais bien au contraire la perspective de l'Union international et mondial des Républiques socialistes, pour une gestion mondiale des ressources naturelles, pour une planification socialiste mondiale de la production et des échanges.

Les communistes lient la revendication du droit à l'autodétermination avec une propagande socialiste internationaliste, contre les impasses nationalistes, contre la perspective d'un replis économique et politique micro-national, contre le chauvinisme, contre les utopies autarciques, contre la soumission du mouvement ouvrier aux objectifs propres de la bourgeoisie autochtone, contre l'égoïsme des régions riches qui ne veulent plus payer pour les régions pauvres d'une même nation, régions agricoles ou touchées par les plans de restructurations industrielles.

Nous défendons le droit des peuples corses, basques ou antillais à s'autodéterminer démocratiquement, mais nous prenons position, comme communiste, en défaveur de l'indépendance de ces territoires. Nous disons que l'indépendance de ces pays ne permettra de régler aucun des problèmes sociaux et environnementaux si les structures d'exploitation et d'oppression capitalistes ne sont pas liquidées. Nous disons que la construction du socialisme à l'échelle locale et régionale signifie un régime de partage autoritaire et bureaucratique de la pénurie, que la transition socialiste doit s'inscrire dans le cadre le plus large possible.

Dans les circonstances d'une inégalité de développement de la lutte des classes entre différentes régions d'un même pays, entre une région occupée par une minorité nationale et le reste du pays, nous ne devons pas hésiter à poser la question de la prise imminente du pouvoir et de la révolution, même si cette victoire partielle signifierait, au moins pour une courte période transitoire, l'indépendance d'un petit peuple sur une mince portion du territoire national. Dans ce cas, l'indépendance revêt un caractère clairement révolutionnaire et prolétarien. La déclaration d'indépendance signifie le passage d'une région entière sous le contrôle et la direction d'un pouvoir révolutionnaire des travailleurs. Mais elle doit signifier aussi seulement une courte transition vers un embrasement plus large, international de la lutte des prolétaires pour la direction politique de chacun de leurs pays.

A chaque fois qu'un pays est occupé par une armée étrangère et maintenu sous tutelle par son gouvernement fantoche, à chaque fois que la liberté d'un peuple est opprimée, que le droit à l'indépendance d'une nation est nié, alors les communistes ne se contentent plus de déclarer leur attachement de principe au droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, les communistes s'engagent dans le mouvement pour l'indépendance politique et contre l'occupant. Les communistes n'apportent pas un soutien extérieur au mouvement pour l'indépendance et la libération nationale, les communistes mettent toutes leurs forces dans ce mouvement. Notre objectif est de gagner la guerre contre l'occupant, gagner la guerre de libération du pays sans jamais perdre de vue nos propres buts communistes. Dans le combat, nous mettons au service de la libération nationale nos forces prolétariennes et nous renforçons nos capacités politiques propres en continuant notre travail d'agitation ouvrière et de propagande pour la révolution socialiste. Les communistes cherchent à prendre la direction de la lutte de libération nationale afin que la victoire sur l'impérialisme soit gagné sous le drapeau du prolétariat, que la libération nationale s'accompagne de la libération du peuple salarié et travailleur. Dans la lutte de libération nationale, nous sommes en concurrences avec des fractions nationalistes de la bourgeoisie qui veulent l'indépendance de la Nation sous leur propre direction. Avec celles-ci, au sein du pays occupé par une puissance impérialiste étrangère, les communistes peuvent pourtant conclure des accords ponctuels d'aide logistique et militaire. Et la nécessité d'organiser la résistance nationale ouvrière à l'occupation militaire d'une puissance impérialiste étrangère n'est pas le propre des pays coloniaux et semi-coloniaux. C'était par exemple bien le devoir des trotskystes d'organiser la résistance dans toute l'Europe sous l'occupation du Troisième Reich nazi, y compris en France, avec les méthodes de la lutte prolétarienne et en organisant partout là où c'était possible et avantageux; la guerre de partisans.

Mais dans la guerre de libération nationale, pas moins que dans la guerre de classe, les communistes conservent leurs organisations de parti. Quelle que soit la situation, quels que soient les accords concluent avec les forces bourgeoises, les communistes conservent leur presse, leur poste et autres outils de propagande et communication, leurs cellules clandestines, leurs organisations illégales. Aucun accord de front avec les forces bourgeoises autorisent le parti communiste et ses membres à lier leur drapeau avec ceux du nationalisme et de la bourgeoisie. Nous frappons ensemble l'occupant, mais nous préparons de notre côté, en même temps, les consciences ouvrières à frapper, dès que le prolétariat et les organisations communistes en auront la possibilité, pour leur compte, les forces nationalistes bourgeoises "démocratiques", "progressistes" ou plus clairement réactionnaires. Dès que le premier danger sera écarté, que les armées étrangères se seront retirées, que l'ennemi de l'extérieur sera défait, nous devons retourner nos armes contre l'ennemi de classe à l'intérieur, la bourgeoisie nationale. L'insurrection armée des travailleurs doit accoucher d'un gouvernement des travailleurs, pour le socialisme, pour l'expropriation de toute la bourgeoisie, indépendamment de ses choix politiques et tactiques passés; qui a collaboré avec l'étranger ou qui s'est battu pour la défense de ses intérêts capitalistes comme classe nationale.

