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Communiqué du 25 janvier 2012

Le "sommet de crise sur l'emploi" n'a pas seulement été une mascarade

Pour enrayer la montée du chômage, Nicolas Sarkozy et son équipe n'ont pas craint le ridicule en annonçant pour seules solutions concrètes la création de 1000 postes à Pôle emploi et un nouveau dispositif d'exonérations de charge, cette fois-ci pour les petites entreprises qui voudraient employer des salariés de moins de 26 ans.

Comme si, avec l'amélioration de l'accompagnement de la minorité de chômeurs que pourraient suivre les 1000 nouvelles recrues de Pôle Emploi, des emplois qui n'existent pas allaient pouvoir être inventés ! Et comme si le problème du chômage pouvait être circonscrit aux moins de 26 ans ! Comme si de nouvelles subventions allouées par l'Etat aux entreprises représentaient une solution efficace ! Et si c'était bien le cas, ne devrions nous pas déjà le savoir ?! Car en 2010, le coût de l'assistance de l'Etat aux entreprises a culminé à 170 milliards d'euros !

Mais le "sommet de crise sur l'emploi" n'a pas été qu'une mascarade organisée pour soigner l'image volontariste de notre exécutif. Il a été aussi l'occasion pour le Président et son équipe de confirmer nos craintes. Le pouvoir patronal s'apprête à diriger une nouvelle attaque radicale contre les travailleurs du pays.

Le nouveau tour de passe-passe par lequel le gouvernement entend faire payer les travailleurs ? La « TVA sociale ».

Le gouvernement et ses amis du Medef entendent abaisser les charges sociales des entreprises qui financent, sur notre travail, les caisses de la sécurité sociale. Et ils entendent compenser le déficit causé par cette mesure par l'augmentation des taxes sur la consommation des ménages.

Par cette mesure, le gouvernement veut réduire la part du salaire différé qui est payé sous forme de "charge patronale", ou abaisser les coût de production en abaissant le pouvoir d'achat des salariés et de leurs familles.

Le pari de Sarkozy est le suivant : accorder aux capitalistes français un avantage comparatif vis à vis de leurs concurrents étrangers pour favoriser les exportations de produits français à l'étranger.

Ainsi, pour conserver sa place dans le cadre de la mondialisation capitaliste et d'une concurrence accélérée par la crise entre grandes nations industrielles, notre bourgeoisie entend nous imposer une politique de régression sociale sans précédent.

Au nom de la compétitivité de notre économie, il faudrait accepter la dégradation de nos conditions de vie ! Il faudrait nous laisser imposer un régime de privation !

Beaucoup de travailleurs qui ont l'âme bien généreuse y consentiraient bien si la stratégie était payante.

Mais est ce que la baisse de notre pouvoir d'achat, par la baisse de nos salaires et l'augmentation des prix et des impôts qui saignent la majorité du peuple auront raison de la crise ? Est ce que les sacrifices que les travailleurs et leurs familles consentiront permettront de relever notre économie ? La grande question est là.

Notre réponse est définitive. C'est NON !

Le gouvernement français cherche à accroître la compétitivité de notre économie nationale pour encourager nos exportations et encourager l'accueil de nouveaux investisseurs. Mais que font les allemands ? Que font les anglais ? Que font les italiens ? Que font les américains ? Ils usent tous de la même stratégie. Leurs politiques nationales ne visent pas moins que celle du gouvernement français à accroître la compétitivité de leurs entreprises en abaissant le niveau des salaires ou en rallongeant la durée du temps de travail et en subventionnant leurs entreprises avec les milliards des impôts directs et indirects.

Ainsi, l'intérêt pour chaque économie nationale d'une politique de régression sociale généralisé à toutes les puissances impérialistes se réduit à 0.

Les travailleurs de France, des autres pays d'Europe et du monde entier n'ont strictement rien à attendre des politiques des gouvernements qui refusent de concevoir la nécessité impérative de sortir du cadre capitaliste avec ses lois du profit et du marché.

Les travailleurs des différentes nations doivent refuser de marcher dans les combines désastreuses de leurs bourgeoisies "patriotes" pour accroître les marchés de leurs groupes multinationaux et pour satisfaire les besoins insatiables de rentabilité du grand Capital.

Nous devons refuser la politique de concurrence des gouvernements. Cette concurrence, ce sont les travailleurs qui la paie. C'est d'abord une concurrence entre travailleurs que les capitalistes cherchent à nous imposer. Et c'est toujours ces capitalistes qui trouveront les meilleurs profits de cette concurrence !

Travailleurs salariés, nous pouvons accepter des sacrifices, nous pouvons accepter de perdre aujourd'hui dans la perspective d'un meilleur monde, demain. Mais nous n'avons pas le droit d'accepter les sacrifices que tentent d'imposer à l'opinion l'oligarchie milliardaire et leur subordonnés managers et politiciens.

Nous devons opposer aux plans de concurrence et de régression sociale des gouvernements du capital le plan d'association des travailleurs en France et à l'internationale.

Pas de concurrence entre nous ! Maintenons nos exigences !

Imposons dans tous les secteurs d'activité, à l'internationale, les salaires et prestations sociales qui nous permettent d'améliorer nos conditions d'existence.

Produisons en fonction d'objectifs déterminés à l'avance !

Produisons pour satisfaire les besoins utiles de la majorité !

Face à la crise de surproduction capitaliste, une seule voie : la planification socialiste soumise à la gestion démocratique des travailleurs consommateurs !

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