LA LUTTE POUR L'ÉMANCIPATION DES FEMMES

La révolution industrielle et le développement capitaliste n'a pas soustrait la femme du travail domestique pour la libérer mais pour la placer directement sous le joug des maîtres capitalistes.

L'intégration des femmes dans l'industrie et les services constitue pourtant un indéniable progrès pour l'humanité. Elle accompagne l'électrification des logements, l'installation de l'eau courante en ville et à la campagne, le remplacement de la cheminée à bois puis du poêle à charbon par les plaques et le four électrique, le gaz... L'émancipation des femmes de leurs seules fonctions traditionnelles a été rendu possible dans les pays industrialisés par les progrès de l'hygiène et de la médecine qui ont permis la réduction à un minimum des taux de mortalité infantile. Sans ces avancées qui s'ajoutent à la mise en place de l'école publique obligatoire, de systèmes de retraites, à la démocratisation de moyens de contraception efficaces, sans cet ensemble d'avancées démocratiques, la réduction du nombre d'enfants par famille n'aurait pas été possible, les femmes du peuple seraient restées cloisonnées dans le cadre de l'économie domestique.

Les rapports de production pastoraux et agricoles avaient imposé durant plusieurs milliers d'années une division sexuelle du travail très prononcée qui vient d'être bouleversée par la révolution des modes de production du dernier siècle. Dans les pays impérialistes, la généralisation de la socialisation des procès de production à des sphères comme l'agriculture et l'élevage, la production de biens agro-alimentaires ou la distribution, n'a pas plus de 50 ou 60 ans. C'est seulement dans ce contexte que l'intégration de la majorité des femmes sur le marché du travail a pris tout son sens. L'entretien du foyer domestique n'exigeait plus un travail à plein temps. Les capitalistes pouvaient donc exploiter la main d'oeuvre féminine, toute la main d'oeuvre féminine, sans trop pénaliser la reproduction de la classe des prolétaires.

La participation des femmes à la production sociale a constitué un facteur indispensable aux progrès économiques titanesques du XXème siècle. En participant à la vie de l'entreprise aux côtés de leurs compagnons, les femmes ont enfin gagné les droits politiques dont elles étaient encore privées dans les premières républiques démocratiques bourgeoises. L'intégration d'une majorité des femmes à l'univers de l'entreprise capitaliste a permis aux deux sexes de se rapprocher, et plus seulement à l'occasion des grands travaux agricoles estivaux, des fêtes villageoises ou dans le lit conjugal. L'intégration des femmes dans l'industrie et les services a permis de former une communauté mixte dans laquelle les deux sexes étudient puis travaillent côte à côte.

C'est dans la production que femmes et hommes reconnaissent progressivement le besoin de s'unir, dans la lutte syndicale et politique face à la classe exploiteuse. C'est dans l'expérience du travail et de la lutte commune que les différenciations politiques entre les deux sexes s'estompent peu à peu. Les barrières qui départageaient les deux sexes peuvent tomber, l'abîme qui séparait la conscience sociale des femmes d'un côté et celle des hommes de l'autre peut être comblé.

Les conditions actuelles de la production moderne demandent pour son fonctionnement l'égalité des droits entre les sexes, la participation de la femme à la production sociale. Les femmes qui ne constituent plus seulement la moitié du genre humain mais la moitié ou une fraction conséquente du prolétariat, sont donc, du fait des nouvelles conditions matérielles d'existence, appelées à s'investir activement dans la lutte des classes, dans le mouvement syndical et révolutionnaire. Les communistes ne demandent pas aux femmes travailleuses qu'elles apportent un soutien moral à leurs hommes depuis leur foyer. Dans la lutte contre le capital, ils font la propagande pour que les femmes travailleuses s'engagent dorénavant nombreuses dans la vie partisane, au côté de leurs compagnons de classe, en avant. Dans des pays où la majorité des femmes ne participent pas encore à la vie de l'entreprise capitaliste, les communistes doivent travailler à associer les femmes, ménagères et mères, à la lutte ouvrière, par le développement de comité dans les quartiers ou les villages qui organiseront le soutien matériel aux grévistes, le contrôle des prix dans les magasins. Mais dans les pays industrialisés, la question de l'organisation des femmes se pose différemment, elle se confond avec l'organisation des hommes dans les entreprises et les quartiers.

Tout en proclamant l'égalité entre les sexes, la société bourgeoise démocratique continue à opprimer les femmes, elle opprime les droits de la femme prolétaire dans les faits. C'est que la société de concurrence capitaliste refuse aux femmes la possibilité de concilier harmonieusement leur rôle de mère avec leur évolution professionnelle. Outre les inégalités de salaires qui subsistent encore entre les hommes et les femmes dans certaines couches supérieures du salariat, l'inégalité d'accès à des postes de responsabilité reste très forte. C'est que l'entreprise capitaliste qui recherche des employés flexibles, corvéables à merci, sélectionnera en général, pour un poste de responsabilité et à niveau de compétence égale, de préférence un homme célibataire, sans contrainte familiale plutôt qu'une femme, déjà mère de famille ou qui pourrait le devenir dans un avenir indéterminé.

Alors que la société capitaliste oblige dorénavant père et mère à se salarier pour conserver les moyens d'entretenir leur foyer, les tâches domestiques et les démarches administratives qui restent lourdes à supporter obligent la famille ouvrière à leur consacrer encore de nombreuses heures. L'acquittement de ces tâches repose toujours, en grande partie sur les femmes. Et quand celles-ci les négligent, c'est au préjudice de tous les membres de la famille et de ses enfants.

Dans tous les pays où les droits démocratiques des femmes ne sont pas encore acceptés, où l'égalité juridique n'est pas acquise, les communistes doivent mener campagne pour que le droit au travail des femmes soit reconnu, pour l'égalité salariale, pour le droit de vote des femmes, le droit des femmes à s'inscrire sur des listes électorales, à se syndiquer, à participer à l'égale des hommes à la vie politique de la nation. Les communistes mènent également campagne pour la libération de la femme des traditions et des lois qui la maintiennent à la condition d'esclave domestique et d'éternelle mineure. Nous menons donc la lutte démocratique pour l'égalité devant la loi, le droit des femmes à choisir leurs maris, le droit au divorce, le droit d'hériter...

Mais dans tous les pays industriels avancés ou la femme est l'égale juridique de l'homme, les mouvements féministes qui refusent de poser la perspective de l'émancipation de la femme dans le cadre de la libération de toute la classe travailleuse se rendent du même coup complice des jeux de diversion organisés par le pouvoir capitaliste. Les courants féministes bourgeois et petit-bourgeois qui tournent le dos au point de vu marxiste, qui ne comprennent pas les causes profondes, matérielles de la division sexuelle du travail, des différenciations entre les hommes et les femmes dans l'entreprise et dans la société en général, ces courants portent préjudice au mouvement féminin avec leurs fausses et mauvaises solutions.

Le problème de l'émancipation des femmes n'est pas "spécifique". Nous ne pouvons pas séparer la perspective de l'émancipation des femmes de celle de l'émancipation de l'Homme en général et du prolétariat en particulier. L'oppression de la femme s'inscrit dans des rapports d'exploitation et d'oppression qui oppriment l'ensemble de la classe travailleuse, hommes et femmes, comme producteurs, consommateurs, parents, compagnons et individus. La lutte pour l'émancipation des femmes n'est pas une lutte contre l'oppression des hommes. Elle est une lutte pour la transformation de nos conditions d'existence communes, pour notre libération de l'oppression capitaliste. Les discriminations positives et les lois sur la parité ne favoriseront en rien une meilleure intelligence entre les deux sexes et d'amélioration de la condition féminine si les rapports d'exploitation et d'oppression matériels restent inchangés.

L'émancipation des femmes ne se pose plus en termes d'avancées légales dans les démocraties impérialistes, mais en termes d'avancées pratiques et sociales. Ainsi, les communistes se mobilisent pour l'ouverture des places de crèches qui font défaut pour les jeunes enfants de toutes les familles dans les quartiers des villes et dans les villages des campagnes, ils se font les promoteurs de nombreuses et actives organisations de jeunesse dans les domaines du sport, de l'art et des plus diverses pratiques culturelles. L'évolution vers l'égalité des conditions de vie entre les hommes et les femmes est impossible tant que la société laisse entièrement à charge l'éducation des enfants à la famille nucléaire restreinte. Les communistes mettent en avant la nécessité d'une baisse radicale du temps de travail pour les hommes et pour les femmes, afin que les occupations domestiques ne se fassent plus par l'un ou l'autre des deux parents, au dépend de son évolution professionnelle et individuelle, afin que le travail en entreprise ne puisse contredire une vie familiale épanouie, avec enfants et conjoint. Contre une organisation du travail destructrice pour les familles et la vie sociale en générale, les communistes mènent la bataille contre le travail de nuit en dehors des services de secours essentiels. Ils se battent pour que les travailleurs de chaque entreprise aient la possibilité de réaménager facilement leurs horaires en fonction de leurs situations personnelles et familiales.

Les communistes font leur toutes les avancées sociales qui permettront aux hommes et aux femmes de se réaliser pleinement comme individu, et d'assurer à chacun les moyens de satisfaire leurs besoins comme producteurs des richesses sociales, participants aux décisions de la collectivité socialiste, comme créateur, comme mère et père de leurs enfants.

Quand la bourgeoisie cherche à nier les droits des femmes à la maternité au nom de l'égalité entre les sexes, les marxistes s'opposent à la réduction de la durée du congé parental comme ils se sont opposés à l'annulation de la loi d'interdiction du travail de nuit des femmes dans l'industrie. Ils revendiquent au contraire des mesures de protection physique particulières pour les femmes dans la production, des avancées qui assureront à toutes les mères le temps et la sécurité matérielle pour allaiter leurs nourrissons, assurer leur rôle indispensable de mère dans les premiers mois de vie de leurs petits. Les marxistes sont les partisans de l'égalité sociale qui ne se confond pas avec la négation des différences des deux sexes.

Face à la démagogie égalitaire vulgaire et réactionnaire de la bourgeoisie pour soumettre encore plus les femmes à l'exploitation patronale et lui interdire le droit à la maternité, nous avançons les perspectives qui donneront à la femme toutes les libertés et les facilités pour qu'elle satisfasse ses besoins en tant que femme travailleuse, citoyenne, individu et mère. La lutte pour l'émancipation des femmes est indissociablement liée à la lutte de la classe ouvrière pour le socialisme, à la reconnaissance et la satisfaction des besoins de tous les membres de la société, pour assurer à chacun "le bien-être complet et l'épanouissement libre et total".

POUR L'UNITÉ DU PROLÉTARIAT

Dans sa lutte contre le patronat, la classe prolétarienne doit s'organiser nationalement et internationalement. Chaque groupe de travailleurs isolés les uns les autres dans leurs luttes contre le capital est condamné à l'impuissance. Face à des travailleurs isolés, les entreprises peuvent facilement remplacer les grévistes par des jaunes ou d'autres travailleurs qui feront office de jaunes. Les directions des entreprises peuvent décider la fermeture de certains de leurs sites sous de fallacieux prétextes, licencier les leaders syndicalistes et les éléments les plus revendicatifs, licencier l'ensemble des salariés et délocaliser leurs activités dans un pays où la main d'oeuvre est moins chère et plus docile.

C'est ensemble que les travailleurs doivent gagner les augmentations de salaire, les améliorations de conditions de travail. Les salariés des différentes entreprises doivent faire respecter ensemble les règlements de sécurité par les employeurs. Les travailleurs doivent imposer leurs intérêts, autour des mêmes revendications à toute la classe capitaliste et à tous ses gouvernements. Privé de cette capacité, les travailleurs ne seront pas récompensés de leurs sacrifices dans la lutte. Car les lois du capitalisme s'imposent aux entreprises particulières. Les entreprises qui dégagent moins de profits que la moyenne de leurs concurrentes périclitent, les propriétaires de capitaux retirent leur soutien financier à de tels entreprises. Les entreprises les moins compétitives disparaissent du marché et leurs employés sont jetés au chômage. C'est donc tous ensemble que nous pouvons gagner, pour imposer aux capitalistes un même niveau de salaire, le respect des mêmes règles de protection de la main d'oeuvre. Nous devons nous organiser de telles façons à ce que le patronat soit contraint de reconnaître les mêmes droits à toute la classe salariée, par delà les frontières.

En nous soumettant à son régime de concurrence, le capital peut tirer l'ensemble de nos conditions de travail et de vie vers le bas. La seule manière de contrecarrer les effets de cette concurrence se trouve donc dans l'association solidaire de tous les travailleurs à l'échelle nationale et internationale. Les progrès dans le transport, la télécommunication et l'informatique sont des facteurs techniques qui facilitent la mise en concurrence entre les travailleurs des différentes régions et nations du monde. Mais les avancées technologiques, si elles rendent plus que jamais nécessaire notre organisation syndicale et communiste mondiale, elles les rendent aussi plus que jamais aisées !

Depuis des temps immémoriaux, les hommes se sont déplacés à la recherche de nouvelles terres de chasse, de cueillette et de culture. Les migrations humaines s'étalaient alors sur des millions et des milliers d'années. Avec le développement du capitalisme dans le monde, la vitesse des flux migratoires s'est accélérée. Des centaines de millions de travailleurs, ouvriers et paysans quittent chaque année leur patrie d'origine, leur campagne ou leur village pour l'étranger et la grande mégalopole. Les migrations se dirigent aujourd'hui vers les grands points de concentration du capital, les grands centres industriels et urbains.

Depuis le début de l'industrialisation en France, l'arrivée des auvergnats et des bretons vers Paris a laissé place à l'immigration des travailleurs polonais et italiens puis à celle des ouvriers portugais, algériens ou sénégalais dans toute la moitié nord-est industrielle de la France. Des travailleurs d'une multitude de nationalités et d'origines différentes habitent les mêmes villes et travaillent sur les mêmes chantiers, sur les mêmes chaînes d'industrie, dans les mêmes entrepôts, dans les mêmes centres commerciaux. Ainsi, la tâche des communistes est de réaliser l'unité des travailleurs dans les entreprises, l'unité de toute la classe ouvrière dans le combat contre les capitalistes et son système d'exploitation. Les ouvriers doivent se débarrasser au plus vite des nombreux préjugés et traditions qui font obstacles à l'unité de leur classe, à la construction de rapports solidaires et fraternels. Les communistes doivent aider les ouvriers à se rassembler dans les mêmes syndicats, à participer aux différentes réunions et assemblées du mouvement.

Nous devons opposer au patronat un bloc de classe, dans les entreprises, dans chaque pays et à l'internationale. Car les capitalistes savent jouer sur la concurrence entre travailleurs aux origines différentes. Ils savent utiliser la main d'oeuvre étrangère, dans le cadre national, pour abaisser le coût du travail dans un secteur d'activité en particulier ou dans le pays tout entier. Et dans chaque entreprise, le patronat tente de s'appuyer sur les travailleurs les moins informés, ceux dont la situation personnelle est la plus fragile pour briser la contestation salariée. Dans la lutte des classes, il est impératif de rassembler les plus larges couches du prolétariat. Si nos organisations ne rassemblent que des noyaux réduits, nous n'avons pas le rapport de force. Les communistes doivent donc mener un travail systématique pour la politisation et l'organisation des travailleurs venus de l'étranger, les informer de leurs droits et de leurs devoirs vis à vis de toute la classe salariée. L'immigration annuelle de centaines de milliers de frères et soeurs étrangers rend absolument nécessaire des campagnes énergiques et systématiques de syndicalisation en direction des travailleurs des entreprises du bâtiment, de l'automobile, du commerce et de l'agriculture. Les communistes doivent prendre inévitablement la tête de telles campagnes !

Aussi, dans chaque pays, les communistes doivent se placer à la tête des mouvements pour l'égalité des droits entre les travailleurs nationaux et les travailleurs immigrés. Tous les travailleurs, quel que soit leur temps de résidence dans le pays, doivent être embauchés aux mêmes conditions, bénéficier des mêmes possibilités légales que leurs collègues nationaux pour se défendre face au patronat. L'ensemble des droits démocratiques nationaux doivent être étendus aux travailleurs étrangers afin de faciliter leur intégration rapide au mouvement de lutte de classe.

Ce n'est pas l'agitation des organisations antiracistes, les déclarations moralisatrices des mouvements de la bourgeoisie démocrate et de l'extrême-gauche petite-bourgeoise qui font reculer les préjugés, jalousies et haines raciales et communautaire dans le peuple. Ce sont les conditions matérielles d'existence des travailleurs prolétaires qui déterminent la nécessité pour eux d'abattre les barrières qui les isolent de leurs confrères dans la lutte pour la défense de leurs intérêts communs. Les communistes aident cette prise de conscience. L'union la plus large des travailleurs est obligatoire pour que les capitalistes cèdent sur nos revendications. C'est dans le cadre de la lutte contre la classe exploiteuse que les liens d'amitié et de fraternité naissent et se renforcent.

Bien sûr, les différenciations sociales dans la classe travailleuse et dans tout le peuple qui se superposent très souvent avec des différences raciales, ethniques et nationales compliquent notre travail pour assurer l'unité et la force du prolétariat. Les phénomènes de différenciations sociales et raciales qui se superposent et qui trouvent leurs raisons essentielles dans l'histoire des mouvements migratoires et la sociologie des populations récemment immigrées peuvent laisser penser à des fractions non négligeables de la population que les positions sociales dans la société bourgeoise sont occupées par les individus en raison de leur appartenance à leur groupe racial et national d'origine. L'antiracisme de la petite-bourgeoisie intellectuelle ne fait que conforter ces préjugés. Mais si les consciences retardent toujours sur l'existence, si des préjugés positifs ou négatifs sur telle ou telle communauté d'origine peuvent avoir la vie dure, il est faux et dangereux de laisser courir cet autre préjugé qui veut que c'est l'origine raciale ou l'appartenance communautaire qui détermine la place particulière des groupes au sein des rapports d'exploitation capitaliste.

La bourgeoisie essaie justement de désamorcer le conflit de classe par des diversions comme la problématique de la représentation des élites en fonction de leurs races et de leurs origines nationales. Les travailleurs répondront que peu leur importe si le chef de l'État est noir ou blanc, que le capitaliste exploiteur est catholique, juif ou évangéliste, musulman ou athée, notre lutte est une lutte de classe, notre but est la liquidation des rapports d'exploitation, l'émancipation du joug des exploiteurs de toutes les races et de toutes les nations, la liquidation de l'ensemble des classes bourgeoises, quelles que soient leurs communautés !

La segmentation sociale entre différentes races et communautés d'une même nation provient de ce fait simple;

la bourgeoisie se reproduit comme classe dominante, les familles bourgeoises héritent leur capital qui se concentre entre un nombre toujours plus restreint de mains, les oligarchies financières écrasent la concurrence et interdisent de plus en plus nettement, au fur et à mesure du développement capitaliste, à des éléments de la plèbe de s'élever dans les affaires pour y faire fortune. A nous donc de populariser la compréhension marxiste des phénomènes sociaux pour détourner les opprimés des révoltes stériles qui ouvrent la possibilité aux politiciens démagogues de droite et de gauche d'attiser les tensions et les jalousies entre pauvres, toujours à leur propre bénéfice.

L'inégalité de développement des différentes régions du monde rend inévitable de nouveaux flux de migration, des provinces agricoles vers les villes dans tous les pays où le processus d'exode rural est peu avancé, puis des pays les moins développés vers les grands centres industriels et impérialistes. Les dynamiques migratoires s'inscrivent exactement dans le cadre des rapports de domination économique entre les nations. Les bourgeoisies des pays opprimés, tout à fait subordonnées aux intérêts des grands trusts internationaux sont encore souvent incapables d'engager leurs pays dans la voie du développement. Elles se contentent de tirer partie du pillage des ressources naturelles de leurs sols par les puissants trusts. Des peuples entiers sont condamnés ainsi par le sous développement à l'exode vers les pôles impérialistes, ou bien à la macabre perspective du chômage, de la guerre, de la maladie et de la famine. Et la fuite des forces vives du prolétariat et des couches intellectuelles et cultivées du peuple des pays pauvres vers les pays riches apparaît comme un nouveau facteur de paupérisation des nations dominées. Dans les pays impérialistes, si les États imposent des restrictions policières à la régularisation des travailleurs immigrés, les grands groupes capitalistes attendent toujours plus de l'immigration des pays d'Amérique latine, du Maghreb ou d'Afrique noire pour faire pression sur les salaires et les conditions de travail de leur population ouvrière autochtone. Ainsi, les inégalités de développement entre les différentes régions du monde renforcent l'accélération du processus de paupérisation générale des travailleurs non seulement dans les pays pauvres mais aussi dans les pays impérialistes.

Les flux migratoires renforcent pour un tant la bourgeoisie face au prolétariat, la bourgeoisie tire d'abord partie de la désorganisation du syndicalisme, des inégalités de développement de la conscience de classe entre les différentes, jeunes et anciennes couches du prolétariat. Les syndicats et les organisations de la classe ouvrière ont besoin de temps pour s'adapter à la nouvelle donne démographique, pour intégrer à leurs traditions de lutte les nouveaux arrivants, faire émerger de nouvelles générations militantes et de nouveaux chefs ouvriers issus des populations immigrées.

Dans le contexte des restructurations et liquidations industrielles des années 80, de l'explosion du taux de chômage et de la délinquance juvénile, de la crise de subjectivité du prolétariat qui a accompagné la dégénérescences bureaucratique des premiers États ouvriers, de la mutation bourgeoise des anciens partis ouvriers, les dernières vagues d'immigration ont été un facteur d'aggravation de la dépolitisation de la classe ouvrière et de montée des tensions communautaires.

Mais les mouvements de migration de la main d'oeuvre peuvent devenir assez rapidement un facteur de renforcement des capacités politiques du prolétariat à l'international. Au lieu que l'afflux de travailleurs immigrés soit utilisé par la bourgeoisie contre le mouvement salarié organisé, le mouvement prolétarien peut retourner toute l'énergie des travailleurs de l'émigration contre la bourgeoisie des pays impérialistes et contre les classes dominantes de leurs propres pays d'origine. C'est aux communistes que revient la tâche essentielle de développer leurs organisations dans toutes les diasporas ouvrières. Nous devons y faire pénétrer les idées du marxisme, y constituer les réseaux de soutien à la révolution socialiste internationale, y raffermir les liens de solidarité entre tous les travailleurs du monde. Au sein des populations immigrées qui affluent vers les pôles impérialistes, les communistes doivent puiser toutes les forces humaines nécessaires à la construction d'un grand parti communiste mondial, arme révolutionnaire indispensable et redoutable pour nous libérer des chaînes de l'impérialisme et de la bourgeoisie internationale.

AVEC NOUS, AU TRAVAIL !

Nous avons un long chemin à parcourir avant de pouvoir entraîner la population travailleuse à la prise du pouvoir et à l'instauration de son propre gouvernement révolutionnaire.

Après l'éclatement de l'URSS, l'embourgeoisement des vieux partis réformistes traîtres et l'évolution opportuniste des oppositions de gauche au stalinisme, nous devons travailler pour passer à nouveau le stade de l'accumulation primitive de nos forces. La contradiction entre nos tâches objectives et les moyens organisationnels et militants dont nous disposons est plus forte que jamais.

Malgré la situation qui se dégrade rapidement pour une grande partie des peuples et des travailleurs du monde, l'avant garde communiste, encore réduite à renforcer des petits noyaux militants, doit se concentrer en priorité sur l'activité de propagande et d'organisation.

Dans tous les pays du monde, auprès des travailleurs des grandes métropoles impérialistes ou bien des masses rurales et urbaines des périphéries, les communistes ont pour tâche essentielle de repopulariser le projet socialiste et communiste.

Mais le succès de notre travail propagandiste est directement lié à nos capacités à faire avancer la lutte des classes par notre travail d'agitation.

La mobilisation des organisations du parti aide les militants à intervenir, initier et développer les mouvements de lutte. La construction du parti révolutionnaire dépend de l'influence que celui-ci gagne dans les luttes du prolétariat à l'échelle des entreprises et des secteurs d'activité entiers. C'est par la bataille politique que nous livrons au sein de la classe salariée et de ses organisations syndicales, par nos interventions en tant que fraction la plus résolue des mouvements partiels et généraux, en dirigeant l'activité salariée autour des mots d'ordre de notre programme que nous donnons vie aux perspectives socialistes, que les travailleurs peuvent s'approprier le but par leur expérience propre et nous, rassembler la fraction la plus combative du prolétariat.

Le parti se construit à la fois par le haut et par le bas. Le parti, c'est d'abord un programme. Mais contrairement à la multitude d'organisations, cercles et autres sectes plus ou moins opportunistes et gauchistes qui consacrent leur énergie à parasiter le mouvement militant affaiblis, notre objectif est de redonner corps, confiance et conscience à la classe exploitée en assumant par nous-mêmes le travail politique, en devenant les acteurs authentiques de la lutte des classes.

Il ne suffit pas d'accuser les organisations centristes et réformistes de tourner le dos à la révolution, nous agissons comme militants révolutionnaires.

C'est seulement sur nos propres forces que nous pouvons compter pour assurer la permanence de la pensée marxiste vivante dans le peuple. Si nous ne faisons pas ce travail, personne d'autre ne le fera à notre place.

Les militants qui font vivre dans les organisations centristes tout à fait coupées du prolétariat, des tendances ou des fractions secrètes se leurrent. Les révolutionnaires peuvent espérer cristalliser autour d'eux et avec succès de solides noyaux seulement s'ils interviennent drapeaux déployés, s'ils orientent leur travail en direction des masses d'abord. Quand les organisations centristes sabotent leurs acquis pour rallier les éléments hésitants et réformistes, il nous faut revendiquer avec d'autant plus d'entrain nos bases programmatiques.

Si les révolutionnaires font le choix tactique, d'intégrer le processus de construction d'un parti ouvrier large, ils doivent y conserver la plus grande liberté d'action, soit leurs organisations de parti, leurs sections, cellules et organes de direction, leur presse et leur matériel public. Le choix de l'entrisme se justifie seulement et seulement si l'intervention en fraction dans un parti large peut véritablement aider les révolutionnaires à se lier au prolétariat et à son mouvement. Mais les groupes qui, au nom de l'intervention au sein d'un parti large et non délimité stratégiquement renoncent à leur travail en direction des masses en leur propre nom, ceux là laissent la classe salariée à l'ignorance et à l'idéologie dominante. Leur choix tire le mouvement révolutionnaire en arrière.

Actuellement, la crise subjective de la classe ouvrière dépasse trop largement le problème de la crise de sa direction pour que de véritables révolutionnaires imaginent faire l'économie d'un lourd et patient travail à la base, vers les ouvriers et les employés, dans les entreprises, dans les quartiers populaires. Les groupes communistes qui imaginent pouvoir se dispenser d'un travail de masse, en direction de la classe ouvrière en tout premier lieu, démontrent par ce simple fait leur faillite comme direction révolutionnaire potentielle. La crise de l'humanité se résume à la seule crise de direction du prolétariat autant que les militants du marxisme refusent d'intervenir en leur propre nom dans le prolétariat.

Les organisations centristes sont trop coupées du prolétariat des industries et des services, bien trop illusionnées par le pacifisme, le démocratisme et la bien pensance de gauche pour nous laisser imaginer qu'elles deviendront dans un futur proche un facteur efficace pour élever et rallier les ouvriers et les travailleurs du rang au programme de la Révolution socialiste. En privilégiant les batailles internes sur une intervention révolutionnaire directe, les militants des oppositions de gauche à l'intérieure des organisations centristes petite-bourgeoises perdent le contact avec le réel et sont alors réduits à défendre le marxisme et le trotskisme en dogmatiques, à transformer les idées socialistes en formules abstraites qui provoquent inexorablement le rejet des éléments les plus combatifs de la classe salariée révoltée.

Nous sommes communistes pour faire avancer le mouvement réel et pour que devienne maître de son devenir le prolétariat et ses militants.

Il faut que les militants communistes s'éprouvent dans l'action de classe, éprouvent leur programme, leurs analyses, leurs méthodes d'organisation et d'intervention parce que c'est ainsi que le programme ne reste pas lettre morte, parce que c'est ainsi, à l'aune de l'expérience et de la pratique que nous vérifions les idées justes et pouvons corriger nos erreurs.

Nous devons non seulement nous presser de renforcer notre implantation nationale dans les entreprises et les quartiers populaires, afficher notre présence systématique sur les lieux de travail, d'étude et de vie pour étendre et solidifier notre influence, élever la combativité des travailleurs, faire avancer la lutte des classes, mais il nous faut encore réussir à associer dans un même mouvement, à l'échelle mondiale, l'ensemble des organisations communistes révolutionnaires.

Nous avons besoin d'une organisation communiste internationale pour gagner la révolution à l'internationale. Dans les syndicats, notre organisation à l'échelle du monde doit nous donner une nette supériorité sur les appareils réformistes d'accompagnement des politiques économiques des États bourgeois. Notre internationale et notre fraction rouge syndicale doivent devenir très vite un moyen pour informer l'ensemble des travailleurs des conditions de travail, des préoccupations et luttes nationales à l'étranger. Notre construction internationale doit devenir un instrument efficace pour lancer des campagnes de mobilisation à l'échelle de plusieurs pays. Nous devons exercer les salariés à se lever comme un seul, lorsque des collègues de leur groupe ou de leur secteur subissent un plan de licenciement, la fermeture de leur usine, la répression policière et patronale.

Nous accusons un retard immense dans notre construction nationale et internationale. Il nous faut rattraper ce retard au plus vite. Les instruments technologiques dont le capital se sert pour mettre les salariés en concurrence, nous devons nous les approprier pour notre association internationale, afin de mener la bataille pour nos intérêts solidaires face à l'ennemi de classe. Notre développement doit suivre et dépasser le processus de centralisation du capital et de division du travail à l'international, dépasser le stade d'organisation et de centralisation de leurs politiques.

Les émeutes de la faim qui ont précédées la crise des subprimes et de surproduction capitaliste de l'année 2008 prouvent que les contradictions du capitalisme ont plus que jamais une résonance mondiale et que celles-ci sont un facteur d'harmonisation de la lutte des classes à travers le monde. Aux communistes de tirer partie des conditions que le capitalisme mondialisé nous offre pour dresser avec éclat la possibilité d'une prise révolutionnaire du pouvoir simultanée à l'échelle de plusieurs nations, d'un développement aisé de la révolution à l'internationale et d'annoncer les nouvelles raisons de la possibilité d'un développement socialiste mondial facile et harmonieux.

La tâche des communistes de chaque pays est de construire un parti de la révolution comme section nationale autonome de l'organisation d'une nouvelle internationale centralisée démocratiquement.

Investissons-nous pour la construction du parti mondial de la révolution!

La IIIème Internationale, subordonnée aux intérêts diplomatiques de la bureaucratie soviétique avait fait faillite en refusant de diriger l'action révolutionnaire du prolétariat. La IVème Internationale a fait faillite elle aussi, après de longues décennies de décadence petite-bourgeoise et la dissolution de ses organisations dans des partis larges et non délimités stratégiquement.

Les révolutionnaires doivent donc se mobiliser pour construire une nouvelle internationale. Sur la base du marxisme vivant, sur la base du trotskysme révolutionnaire, des leçons que nous tirons de l'expérience du passé et que nous tirons de nos propres expériences présentes, nous formons les premiers cadres au rassemblement des nouveaux partisans. Les communistes comptent sur l'énergie révolutionnaire des masses prolétaires qui ne manqueront pas de chercher dans les prochaines années les outils politiques, organisationnels et militants pour leur lutte émancipatrice. C'est vers la classe ouvrière, vers le peuple travailleur que les communistes doivent diriger tous leurs efforts pour convaincre, lutter, organiser et gagner. Les communistes doivent offrir aux nouvelles générations révolutionnaires une structure internationale pour la lutte de classe internationale du prolétariat.

Les différents groupes révolutionnaires nationaux doivent conjuguer leurs volontés et poser les jalons d'une nouvelle association. Nous devons créer et renforcer l'ensemble des liens de solidarité politique entre organisations révolutionnaires communistes, mutualiser nos moyens, coordonner nos efforts au service de la lutte du prolétariat.

Sur la base d'une unité de vue sur le programme, d'une compréhension commune de nos tâches, un engagement dans le mouvement réel de la lutte des classes, nous devons nous presser de fonder la nouvelle internationale, celle dont le prolétariat et tout les peuples travailleurs du monde ont besoin, le nouveau parti communiste mondial promis à diriger l'assaut des travailleurs pour la prochaine vague de révolutions !

LE CAPITALISME, C'EST LA RUINE !

HÂTONS L'HEURE DE NOTRE LIBÉRATION !

NOUS N'AVONS RIEN D'AUTRE À PERDRE QUE NOS CHAÎNES !

RENVERSONS LA BOURGEOISIE ET SES OLIGARCHIES FINANCIÈRES,

TOUT LE POUVOIR AUX TRAVAILLEURS !

EN AVANT POUR LA RÉVOLUTION SOCIALISTE INTERNATIONALE !

PRÉPARONS LA MOBILISATION RÉVOLUTIONNAIRE DU PROLÉTARIAT !

POUR L'UNION DES RÉPUBLIQUES SOCIALISTES DU MONDE,

FORMONS UN PUISSANT PARTI MONDIAL, REJOIGNEZ-NOUS !

NOTRE VICTOIRE OU LA MORT!

VIVE LE COMMUNISME !

Informations
Préparons la journée d’action du 15 septembre !En direction des forces de l'ordre !Préparons les nouveaux points forts des 23 et 28 juin !Jusqu’au bout !
Vidéos
Toutes les vidéos
Liens
Retrouve l'ARS sur facebook
Pour un front révolutionnaire
Archive Internet des marxistes